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Runahild d'ELIWAGAR le 05/09/2017

RUNAHILDDepuis de nombreuses années par le biais de notre webzine nous avons toujours soutenu cette artiste hors du commun. Qui de plus légitime que Runahild pour incarner l'art musical dans sa forme la plus pure qui puisse exister. C'est pour cette raison que nous avons voulue en savoir plus sur ce personnage un peu à part dans la sphère de l'ode à la terre nourricière. 

 

1- Salut Runahild, cela faisait longtemps que je souhaitais t'interviewer car il me semble que ton oeuvre dans la musique est très particulière. Peux-tu nous présenter tes différents travaux?

Salut et merci de m’accorder cette interview!
J’ai créé mon projet de folk païen Eliwagar en décembre 2006, mais au fil des années j’ai aussi expérimenté entre folk acoustique et folk rock. Au courant de l’année 2016, j’ai décidé de sortir mes nouveaux morceaux sous mon nom d’artiste Runahild. Je définis ce projet comme «ethereal heathen folk».

2- Quelles sont les différences que tu pointes entre tes divers projets?

La différence principale est au niveau de l’inspiration. Eliwagar s’inspire beaucoup du passé et des terres mythiques d’Hyperborée, à l’exception de certains morceaux particuliers. Ce projet musical fut pour moi une façon de m’évader à travers la musique et les paroles dans un autre monde ou dans des vies antérieures (je crois en la réincarnation) qui me semble plus familier que le monde moderne avec lequel je ne me suis jamais senti en accord. Même si l’Hyperborée reste toujours une source d’inspiration car je considère que mon âme prend en partie racine dans cette terre ancienne, mes nouveaux morceaux sont tout d’abord inspirés d’expériences spirituelles vécues dans cette vie et dans le moment présent. Mon chemin a croisé celui de personnes qui ont enrichi ma vie et m’ont fait me sentir accueillie et à ma place dans le monde d’aujourd’hui.
Au niveau musical, la différence est sur le choix d’instrument. La plupart des albums d’Eliwagar sont composés sur la guitare, alors qu’avec Runahild, je compose sur instruments folk ou simplement avec un chant. Je compose aussi beaucoup plus basé sur les énergies et sur l’improvisation. Je ne travaille pas forcément sur les morceaux, ce qui compte est d’exprimer une émotion. J’utilise beaucoup moins de texte et beaucoup plus de chant libre car je pense que certaines énergies n’ont besoin d’aucun mot, juste d’être ressenties. Niveau production, je ne recherche pas une qualité optimale de son. Je pense que les instruments anciens et les sons disons «chamanique» peuvent perdre en énergie quand trop travailler lors du mixage. C’était plus important avec Eliwagar de vouloir un son propre, avec Runahild, c’est la recherche de plus naturel.

3- Tu n'es pas distribuée par une grosse structure. Est-ce un choix ou une obligation?

C’est devenu un choix, j’ai besoin de beaucoup d’indépendance et de liberté en ce qui concerne ma musique. J’ai produit mes derniers albums sous mon propre label Nordafolk Records, ce qui me donne 100% contrôle sur la création et production. Si je devais travailler de nouveau avec un label, il faudrait que la connexion soit naturelle et que les conditions me donnent toute liberté artistique… et aucune obligation - ce qui ne serait surement jamais le cas avec un gros label de toute façon.

4- Pour faire vibrer notre fibre Française on peut dire que tu est originare de Lorraine et un jour tu as décidé d'aller vivre à l'Ètranger. Peux-tu nous expliquer ce choix sans être trop indiscret?

J’ai ressenti une connexion instantanée et profonde avec la culture païenne nordique dès que je l’ai découverte en 2004. J’ai senti que je devais aussi faire partie de la nature qui lui a donné naissance et m’imprégner des énergies des terres nordiques pour être en alignement avec mon essence sur les trois plans spirituel, mental et physique. C’est comme si ma vie a réellement commencé depuis que j’ai pris la décision de venir m’installer en Norvège, comme si les chemins se sont enfin dessinés devant moi. Avant cela, j’ai plus un sentiment que ma vie était en veille, comme en attente de pouvoir éclore.
Je me rappelle aussi brièvement d’un épisode quand je devais avoir autour de 8 ans où j’ai entendus parler de la Norvège pour la première fois à l’école et ma première pensée fut: c’est là-bas que j’aurais voulu vivre!

5- Tes oeuvres sont très connotées et en lien direct avec la nature. Peux-tu nous préciser tes aspirations par rapport ‡ cela?

J’ai toujours eu un lien très fort avec la nature. Quand j’étais enfant, je passais déjà tout mon temps dans la forêt et souvent en ma propre compagnie car les autres ne partageaient pas forcément mes centres d’intérêts et je ne partageais pas les leurs. Cela n’a fait que s’amplifier au fil des années et à l’âge de l’adolescence j’ai trouvé un refuge dans la nature. je ne me suis jamais senti à l’aise dans la société, je préfère de loin une soirée à regarder les étoiles près d’un feu que d’aller à une fête, peu importe quel genre de fête. Je me sens vraiment vivre quand je contemple la nature et quand je ressens que je ne suis pas un être séparé de sa magie mais que j’en fais partie intégrante. Ce que je ressens dans cet état de contemplation c’est d’être invité dans un monde plein de beauté comme être entrainée par les esprits de la nature et devenir une avec tout ce qui est.

6- Les cultures anciennes font parties intégrantes de toi je suppose?

