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DARKENHÖLD le 18/10/2014

IDARKENHÖLDnterview réalisée par mail avec Cervantes et Aldébaran.

Malgré leur passé dans Artefact, ces musiciens ont réussi à rebondir pour recréer un projet de haute tenue. Il est temps de regarder vers l'avenir qui semble radieux si l'on en croit leur troisième sortie "Castellum". Un album qui devrait être celui de la consécration et qui va installer DARKENHÖLD dans le haut du panier de la musique extrême.

 

1- Peux-tu rapidement nous exposer les tenants et les aboutissants de votre nouvel album?

Aldébaran : Castellum est le troisième album de notre discographie (qui commence à être assez étoffée si l'on considère les trois splits et les apparitions sur des tribute albums).
Cervantes : Ce troisième album, "Castellum", s'inscrit dans une suite logique avec nos deux premiers efforts, ceux qui nous suivent reconnaîtront aisément le son du groupe. Pour autant, j'estime que "Castellum" affirme sa personnalité à plusieurs égards : une production plus travaillée et ample que celle de son prédécesseur, des ambiances plus épiques et guerrières, l'introduction du chant en français...


2- Quelle est la signification de votre patronyme?

Cervantes : Le nom du groupe vient d'un morceau de Bal Sagoth, tiré du second album de la formation anglaise. Je suis un immense fan de ce disque. Nous avons simplement ajouté un tréma sur le "o" pour éviter la confusion.
Aldébaran : On peut aussi y entendre un lien à Stronghold (forteresse), ou à Dark N' Old.


3- J'ai décelé des influence black sympho des années 90, est-ce exact?

Aldébaran : Si on considère les premiers Dimmu Borgir, Emperor, Satyricon, oui on peut dire ça. Même si d'un point de vue musicologique, dire qu'un groupe est sympho aujourd'hui est un énorme abus de langage, un mot galvaudé, vu que le terme "symphonique" renvoie à une structure bien précise de morceau, une codification rigoureuse et des règles issues d'un style et une époque donnés, que pas mal de personnes semblent ignorer. Après je comprends le sens intrinsèque de ta question, donc oui, mais grossièrement.
Cervantes : Je ne dirais pas mieux. Si nous nous basons sur la catégorisation vulgarisée des étiquettes généralement usitées dans le Black ou le Metal, oui, on peut trouver des liens dans notre musique. Mais contrairement à certains groupes de ce genre, Darkenhöld ne réduit pas les guitares au rôle de banal mur de son sur lesquels les claviers prennent appui pour mener les morceaux. Nous travaillons à établir un équilibre entre les guitares et les claviers, mais les claviers n'ont pas vocation à prendre le pouvoir, et Aldébaran compose de vrais riffs, pas de simples rythmiques interchangeables.


4- Quelles sont les raisons qui vous ont guidée vers la création de cette musique black symphonique?

Cervantes : Comme nous le disions précédemment, nous pouvons reconnaître quelques touches dites "sympho" dans notre Black, mais pour ma part, je mettrais davantage l'accent sur la dimension atmosphérique et épique, dans le sens où nous cherchons avant tout à créer des images sonores, à développer des atmosphères qui enveloppent l'auditeur. Je précise que le terme atmosphérique n'est pas synonyme de "Black lent et éthéré" dans mon esprit. Darkenhöld sait se montrer très offensif, sans basculer dans le Black extrême et violent que d'autres pratiquent.


5- Prenez-vous la création musicale comme une forme d'art ou appréhendez-vous plus cela comme un divertissement?

Aldébaran : Un peu les deux.
Cervantes : Il est important pour nous de prendre du plaisir à créer. Mais nous ne sommes pas non plus un groupe que nous qualifierions de divertissant, donc une certaine forme de sérieux préside à la création. Un divertissement sérieux en quelque sorte !

6- La pochette de "Castellum" est très dépouillée loin des graphismes photoshopé, est-ce volontaire?

