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NIGHT COBRA “Dawn Of The Serpent” (Etats-Unis)

Vous voulez ressentir en plein dans les esgourdes les mêmes sensations instrumentales qu’un Metal kid du début des années 80 en train de découvrir la New Wave Of British Heavy Metal ? Alors, vous pouvez tenter le coup avec ce premier album de NIGHT COBRA. Bien que profondément inspiré par les émulsions métalliques britanniques du passé, il se trouve que ce quintette a vu le jour à Houston, Texas ! Si ça n’est pas de la dévotion… Hormis une cassette quatre titres (comme au temps des démos de jadis), « In Praise Of The Shadow », parue en 2020, le groupe se dévoile en mode professionnel pour la première fois avec neuf compositions, pour un total dépassant certes les 32 minutes, mais évoquant davantage la durée d’un vinyle de 1980 qu’une production numérique Metal gavée jusqu’à la gueule. L’immense majorité des titres s’étalent entre plus de deux et quatre minutes, seul l’introductif « Run The Blade » faisant office de monolithe en frôlant les six minutes.

En conséquence de quoi, nul ne sera étonné de constater que les vertus premières de « Dawn Of The Serpent » soient la concision et le souci d’efficacité. Les deux guitaristes débitent sans débander des riffs teigneux et tranchants, acérés et sèchement assénés, tout en prenant soin de caser des solos brefs, intenses, souvent porteurs d’un sens mélodique bienvenu. Histoire d’animer encore plus de sévère dispositif guitaristique, la section rythmique déploie une belle activité, assurant le côté sèchement rentre-dedans, tout en complexifiant l’affaire avec des contretemps, un jeu de cymbales effervescent et des lignes de basse claquantes et galopantes.

Il n’y a certes rien de bien novateur, rien de particulièrement personnel, dans le dispositif instrumental décrit ici ; pour autant, confrontées au classicisme parfaitement maîtrisé et à une interprétation fougueuse au possible, je vous assure que vous ne pourrez qu’entamer un headbanging d’anthologie et vous démettre les cervicales. NIGHT COBRA fait honneur à ses influences, tant du côté de la NWOBHM (ANGEL WITCH, le premier album de IRON MAIDEN, SAVAGE, GRIM REAPER, SATAN…) que du Heavy Metal US des années 80, aux confins du Power Metal naissant (les débuts de MALICE et LIZZY BORDEN, GRIFFIN, JAG PANZER, CEREBUS…).

Maintenant que nous avons loué avec justesse et mesure le versant instrumental de ce premier album de NIGHT COBRA, il nous faut aborder avec la même rigueur et la même honnêteté le registre vocal. Christian LARSON évolue majoritairement dans un registre médium qui lui sied plutôt bien. Il est fort louable de sa part de tenter de varier et de moduler en permanence ses lignes de chant… sauf que le résultat s’avère fréquemment déficient ! Faute de maîtrise technique, les variations dans le spectre médium loupent souvent le coche, avec même de fréquentes sorties de route (comprendre : des fausses notes). Tant que le vocaliste demeure proche de son registre médium de base, on obtient un résultat standard mais efficace. Dès qu’il cherche à pousser sa voix dans le même registre, ça coince. Qu’il s’agisse d’un manque de coffre ou de technique, peu importe, le résultat est là.

Paradoxalement, notre homme fait montre d’une belle maîtrise dans les brusques montées dans les hauteurs. Le nom de MERCYFUL FATE est évoqué dans la biographie fournie par le label – sans qu’on puisse certifier que le groupe ait validé cette référence. Même si le Heavy Metal proposé en 2022 par NIGHT COBRA s’avère nettement plus direct que ce que proposèrent les Danois sur leur EP et leurs deux albums initiaux, on peut valider la compétence du chanteur texan à évoluer dans une pratique aussi contrastée. Avec immédiatement une question qui vient à l’esprit : pourquoi ne recourt-il pas plus souvent à ces efficaces contrastes entre médium et aigu, plutôt que chercher à exister dans des modulations médiums objectivement plus difficiles à manœuvrer ? On comprendra que l’intention n’est pas ici de déglinguer pour le plaisir, mais d’indiquer une piste d’amélioration qui permettrait à NIGHT COBRA d’amener le chant à un niveau qualitatif similaire à celui de l’instrumentation. Au groupe de trancher…

Alain Lavanne

Date de sortie: 11/02/2022

Label: High Roller records

Style: Heavy Métal

Note: 14/20

Ecoutez ici

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