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DRUIDS OF THE GUE CHARETTE “Talking To The Moon” (France)

Bon, les p’tits gars, je ne vais pas chiquer au mec le plus branché de l’underground Rock’n’Roll hexagonal et prétendre que je suis familier des premiers pas discographiques de ce groupe breton au nom absolument improbable, nonobstant absolument délectable ! Jamais entendu une note du premier album « All The Darkness Looks Alive » (2018), pas plus qu’une bribe des formats courts et partagés l’encadrant. Aussi, l’écoute de ce second album baptisé « Talking To The Moon » fait-elle office d’initiation à une approche du Rock qui me ramène pas moins de quatre décennies en arrière !

A peine pré-adolescent à la toute fin des années 70 et à l’aurore de la décennie suivante, en se basant sur les collections discographiques laissées à disposition par les aînés, les pré-ados pouvaient découvrir toutes les musiques électriquement chargées, produites depuis 1965. Rock psychédélique, Rock progressif, Boogie Rock, Blues Rock , Hard Rock, Heavy Metal, mais aussi, encore incandescents, le Punk Rock, son héritière directe la New Wave bourgeonnante. Et quelques prurits rétro supplémentaires…

A titre personnel, découvrir aujourd’hui le répertoire de DRUIDS OF THE GUE CHARETTE revient à se reconnecter avec les deux premiers albums des STOOGES (premier album sans titre en 1969, « Fun House » en 1970). Les Bretons ont parfaitement assimilé l’usage des riffs de guitare secs jusqu’à l’os, irrémédiablement adossés à une rythmique sinistrement sèche et laconique. Sans parler du chant, tour à tour grave et hargneux, de toute façon envoûtant.
En somme, c’est un un peu comme si je me réveillais avec le meilleur de mes jeunes années, à savoir la rigueur rêche et lapidaire propre aux STOOGES, la gravité existentielle de JOY DIVISION, la rigueur rythmique, laconique mais mobile si nécessaire (notamment relevée chez THE STRANGLERS). Et puis, on retrouve cette envie de Rock’n’Roll originel, telle que l’exprima THE CRAMPS au début des années 80. Sans parler de la raideur cadavérique caractéristique des SISTERS OF MERCY… casting de rêve !

C’est donc dans une architecture de lignes de basse désossées, de guitares acides et batterie sèche qu’une voix grave alterne passages presque gothiques et explosions rugueuses, le tout au gré de compositions variées, tantôt basées sur des ambiances contrastées, tantôt privilégiant une approche plus frontale. C’est souvent percutant, brut de décoffrage, quoique pas dénué d’un penchant de bon goût pour les ambiances de cimetière.
Un dernier point m’amuse par avance : avec leur visuel de pochette très païen et leurs tenues encapuchonnées, nos druides risquent fort d’attirer l’attention d’adeptes du Metal extrême, lesquels seront fort surpris de l’équation musicale proposée. Une occasion rêvée pour découvrir qu’il n’est point besoin de pratiquer du Pagan Metal ou du Drone pour faire preuve spectrale et rugueuse. Alors, Rock’n’Roll, Rock Garage, Rock gothique, Acid Rock, merci de ne pas chercher à choisir, merci de ne pas pinailler, rongez les os qu’on vous propose !

Tiens, au passage, matez-vous la vidéo de « Talking To The Moon » ici.

Alain Lavanne

Date de sortie: 15/06/2020

Label: Beast records/Mauvaise Foi records

Style: Rock

Note: 17/20

Ecoutez ici

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