A peine ce trio suédois s’est-il fédéré en 2020 qu’il a produit un EP cinq titres et deux singles, avant de délivrer dans une courte foulée ce premier album qui expose vertement une conception rugueuse du Stoner, avec un groove développé en mode rugueux, proche du Sludge. Les riffs aux contours arides et rêches se trouvent fort convenablement animés par des solos de guitare flashy et incisifs, (gros abattage du guitariste Erik Pqalm), tandis que les rythmiques épaisses s’animent au rythme du jeu dense et diversifié du batteur Espen Karlsen, le bassiste Alex Risberg se faisant fort de colmater le tout avec des lignes de basses épaisses, au rendu métallique.
Grosso modo, 10,000 YEARS s’astreint à pratiquer un Stoner massif et monumental, gavé de fuzz et zébré de vibratos, au sein duquel la mélodie se fond à l’arrière-plan, au profit maximal de l’impact rythmique. De la frappe sèche et métronomique du batteur Espen Karlsen aux lignes de basse on ne peut plus tendues et grondantes de Alex Risberg, en passant par les riffs sortis d’une fonderie ordinaire, on peut affirmer que 10,000 YEARS aplanit le terrain.
Hormis quelques arrangements mélodiques fort parcellaires, le domaine vocale s’avère régenter par le timbre aigre et monocorde du bassiste Risberg. Au niveau efficacité, rien à redire ; au niveau personnalité, on repassera !
Au final, on tient un album conséquent, efficace et puissant (la crasse du Sludge, la lourdeur du Doom, le groove pachydermique du Stoner), mais un peu trop trop cadré sur le plan stylistique. Pour l’efficacité brute, rien à redire, mais il faudrait introduire des éléments disruptifs et évolutifs pour se démarquer. Patientons jusqu’à maturation…
Alain Lavanne
Date de sortie: 25/06/2021
Label: Interstellar Smoke Records
Style: Stoner Doom Sludge Métal
Note: 15/20
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