Je dirais que les cultures anciennes font tout autant partie de moi que ma vision ou mes rêves concernant le monde futur. Ma spiritualité en relation avec la nature n’est pas exclusivement connectée au passé mais plus comme un lien entre une sagesse oubliée qui ne demande qu’à revenir de l’ombre à la lumière et une connaissance du monde dans lequel nous vivons pour créer une harmonie entre les êtres vivants sur cette terre: humains, animaux et plantes. Pour moi le paganisme est intemporel, ce sont les lois de la nature et les lois de l’univers expliquer dans un contexte mythologique… ce sont les racines du cycle éternel dont nous faisons partie.

7- Tu composes une musique très "planante", mais t'arrive-t-il de t'abandonner à un métal plus "furieux"?

Pas beaucoup ces dernières années. Le métal a joué un rôle important dans ma vie, cette musique m’a donné une force de vivre quand j’ai ressenti le monde autour de moi comme juste hostile… mais vivant maintenant au coeur de la nature, je ne ressens plus le même besoin de m’abandonner à cette force musicale. La musique est comme une thérapie, et selon les différentes périodes de ma vie, j’ai besoin de différentes mélodies pour me guider sur mon chemin, pour libérer mes émotions, pour voyager dans mon inconscient ou tout simplement pour apporter du réconfort à mon âme.

8- Quels sont les artistes qui t'inspirent le plus?

Au début de ma carrière musicale, j’ai été beaucoup inspirée par des artistes comme Falkenbach et Hildr Valkyrie, qui est l’une des personnes qui m’ont apporté énormément de soutien et grace à qui j’ai pu commencer à enregistrer de la musique folk car c’est elle qui m’a introduit à mon premier programme d’enregistrement Adobe Audition. Désormais, l’artiste qui m’a le plus inspiré ces dernières années est Eivør Pálsdottir. Je suis aussi beaucoup inspiré par tous les artistes inconnues que je rencontre autour d’un feu ou en cercle avec qui je partage un chant improvisé sur un rythme improvisé invitant les énergies du moment présent à s’exprimer à travers nous.

9- Penses-tu que la musique au 21ème siècle soit un vecteur primordial pour faire partager sa vision du monde?

Absolument. D’une certaine façon la musique a toujours été un vecteur pour partager ce qui se passe dans le monde autour de nous, que ce soit le barde qui raconte au chef du village les histoires des villages voisins ou aujourd’hui dénoncer ce qui se passe dans le monde ou en effet partager sa vision du monde et ses rêves. Avec internet, nous avons la possibilité de partager notre message avec le monde entier et cela ouvre à la communication.

10- Je pose souvent cette question aux artistes qui pratiquent le folk pagan car selon moi il faut démonter certains clichés répandus ici et là par des ignares ou des malhonnêtes. Le fait de te tourner vers les cultures anciennes ne fait pas de toi la cible des idiots qui disent que cette démarche relève de l'extrémisme de droite?

Se tourner vers les cultures anciennes est avant tout une aspiration à retourner vers la nature dans un monde qui s’en est déconnecté et qui en souffre. Je pense que cela est évident avec ma musique et le message qu’elle apporte et honnêtement, je ne me préoccupe pas de ce que les gens disent quand ils ne prennent pas la peine de réellement découvrir un projet musical dans sa profondeur.

11- Le fait de vivre avec ses préceptes du fond des âges t'apporte-t-il la paix intèrieure dont chaque être a besoin?

La sagesse des temps anciens m´apporte personnellement une certaine paix intérieure et un enracinement spirituel, faire partie d’un tout et être conscient que notre propre existence affecte la toile de vie qui nous tisse et nous connecte à tout ce qui est. Cependant, c’est dans le présent que nous avons un pouvoir de création. L’objectif n’est pas de revivre dans le passé mais de se reconnecter à nos sources pour puiser une force de vie et créer un monde plus harmonieux à partir du moment présent pour le futur de notre terre.

12- Tu sais que le paganisme (la religion asatru, les troupes de reconstitutions historiques Scandinaves, une frange de la musique métal, les séries télés..) est en résurgence via de nombreux participants qui le remettent à l'honneur un peu partout dans le monde. Penses-tu que dans notre société hyper mondialiste cela soit un retour aux sources auquel tout le monde aspire?

Je pense personnellement que ce retour au paganisme est un besoin de reconnection à quelque chose de réel pour se retrouver sois même et être conscient de notre existence et de sa valeur. Les anciens mythes sont connectés à la nature qui a donné vie à nos ancêtres et je pense qu’ils peuvent éveiller en nous notre connexion à la terre et notre propre place dans le monde.

13- Maintenant soyons plus pragmatiques, avons-nous un jour une chance de voir en France sur scène?

Jusqu’à présent, nous n’avons fait des concerts qu’en Norvège. Ayant une ferme limite beaucoup les possibilités de voyager, à la fois par manque de temps et par manque de support financier, mais j’espère que nous aurons plus de liberté et d’opportunité dans le futur pour pouvoir nous produire en France. Nous verrons bien ce que le futur nous réserve.

14- Je te laisse nous parler de tes projets futurs et conclure cette entrevue que j'ai pris plaisir à te proposer...

Je travaille actuellement sur la finalité du second album en tant que Runahild mais je n’ai aucune date de sortie pour le moment. Ce nouvel album va s’intituler «Seidrúnar». Sinon, nous avons un concert de prévu en Norvège le 6 octobre pour la troisième année de suite à l’Urkraftfestival.
Un grand merci pour le soutien que Kaosguards m’a apporté au fil des années et un grand merci à tous ceux qui soutiennent ma musique!

 
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