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ANATHEMA le 14/10/2014 au Ninkasi Kao (Lyon)

En cette belle soirée d'automne (le temps est printanier et la terrasse du Ninkasi est bondée !), Anathema revient en terre lyonnaise deux ans quasiment jours pour jours après son dernier concert au Transbordeur (29 octobre 2012, chronique du concert disponible ici).
Et si on avait déploré à l'époque la modeste affluence (entre 350 et 400 personnes, donc un Transbo en petite configuration), force est de reconnaître que le groupe a largement gagné en popularité, ainsi qu'en témoignent les quelques 600 personnes qui ont fait le déplacement ce soir (le concert affichant complet depuis plusieurs jours).


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Le public est d'ailleurs particulièrement hétéroclite, à l'image des t-shirts portés ce soir (grand écart entre SUPURATION et BLACKFIEKD, en passant par l'incontournable Hellfest !), et c'est un vrai plaisir de voir qu'ANATHEMA a su avec le temps renouveler son auditoire tout en conservant une bonne partie de ses fans les plus anciens.

C'est donc devant une salle très bien garnie que MOTHER'S CAKE entame son set à 20H20 par une intro planante évoquant PINK FLOYD. Cela dit, le côté planant va vite disparaître au profit d'un rock fusion très excité, sorte de version 70's sous acide des RED HOT CHILI PEPPERS.
Après ASTRA en 2012, ANATHEMA nous refait donc le coup de la première partie qui n'a rien à voir avec sa musique, et c'est devant un public poli (et patient) que le trio autrichien déroule des morceaux à rallonge et, au bout du compte, assez fatigants.


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Pas sûr que le combo ai fait beaucoup de nouveaux adeptes ce soir après ces 40 minutes de show, même s'il faut reconnaître que les musiciens ont un très bon niveau technique et surtout débordent littéralement d'énergie sur scène.

Changement radical d'ambiance avec la montée sur les planches d'ANATHEMA dont les membres arrivent sous les vivats d'une salle maintenant archi-comble.
Sans surprise, c'est le duo « Lost song part 1 et part 2 » qui ouvre le concert et confirme sans soucis tout le bien qu'on pensait de ces deux nouveaux morceaux sur album. La montée en puissance est jouissive sur la partie 1, d'autant que le musculeux Daniel Cardoso (batterie) martèle son kit comme si sa vie en dépendait et que Vinnie Cavanagh (chant, guitare) se montre particulièrement en voix. Quant à la partie 2, elle doit beaucoup à la sensibilité palpable insufflée par Lee Douglas (chant).


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A peine le temps de se remettre de cette claque que retentis l'intro en arpège de « Untouchable part 1 », qui ouvrait le précédent album (et les concerts de la tournée qui a suivit), immédiatement acclamée par un public en délire, ce qui confirme le statut culte de cette chanson déjà devenue un classique incontournable du groupe anglais. Ce même public qui reprend à gorge déployée les vocalises de la montée du milieu du morceau, et qui entonne spontanément des ho-ho à la fin de la partie 2, à la grande satisfaction des membres du groupe (dont un Daniel Cardoso dont le large sourire visiblement ému se voit jusqu'au fond de la salle !). Quel début de concert !


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Premier des 2 extraits de « We're here because we're here » joués ce soir, « Thin air » recueille également les faveurs du public, avant que Vinnie ne prenne la parole (en français) pour demander « Connaissez vous le nouveau disque ? La prochaine chanson est dessus !». C'est effectivement avec la délicate ballade « Ariel » que le groupe poursuit le concert et met une fois de plus en lumière le talent vocal de Lee, impériale sur ce morceau.
C'est un Danny (guitare, piano, chant) très sympa et sincère qui prend le temps de remercier un nouveau technicien du groupe (prénommé Stef) en introduction à l'excellent « Lost song part 3 » qu'ANATHEMA interprète avec conviction. L'irruption, à la fin de la chanson, d'un autre technicien sur scène donne à Danny l'occasion de continuer à se mettre le public dans la poche en s'exclamant « Il est jaloux ! », à l'attention du technicien ! Et de déclarer avec franchise que tous les techniciens sont excellents et que le groupe les remercie chaleureusement, ce que ne manque pas de faire un public participatif et particulièrement « bon esprit ».
Grand moment du show que l'interprétation d'« Anathema », chanson hommage au groupe écrite par Danny et sur laquelle le combo livre une prestation habitée : Vinnie est magistral et donne tout ce qu'il a avant un solo incroyable de son frère qui voit le public exploser littéralement puis longuement ovationner le groupe.


