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HAEREDIUM le 02/03/2015

HAEREDIUMInterview réalisée par mail avec Sébastien Durand (guitare, chant).

Des quatre coins de France déferlent des formations pagan/folk comme dans tous les pays européens et même mondiaux. Sur une base éprouvée de chants divers, les alsaciens d'HAEREDIUM ont produit un sacré premier album qui réussit la gageure d'être original . Pas si courant que cela de nos jours...

 1- Bonjour à tous, pour commencer comment décririez-vous Haeredium ?

Bonjour ! Pour faire simple, je dirais qu’Haeredium est une combinaison entre la lourdeur du métal, la
puissance du rock, la richesse du folk et la musicalité de la pop. Nous essayons de capter les éléments qui
nous plaisent, quels que soient les styles, et de les unifier. Le côté folklorique / traditionnel est l’élément qui
est mis en avant, pour son aspect authentique et pour les atmosphères qu’il peut créer à travers la musique.
On retrouve énormément de choses dans les musiques traditionnelles, puisqu’elles reflètent d’abord la
culture à laquelle elles appartiennent. En quelque sorte, c’est un thème inépuisable et un formidable outil de
réflexion. C’est déjà avec cette vision qu’Haeredium a été créé et c’est l’aspect prédominant qui se traduit
dans notre musique et bien sûr dans notre album.


2- Votre pochette est très dépouillée, à l’exact inverse de la plupart des groupes de métal qui s’attachent à
proposer des dessins hyper travaillés. Expliquez-nous quelle a été votre démarche par rapport à cela.

Dès le départ, nous avions pensé à un visuel qui mettrait plus l'accent sur la simplicité et la symbolique que
sur un dessin qui dévoilerait immédiatement tous nos codes, nos orientations. J'aime l'idée de proposer un
visuel qui puisse être laissé à la libre interprétation de chacun, et qui puisse amener celui qui l'a entre les
mains à être intrigué, à se poser des questions. Nous avions fait des essais au préalable, mais un jour Quentin
(guitare) est arrivé avec cette idée qui nous a tout de suite intéressé. Au final, il s'est occupé de tout l'aspect
visuel de l'album.

3- Quelles sont vos influences musicales et littéraires ?

C'est assez complexe, et je dirais que ça fonctionne beaucoup par périodes. Un des premiers groupes que j'ai
réellement commencé à suivre de manière assidue a été le groupe Muse, qui m'a énormément influencé par
la suite. À la même époque, comme beaucoup d'ados, je suis passé vers le punk rock puis enfin le métal avec
des groupes comme Slipknot, Rammstein, System of a Down, ... et je suis arrivé progressivement vers le
heavy, des groupes comme Stratovarius, Hammerfall, Helloween, qui reste aujourd'hui le style à partir duquel
j'ai tiré toute ma culture guitaristique et ma façon de composer, je pense. En fait, je n'écoute pas
énormément de métal folk, mais plutôt des musiques folk, traditionnelles, médiévales, pour capter toute
l'essence et la richesse des cultures auxquelles elles appartiennent. J'aime beaucoup la musique d'Europe de
l'est, des Balkans, la musique irlandaise, turque, russe. De même, je suis un fan de la littérature de voyage, des livres de Nicolas Bouvier notamment, et j'adore feuilleter des livres de géographie, d'histoire ou encore des
cartes de différents pays. Au final, j'essaie de comprendre et d'assimiler tous les éléments qui me séduisent et
m'intéressent, quels que soient les styles. En ce moment, j'écoute énormément de musique Pop, car je suis
impressionné par la puissance des mélodies. Je pense que c'est dommage de se limiter à certains styles, car
nous avons tous des terrains de créativité insoupçonnés qui ne demandent qu'à être "réveillés" :)

4- J’ai été étonné par la diversité de vos ambiances, est-ce une volonté affichée ou cela s’est-il imposé
naturellement à la composition?

