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SHAARGHOT – Lat X- Abyss of Mind le 28 Mai 2022 à Crest

En ce samedi 28 Mai ensoleillé mais venteux, nous rallions la menuiserie Cognard Bois Création pour une soirée qui promet d’être rien moins qu’exceptionnelle.
Au menu des festivités ce soir LatX (metal industriel, Clermont-Ferrant), Abyss of Mind (metalcore, Nîmes) et Shaârghot (metal electro-indus, Paris).

Avant toute chose, il convient de saluer le travail incroyable réalisé par l’équipe de La Boite en Metal qui organise cette soirée privée dans l’atelier même de JC (co-fondateur de l’asso que nous avons interviewé récemment ici) et qui a réussi à transformer une menuiserie en salle de concert tout à fait convaincante ! Pas une mince affaire, mais grâce à un peu d’imagination, beaucoup de travail et une équipe de bénévoles extraordinaires, le pari est réussi !
Grâce à une affiche alléchante et à une communication bien rodée, ce ne sont pas moins de 200 spectateurs qui se retrouvent ce soir pour assister aux concerts, soit quasiment la jauge maximale.
Belle performance pour un week end prolongé de l’Ascension.

Arrivée sur le site peu avant 20 heures, et premier tour d’horizon.
Le parking est bien aménagé, avec des tables et des bancs pour permettre aux spectateurs de se reposer et de prendre un verre dans de bonnes conditions. On trouve également des toilettes, un stand de merch et bien sûr l’indispensable buvette qui propose principalement des produits locaux (dont la bière Crestoise « Les gens sérieux », subtile et rafraichissante) ainsi que des sandwichs à la demande.


A l’intérieur, la salle, haute de plafond, est très bien agencée, et on a même peine à croire qu’on y coupait des planches il y a deux jours !
Les machines ont été démontées ou escamotées, et une belle scène a été installée. Dans la mezzanine on trouve les loges pour les artistes, loges confortables et offrant un point de vue idéal sur la scène.

A l’extérieur, ça discute avec passion en vidant quelques verres. Sans surprise on croise de nombreux spectateurs grimés aux couleurs de Shaârghot, incontestablement la star de la soirée. De nombreux spectateurs ont d’ailleurs fait le déplacement spécialement pour l’occasion, parfois de loin (Aubenas, Valence, Lyon, Montpellier, Nîmes, et même Paris et Dunkerque!), preuve supplémentaire de la popularité toujours grandissante de Shaârghot.
Mention bien également à l’organisation qui propose pour un prix raisonnable des faux cils verts fluos et des chapeaux melons pour celles et ceux qui voudraient se « Shaârghoter ».
Cependant, certains n’ont pas attendu pour se déguiser, voici une sélection des spécimens qui errent sur le site !

Pour cette soirée de concert, c’est à LatX que revient l’honneur d’ouvrir le bal.
Le groupe s’est rajouté à la dernière minute sur l’affiche et est visiblement heureux de jouer ce soir.
LatX entame son set vers 20h00, et la petite demi-heure passe bien vite au son des Clermontois. Etonnant de se dire que le groupe n’a que quelques mois d’existence et un seul EP à son actif !
Pour autant, le rock/metal du combo passe très bien auprès d’un public réceptif et qui bouge volontiers la tête pour s’échauffer.
Voilà une excellente mise en bouche et un groupe à suivre (nous en reparlerons prochainement).

Un changement de plateau, juste le temps d’aller s’hydrater à la buvette et de prendre un peu l’air, et c’est au tour des Nîmois d’ Abyss of Mind de monter sur scène.
Le groupe de metalcore est encore jeune (avec à son actif un EP publié en septembre 2021) mais déjà affuté, ainsi qu’en témoigne une prestation de haute tenue faisant la part belle à un riffing tranchant et à une énergie débordante, qui entraine dans son sillage les premiers pogos de la soirée.
Ce soir Abyss of Mind a clairement marqué des points.
Un set bien vite passé, et une belle découverte pour de nombreux spectateurs.

La pression monte doucement sur le site alors que la nuit tombe. On croise d’ailleurs le Skarskin Omega,ce personnage mystérieux au service du Shaârghot, qui déambule parmi la foule et marque de noir le visage des imprudents qui l’approchent de trop près. Une mise en scène diablement efficace et qui fait encore monter d’un cran l’attente du public qui s’avance doucement dans la salle.

