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Une semaine après le terrible concert dans le petit bar concert de l’Assomoir, Mithridatic décide d’en remettre une couche cette fois-ci dans une salle d’une grandeur un poil plus conséquente dans la perspective d’une soirée totalement Death Metal.
Aux alentours de 21h30, les très jeunes Lyonnais de Fatal Agony (présents à la même place sur l’affiche du Millery Festival) ouvrent le bal. Comme d’habitude et malheureusement pour eux, les quelques personnes composant le public se font assez rare devant la scène. Mais ce peu de personnes a su être à la hauteur de la réputation stéphanoise et il faut donc avouer que c’est un sacré bordel dans la fosse, avec une douzaine de personnes certes, mais un bordel quand même qui s’organise sur une musique encore toute pleine d’influences comme le deathcore sauce Benighted allié avec la brutalité de Kronos, tout cela mené par le jeune leader chanteur bassiste Tom à la voix growlée. Quelques fautes se font ressentir au niveau d’un des deux guitaristes, mais bon, globalement, Fatal Agony reste carré. On espère le meilleur pour eux !
S’enchaîne Eternal, formation venant également de Lyon mais qui n’officie pas vraiment dans le même death metal que ses prédécesseurs sur l’affiche. La musique d’Eternal rentre plus dans un registre vieille-école, inspirée des ravages et des traces qu’a laissé Morbid Angel il y a quelques années de cela. La salle se remplit d’avantages et le public stéphanois semble apprécier les riffs suffocants rythmés sur des blast rageux sonnants comme un orage. De simples, efficaces et angoissants solos viennent se glisser au milieu de ce carnage dicté par un chanteur aux cris s’avérant au final assez monotones. C’est un des seuls défauts percevable d’Eternal : les compositions, bien qu’excellentes, sont un peu répétitives à la longue et un peu de variation n’aurait pas fait de mal, histoire de captiver l’auditeur jusqu’aux dernières notes du concert.
C’est donc la dernière prestation à domicile avant longtemps livrée par Mithridatic qui s’opère en fin de soirée. A l’arrivée de Guitou et sa bande, le temps semble remonter plus de dix ans en avant, en plein milieu des années 90s. Petite salle, éclairage faible et musiciens chaleureux, c’est dans cet état d’esprit très oldschool que se déroule l’orchestration du death metal très personnel, psychotant , torturé et aux couleurs parfois très black metal de Mithridatic. Les morceaux s’enchaînent, les titres de la démo «Dawn Of Bitterness » sont reconnus par le public très réceptif. Le sang gicle sur « Guillotine Supremacy », les points volent sur « Terrorist Of Poisonned Blood » et les dernières violences d’un public désespéré et à bout de force sont à leur comble sur l’ultime titre « Dawn Of Bitterness ». Par sa singularité, par son chanteur « forte-tête », par son soliste pour le moins professionnel, par sa batterie au jeu assez original et par ses riffs de guitares tantôt lourds, tantôt mélodiques, tantôt hargneux, Mithridatic confirme son statut de groupe de scène.
Malgré l’affluence assez réduite et malgré le son pas extraordinaire de cette petite salle qu’est la Clé d’Voûte, ce sympathique concert de Death Metal reste réussi grâce à des groupes et une ambiance plus que chaleureuse ainsi que bon enfant. Une soirée qui prouve une fois de plus que c’est ce genre de concert où l’on s’amuse le plus et où la musique est « vraie », produite par des musiciens où le professionnalisme semble être le dernier de leurs soucis. Et c’est ça, le Metal.
Fetus
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