C'est un peu des deux. Parmi les morceaux de l'album, certains sont assez anciens et d'autres sont très
récents. Avec l'évolution du groupe, des influences, le processus de composition a aussi évolué, cela peut
expliquer la diversité des morceaux. D'un autre côté, à l'image du visuel de l'album et de notre philosophie
générale, j'aime l'idée que chacun puisse y voir ce qu'il veut, d'où notre souhait de ne pas nous fixer de limites
stylistiques, mais au contraire d'explorer toutes formes d'expressions et donc d'ambiances à travers notre
musique.

5- N’as-tu pas peur que le côté trop éclectique des compos déroutent un peu les auditeurs ?

Lors du choix des pistes que nous voulions faire figurer sur l’album, nous avions déjà eu cette réflexion.
Finalement, c’est ainsi que se présente notre univers, donc même si c’était un risque à prendre, nous avons
voulu aller au bout de notre idée de départ. Aujourd’hui, nous avons eu beaucoup de retours concernant
notre album et, une fois encore, c’est une question de point de vue. Je vois tout à fait le dilemme qui se pose
aux auditeurs, moi-même, ce serait le genre d’album pour lequel je serais fan de 2 ou 3 morceaux
immédiatement, et seulement ensuite, j’explorerai le reste de l’album. La clé est précisément ici : c’est un
album qu’il faut considérer dans son ensemble, avec une introduction, une conclusion. C’est comme écouter
un très long morceau de 52 minutes, il y a des passages lourds, calmes, tristes, joyeux, etc. C’est ainsi qu’il faut appréhender l’album.

6- Je constate que vous n’êtes pas encore soutenu par un label. Est-ce si dur que cela en 2014 de trouver un
contrat digne de ce nom?

A vrai dire, pour le moment, nous n’avons fait aucune recherche dans ce sens ! D’une part, comme tu viens de
le dire, il est bien connu dans les monde des groupes amateurs que ce n’est pas forcément évident de
décrocher un contrat ces temps-ci. Nous avions de notre côté préparé le plan complet de la réalisation de
notre album, donc l’étape label nous a semblée optionnelle pour l’instant, et je dirais même que, vu ces
difficultés connues, nous avons préféré nous épargner cette étape qui aurait pu être périlleuse et retarder les
plans de notre album. Je pense qu’avant de frapper à la porte d’un label, il vaut mieux être suffisamment
armés pour mettre toutes les chances de notre côté. Nous attendons d’abord de voir les retours que
rencontre notre album, avant de passer aux prochaines étapes.

7- Les instruments traditionnels sont très présents. Quelle est la part de samples et de vrais instruments?

0% samples et 100% instruments ! :) Dès le départ, notre souhait était que les instruments traditionnels aient
une place essentielle tout au long de l’album, mais nous voulons aussi que nos morceaux puissent conserver
cet aspect en live. Tous les arrangements ont étés écrits en fonction de ça, afin de mettre cet élément en
avant et de pouvoir également l’exploiter dans nos concerts. Je pense que pour une musique à tendance
« traditionnelle », il serait dommage d’utiliser des samples. C’est un peu à l’opposé de cette idée de musique
« traditionnelle » qui est, par principe, créée en live par de vrais instruments.

8- Vous êtes proche de l’Allemagne. On connaît leur goût pour le métal. Vous avez des retours positifs venant
de cette contrée?

Nous avons eu pas mal de retours de différents pays voisins, mais assez peu de l’Allemagne. Il est vrai que
notre proximité avec nos voisins allemands pourrait laisser supposer une certaine communication entre nos
scènes musicales respectives, c’est le cas pour certains styles de musique, mais ce n’est pas aussi simple pour
le métal ou la musique « alternative » en général qui bien souvent n’a pour seule structure que les membres
des groupes eux-mêmes, comme nous, et des moyens parfois limités. Le métal, par ailleurs, est un genre très
représenté en Allemagne, où énormément de bons groupes sont déjà présents. Nous avons cependant eu la
chance de jouer en Suisse ainsi qu’en Autriche où nous avons eu de bons retours, mais nous manquons encore d’éléments pour avoir une vision d’ensemble sur les pays germanophones en général.

9- Pensez- vous que le pagan folk français a sa spécificité par rapport aux groupes d’ailleurs dans le monde?