Soyons honnêtes, la venue de Shaârghot dans un si petit lieu est un événement en soi.
Le groupe parisien propulse son metal electro-indus depuis près d’une décennie et est en train de franchir des paliers de plus en plus importants, notamment avec deux prestations mémorables au Hellfest (2019 sous la Temple et sur la grande scène lors du Hellfest from home de 2021).
L’univers post-apocalyptique du quartet est parfaitement rendu grâce à des costumes et maquillages sombres et inquiétants, ainsi qu’un décorum très réussi.

C’est donc en terrain conquis (le groupe avait livré une performance remarquée à Crest lors de la première édition du Bridge to Hell en 2021) que Shaârghot prend possession de la scène vers 22h30.
« Possession » est d’ailleurs le mot juste, tant le groupe se donne sans compter avec une énergie et un professionnalisme remarquables, bien aidé par des effets théâtraux très à propos.

Les riffs de Brun’o, guitariste doué aux faux airs de Richard Z. Kruspe de Rammstein, sont tranchants, la basse ronde de Clem X complète parfaitement la frappe lourde mais groovy d’Olivier Hurtu. Quant au Shaârghot (aka Etienne Bianchi), il abat un boulot tout simplement phénoménal, non seulement en modulant son chant extrême de manière efficace mais aussi et surtout en captivant le public par son attitude scénique intense.

La setlist est parfaitement rodée, mais le groupe offre au public une surprise en interprétant un nouveau morceau (« Let me out ») qui passe d’ailleurs très bien l’épreuve de la scène. On voit d’ailleurs à cette occasion le Skarskin Omega aller chercher dans la foule une courageuse petite fille grimée en Shaârghot et l’emmener sur scène pour la faire headbanger ! Et de nous prouver une fois de plus que la valeur n’attend pas le nombre des années, n’est ce pas Emma ?…

A noter que pour ce concert, le groupe a fait les choses en grand et est venu avec un décor de scène complet (quelle bonne idée que ces projecteurs dans des ventilateurs) et déploie tout l’attirail d’effets visuels (laser sur la guitare, fumée, légère pyrotechnie) et théâtraux (le Skarskin intervenant régulièrement sur scène et dans le public, le tonneau sur lequel les spectateurs frappent rageusement au rythme de la batterie, les pancartes « Break your body » brandies lors du refrain de ce même morceau,…).

La réaction du public est d’ailleurs sans équivoque et répond comme un seul homme aux sollicitations du maitre de cérémonie lorsque celui-ci demande un circle pit ou un wall of death. On assiste même à quelques slams.
Le public, déchainé, scande les refrains avec fougue (« Wake up », « Break your body ») et participe à chaque instant, galvanisé par le Shaârghot décidément intenable.

Après un peu plus d’une heure et quart d’un concert intense, le groupe quitte la scène sous des applaudissements nourris et enthousiastes qui se prolongent de longues minutes.
Les musiciens restent alors pendant un bon moment avec le public pour échanger des poignées de main et prendre quelques photos. Bel exemple de proximité d’un groupe avec son public.

Quelques verres et selfies plus tard, les spectateurs quittent le lieu dans le calme avec des souvenirs plein la tête et l’agréable sensation d’avoir passé un moment exceptionnel avec un groupe en pleine ascension.

Si la soirée a été aussi réussie, c’est évidemment grâce aux groupes qui ont joué le jeu et se sont montrés abordables et disponibles, mais également grâce à une équipe de l’association La Boite en Metal remarquable de professionnalisme et à des bénévoles à l’implication et au dévouement exceptionnels.
Car on ne le répètera jamais assez, organiser un événement est très compliqué et chronophage, surtout pour une petite structure, mais une fois encore La Boite en Metal s’en est sortie avec panache.
Bravo d’ailleurs à Guillaume aux lumières (baptême du feu métallique réussi, bien joué!) et Tanguy au son qui ont joué un rôle important dans la réussite de ces concerts.
D’ailleurs, les retours des spectateurs comme des groupes sont dithyrambiques et ne tarissent pas d’éloges sur l’organisation et la qualité de l’accueil qui leur a été réservée.
Bravo à eux, et merci encore aux bénévoles.

Pour finir, ne ratez pas prochainement notre longue interview exclusive de Brun’o, guitariste de Shaârgoth.

Vega

Les photos illustrant cet article ont été prises par mes soins, mais si vous voulez voir de vraies belles photos de cette soirée, rendez-vous sur la page de Objectif en vue, très bon photographe Drômois ! Visitez, likez, encouragez !

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