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IO “Fire” (Italie)

IO est un trio originaire de Rome et « Fire » est son tout premier album. Empruntant son nom à une fort peu hospitalière lune de Jupiter, caractérisée par une intense activité volcanique, on ne sera pas étonné outre mesure que ce groupe ait choisi d’œuvrer dans un Sludge Doom à la puissance tellurique et au rendu particulièrement rugueux. Sans parler d’une appétence affirmée pour proposer des compositions imposantes. Jugez plutôt : « Fire » ne comporte que quatre titres, dont le plus bref, « Third Eye », affiche 6’30, le plus long, « Poseidon (In Lava Sea) » culminant majestueusement à 16’28. Entre les deux extrêmes, « Loki Patera » se chronomètre à 9’18 ET « Fire Walks With Us » à 10’15. Du lourd, du brut, de l’imposant…

La recette du trio n’est pas très compliquée, mais savamment assénée : des tempos lents, des riffs granitiques, des rythmiques de plomb, des vocaux tout en hargne et en démence.

Quand bien même chacun des quatre titres débute par des introductions à la guitare pondérées, aux mélodies simples, l’essentiel du travail du guitariste Fabio va consister à débiter des riffs basiques, hostiles et rêches. Comme il ne se réfugie pas derrière une production en mode falaise de granit, on peut nettement distinguer les contours de ces riffs, ce qui en démultiplie l’impact.

Pour appuyer et amplifier ce travail néanderthalien à la six cordes, la section rythmique s’emploie à envoyer du lourd. Le bassiste Stefano se fait fort de coller aux riffs, avec des lignes de basses au rendu métallique et grondant. Plus intéressant, la batteuse Valeria assure certes une scansion sévère, dépouillée et monumentale. Cependant, afin de ne pas sombrer dans la monotonie et d’impulser un minimum de groove dans cet ensemble austère, elle sait ponctuellement introduire suffisamment de variations pour animer ces paysages colossaux, négociant avec maîtrise des changements de rythmes, de tempos et d’ambiances.

Les vocaux se trouvent être assurés par le guitariste Fabio, qui affiche un registre majoritaire criard, un peu comme si Gollum s’essayait au Black Metal sur des tempos Doom. Notre homme sollicite en outre son gosier en mode écorché et caverneux, introduisant une tendance Death Metal salutaire. A l’occasion, il sait aussi chuchoter de manière malsaine.

Fondamentalement, IO n’introduit aucune proposition novatrice mais a su concocter un premier essai convaincant, doté d’une personnalité certaine.

Alain Lavanne

Label: Argonauta records

Style: Sludge Doom Métal

Note: 15/20

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