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John Douglas (percussions, ancien batteur du combo) passe alors derrière le set de Daniel Cardoso (qui lui passe aux claviers) pour interpréter « The beginning and the end » qu'il a composée avec Vinnie, et force est de reconnaître que son jeu fluide et délié sied parfaitement bien à ce morceau.
Le groupe enchaine ensuite rapidement avec « Universal » et son final tellurique, puis avec « Closer », seule chanson antérieure à « We're here... » jouée jusque là, et c'est sous des applaudissements conséquents que les musiciens s'éclipsent de la scène.
L'instrumental éthéré « Firelight » se charge de rappeler le sextet sur les planches et sert, comme sur le disque, d'introduction à l'exceptionnel morceau titre du dernier album « Distant satellites », sur lequel la complémentarité des deux percussionnistes est parfaitement exploitée et très acclamée.
Puis Vinnie demande aux techniciens lumières de plonger la salle dans le noir, et au public d'éclairer uniquement la salle avec des téléphones portables, ce qui confère indéniablement un supplément d'ambiance à « A natural disaster », interprétée dans une demi pénombre qui lui sied parfaitement.

« Il reste 2 chansons avant la fin du concert », lâche Danny après le morceau, « une nouvelle chanson et une chanson classique ». Un petit malin crie alors « Crestfallen » (morceau doom de plus de 10 minutes extrait du tout premier EP du groupe, à l'époque où celui-ci proposait encore une musique sombre, lourde et un chant guttural), ce qui provoque l'hilarité de la salle, mais, la bière aidant probablement, il insiste un peu trop et empêche Danny d'en placer une, ce qui amène Vinnie à lui répondre dans un français savoureux « Non, en fait cette chanson s'appelle ta gueule !» (hilarité générale) ! Très fun !


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ANATHEMA interprète alors ce qui sera le 8ème extrait (sur 10 chansons) de son dernier album, un « Take shelter » magnifique sur lequel Danny joue de la guitare à l'archer.
Pendant que John et Daniel intervertissent une nouvelle fois leurs places, Danny lance l'introduction du légendaire « Shine on you crazy diamond » des PINK FLOYD, mais personne n'est dupe, c'est bien la non moins légendaire « Fragile dreams » (seul extrait du mythique « Alternative 4 ») qui clôture le set d'ANATHEMA, et dès les première notes de guitare, le public se déchaine une dernière fois en reprenant à gorge déployée les refrains et en réservant une ovation au groupe qui quitte la scène (après presque 2h de concert) visiblement ravi de sa soirée.

Une nouvelle fois, ANATHEMA a prouvé qu'il est un grand groupe, non seulement dans ses qualités techniques et d'interprétation live, mais également dans ses choix artistiques. Interpréter 8 des 10 morceaux de son dernier album est une vraie prise de risque, d'autant que le combo ne manque pas de « hits » parmi lesquels puiser pour élaborer sa setlist, mais démontre également la confiance qu'il a en son travail et sa musique.
Alors, même si on aurait aimé « Dreaming light », « Everything », ou « Are you there », comment ne pas une fois encore être totalement conquis par ce groupe talentueux dont la sincérité n'a d'égale que la grande sensibilité ?
Une très belle soirée. Vivement la prochaine !

Vega

Un grand merci à Roger pour l'invitation.

- Cette chronique est dédiée à Julien, Cyrielle et Chance, en espérant qu'elle leur rappellera de bons souvenirs -

Interview exclusive de Vinnie Cavanagh à paraître très prochainement sur Kaosguards !!

 
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