Aldébaran : Oui, totalement, le symbole est très simple et emblématique de la teneur de l'album. Je n'ai jamais aimé les pochettes photoshopées, à quelque chose près, je me rends compte toujours de l'imposture. J'essaye plutôt de me rapprocher de ce qui est authentique et vrai.
Cervantes : Dès la sortie du premier album, il s'agissait d'établir une identité visuelle claire et engagée. Bien sûr, nous avons recours aux ordinateurs pour les livrets, l'apposition du logo, etc., mais chacun de nos albums est orné d'une authentique peinture réalisée sur mesure pour nous par Claudine Vrac. Le message est clair : notre vocation est l'authenticité, nous jouons la musique que nous aimons, avec des visuels qui nous parlent, sans nous préoccuper de cette tendance à blinder les couvertures de bidouillages informatiques qui lissent et plastifient tout. Je pourrais citer des tas d'exemples de groupes qui ont commencé  avec des pochettes vraiment atypiques, originales, ou simplement magnifiques et détaillées, et qui ont succombé peu à peu à cette passion technologique qui, je trouve, a tendance à briser le charme, glacer la force des images et remplacer la fraîcheur par le clinquant.


7- Comment composez-vous une chanson - commencez-vous par une mélodie, un riff, une idée, une image ?

Aldébaran : Un peu toutes ces choses à la fois, cela commence par un assemblage de bribes musicales emmagasinées sur une période assez longue, la plupart du temps à base de riffs de guitare, mais il peut y avoir quelques courts passages au synthé. Au final il en résulte une conception assez précise du morceau que l'on répète et peaufine par la suite.


8- Je sais que votre groupe s'est formé sur les cendres d'ARTEFACT, y a t-il une forme de continuité?

Aldébaran : Evidemment, car c'est moi qui écris la musique des deux groupes, en gros c'est ma musique depuis le début. Et si j'ai quitté Artefact, c'est parce que les autres membres voulaient partir dans une dimension "moderne" qui n'était pas la mienne.
Cervantes : Il y a certains morceaux où on sent, en effet, l'esprit d'Artefact, d'autant qu'Aldébaran a recyclé dans Darkenhöld certaines idées forgées à l'origine pour son groupe précédent. Mais pour ma part, je trouve que Darkenhöld développe tout de même un son assez différent, moins technique, avec des rythmiques moins brutales, plus axé sur un feeling old school, davantage nourri de l'esprit Black mélodique et atmosphérique des 90's.  


9- Comment  en êtes-vous venus à travailler avec votre actuel label?

Aldébaran : Noel de Those Opposed Records avait beaucoup apprécié le premier album "A Passage To The Towers" sorti sur Ancestrale Production. Lorsque je lui ai écrit par mail que nous cherchions un label pour le deuxième, il s'est dit partant.
Cervantes : Ensuite, l'intérêt très clair qu'il a manifesté à l'écoute des premiers mixs de "Castellum" l'a conduit à nous proposer de continuer avec lui.


10- Comment votre album a-t-il été accueilli dans le milieu métal?

Aldébaran : Pour l'instant très bien, à part en Finlande.
Cervantes : Nous avons en effet reçu une chronique mitigée d'un webzine finlandais... mais pour l'instant, la très grande majorité des chroniques que nous avons reçues, dont certaines émanant de médias prestigieux, sont très positives, et même franchement enthousiastes pour un certain nombre. Nous nous sentons honorés et apprécions grandement cet accueil, cela va sans dire et nous ne pouvons qu'espérer une suite du même ordre pour nous !

11- Qu'est-il prévu pour les prochains mois?

Cervantes : Nous voulons défendre "Castellum" sur scène et faire connaître notre groupe au public, si possible aussi à l'étranger, y compris par l'entremise d'interviews. Et dans l'idéal, nous serions conquis par une entrée dans le monde des festivals Metal !


12- Vous êtes des professionnels de la musique ou devez-vous faire des boulots "alimentaires"?

Aldébaran : Je compte m'acheter une deuxième maison en Suisse grâce aux ventes du dernier album ! Non, évidemment, pour l'instant nous payons plus que nous recevons, peut-être qu’à l'avenir cela va-t-il s'équilibrer, espérons, et même développer des recettes.
Cervantes : Nous avons tous des jobs à côté, et Darkenhöld nous occupe sur nos temps libres, nos vacances... Et comme le dit Aldébaran, nous perdons plus d'argent que nous en gagnons, y compris lors des concerts. Tout l'argent que nous récoltons avec nos petits cachets (quand il y en a) et notre vente de merch est ré-injecté dans le groupe en prévision des dépenses à venir. Si nous parvenions ne serait-ce qu'à renflouer les pertes avec nos ventes et nos concerts, nous serions satisfait. Nous ne faisons clairement pas ça pour l'argent... 


13- Une conclusion que je vous laisse développer...

Cervantes : Merci pour cette interview et votre intérêt pour le groupe ! Laissez vous porter par l'univers de Darkenhöld ! Au plaisir de vous voir sur scène !!!

 

 

 
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