Oui, je pense. C’est assez simple, en fait. Ici en France, il y a un potentiel énorme et tout est à construire. Nos
voisins, comme l’Allemagne dont on parlait avant, ou même les Pays-Bas, la Belgique, et sans parler des pays
scandinaves, ont tous une scène folk / pagan déjà bien établie, avec des groupes connus internationalement.
On peut dire, par exemple, qu’il y a la scène « folk métal finlandaise », qui devient presque une forme de label
de qualité aujourd’hui. C’est pareil en Allemagne. C’est là que la France a une carte à jouer. Je pense à des
groupes comme Fenrir, Lappalainen, Yrzen, que nous avons eu l’occasion de croiser sur la route. La scène
« folk métal française » est à construire et nous avons tout ce qui faut pour ça. La grosse faiblesse de la France réside dans notre culture musicale actuelle qui ne donne aucun crédit aux musiques alternatives via les
médias classiques. Pourtant, dans le métal folk / pagan, et bien sûr dans le métal plus généralement, il fait
plaisir de voir que les groupes contournent ces barrières, s’unissent, s’entraident, s’organisent des concerts en
commun, que des communautés se créent, je pense à French Folk Metal, Sword Chant, que des webradios
diffusent les morceaux, etc. Aujourd’hui, avec internet, les possibilités sont nombreuses pour notre scène et je
pense réellement que nous n’en sommes qu’au début.

10- 5 morceaux cultes de musique par membre du groupe

Seb
Queen - Bohemian Rhapsody
Guns’n’Roses - November Rain
Muse - Newborn
Stratovarius - Black Diamond
Helloween - A tale that wasn’t right

Quentin
In Flames - Touch of Red
Sonata Arctica - Fullmoon
Mike Oldfield - Tubular Bells
Interpol - Slow Hands
Joy Division - Transmission

Bastien
System of a Down - Toxicity
The Offspring - Pretty fly
Metallica - Nothing else matters
Eric Clapton - Layla
Muse - New born

Nicolas
Jimmy Hendrix - Hey Joe
The Police - Message in a bottle
Scorpions - Wind of change
Led Zeppelin - Kashmir
Queen - I want to break free

Alexia
David Bowie - Heroes
In Flames - Evil in a Closet
Dire Straits - Telegraph Road
Billie Holiday & Louis Armstrong - You can’t lose a broken heart
The Mowgli’s - San Francisco

11- Bénéficiez-vous de soutiens (publiques ou privés) ?

Nous avons financé la réalisation notre album nous-mêmes, sans soutiens financiers. Pour un premier album,
nous voulions nous efforcer de trouver un compromis au niveau de notre budget mais sans toutefois sacrifier
la qualité générale. De nos jours, il est possible d’arriver à un haut niveau de qualité en réalisant ses
enregistrements soi-même, à la maison, avec les moyens informatiques adaptés, mais le fait d’enregistrer
dans un vrai studio professionnel était un élément important pour nous, afin de pouvoir nous concentrer
uniquement sur nos morceaux tout en étant guidés par une personne qui maîtrise totalement le travail en
studio, la prise de son, l’édition... Au final, nous avons pu respecter notre compromis de départ sans faire
flamber notre budget. Maintenant, pour des projets futurs qui pourraient demander des moyens plus
conséquents, il n’est pas exclu de faire appel à des soutiens extérieurs.

12- A quoi doit-on s’attendre pour le second album ?

Bonne question ! Pour l’instant, il est en cours de création. Je pense surtout aux arrangements et je dirais qu’il
sera plus axé sur les voix et que les textes seront également plus travaillés. Il aura un côté plus
« atmosphérique ». Dans l’ensemble, je pense qu’il sera encore plus contrasté, c’est à dire que le côté métal
sera encore plus métal et le côté folk sera encore plus folk. Nous avons pour idée de faire appel à pas mal de
musiciens extérieurs pour les instruments traditionnels, comme cela a été le cas avec le violon sur notre
premier album. A nous ensuite d’étudier ce qui est réalisable !

13- C’est la fin de l’interview, libre à toi de dire ce que tu veux...

Merci à toi et à l’équipe Kaosguards pour nous avoir donné la parole ! :)

 
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