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Kaosguards

 

HELLFEST les 21,22,23/06/2013 à Clisson

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       Comme chaque année depuis 2006, le Festival de l'Enfer vient poser ses scènes et ses chapiteaux sur les terres de la belle cité médiévale de Clisson. Installation qui s'est faite cette année sans la traditionnelle polémique sur la mort et le culte de Satan... tiens donc ? Le festival commence-t-il à entrer dans les moeurs ? Ou Christine Boutin est-elle trop occupée cette année avec le mariage pour tous ? Quoi qu'il en soit, nous métalleux avons au moins conquis le coeur des Clissonnais qui nous accueillent une fois encore avec bonne humeur, et c'est le plus important ! Installés au camping officiel dès le jeudi midi, je passerai sur ces moments épiques que sont les courses au Leclerc, avec son concert de hurlements caverneux entre le rayon bière et le rayon saucisson, ainsi que sur la profession de foi(e) que représente l'apéro de bienvenue... si ce n'est une remarque utile, encore une fois, et malgré les plaintes des festivaliers de l'édition précédente, le camping était ouvert aux quatre vents. Résultat des courses, il n'était pas rare de croiser des chiens, et les témoignages de vols ont commencé se propager dès le lundi. Même si tout s'est bien passé pour la majorité des festivaliers, on ne peut que déplorer ce laisser-aller au niveau de la sécurité.

 

Bref, les premiers rayons de soleils du vendredi matin viennent réveiller des métalleux aux cheveux fortement douloureux pour les premiers concerts de cette édition 2013.

 

Vendredi 21 juin

 

Réveil difficile, et ce n'est qu'à 11h30 que nous arrivons sur le site. Un rapide coup d'oeil permet de constater que si la disposition des lieux et sensiblement la même que l'an dernier, quelques petits aménagements ont été faits pour le confort des festivaliers: tous les stands de nourriture ont été regroupés dans un espace restauration éloigné des scènes, les bars sur les côtés de la Mainstage 2 ont été déplacés, et surtout, la Warzone (scène punk / hardcore) est désormais une scène plein air, et la Valley (scène stoner / doom) a été nettement agrandie. La disparition des urinoirs est cependant une indescriptible tragédie.

 

Direction la Temple, scène black / pagan, pour le concert de STILLE VOLK. En trente minutes, ce groupe français de folk traditionnelle, sans aucun instrument électrique, aura amené de la bonne humeur avec une musique entraînante encourageant le public à boire jusqu'à la lie. Inutile de dire que ces conseils ont été judicieusement respectés par une bonne partie des festivaliers durant le week-end !

 

BLACK SPIDERS prend la suite sur la Mainstage 1. Malheureusement, ce groupe de hard rock britannique peine à montrer de l'originalité, et chacune de leurs compos a une désagréable impression de déjà-vu. Prestation très anecdotique.

 

Les thrasheux de VEKTOR arrivent sur la Mainstage 2 ensuite, pour une prestation totalement gâchée par la qualité sonore de la scène. C'est malheureusement un problème majeur du Hellfest, et dans tout le week-end seule la Valley s'en sera sortie avec les honneurs, en proposant un son correct de manière plutôt constante. Une averse torrentielle s'abat sur le site peu de temps après, nous forçant à courir à l'abri. Heureusement, celle-ci ne dure pas, et le beau temps sera au rendez-vous pour le reste de la journée.

 

Il est 14h20 quand TYR arrive sous la Temple, fraîchement débarqués des lointaines îles Feroë pour nous conter leurs légendes nordiques. Une bonne qualité de son, une voix claire parfaite et une musique envoûtante, les Vikings auront conquis Clisson en ce début d'après-midi.

 

Pas le temps de souffler que déjà, les anglais de SAXON investissent la Mainstage 1 pour donner le coup d'envoi d'une après-midi chargée, dédiée aux légendes du heavy / power métal. Les vieux roublards savent bien qu'ils sont en festival et jouent donc la musique attendue par les festivaliers, mettant leur dernier album de côté pour se concentrer sur leurs tubes, "Motorcycle Man", "Wheels of Steel", "Princess of the Night"... les fans sont ravis ! Le son est très fort, à la limite du supportable par moments, mais le mixage se fait beaucoup plus satisfaisant qu'à leur précédent passage en 2010.

 

HELLYEAH enchaîne direct sur la Mainstage 2, mais leur groove métal se marie mal avec une régie décidément à la ramasse. On n'entend quasiment que les basses. Tant pis, on en profite pour aller souffler un peu avant d'attaquer la suite.

 

EUROPE aura un peu peiné cette année. Joey Tempest a beau jongler avec son micro et se démener sur scène, la mayonnaise n'a pas l'air de prendre avec des festivaliers assez peu réceptifs à leurs nouvelles compositions, qui s'éloignent des synthés et des refrains anthémiques pour aller vers un hard plus basique, avec une influence blues. Dommage, surtout qu'il a manqué, à la fin, cette hystérie générale qu'il y a eu en 2009 dès les premières notes de "The Final Countdown". Je l'attendais pourtant, cette hymne reprise en choeur par l'ensemble du site jusqu'au camping ! Mais non, pas cette année. Peut-être l'effet de surprise s'est-il estompé ?

 

TESTAMENT, encore un concert qui, pour ceux qui se trouvaient au fond, a été gâché par un mauvais mixage qui ne rendait que les basses. Heureusement que j'avais pris la précaution de me mettre plus devant, où le son était bien meilleur mais, il est vrai, extrêmement fort. Motivé, le groupe démarre par un best of de leur dernier album, on aura droit à "Rise Up", "Native Blood" et "True American Hate", avec bien sûr les classiques "More Than Meets The Eye", "Practice What You Preach"... Chuck Billy, très en voix, couvre presque le son de la guitare de son timbre rauque. Quel charisme ! Il est juste dommage que les mosh pits et autres moments de folie soient vraiment cantonnés aux tout premiers rangs pendant la première moitié du set, il faudra attendre la fin pour que le public commence enfin à se réveiller.

 

Un gros mal de crâne arrive, que j'essaie d'ignorer en me dirigeant vers la Mainstage 1 pour TWISTED SISTER. Le rythme de l'après-midi est vraiment infernal ! Dee Snider et sa bande, qui ont échangé leur place avec WHITESNAKE quelques jours avant le fest, arrivent très en forme et se mettent le public dans la poche avec leurs refrains fédérateurs. Le show est très semblable à celui de 2010, jusqu'à leurs tenues de scène. Un peu dommage, mais bon, qui bouderait le plaisir de reprendre à tue-tête "We're Not Gonna Take It", avec une telle énergie que le groupe s'est senti obligé de la rejouer une seconde fois ? En parlant d'énergie, Dee Snider en avait à revendre, haranguant la foule entre chaque chanson, se moquant à tout va des fans déguisés comme lui, des fans de KREATOR campés sur la Mainstage 2, et même des handicappés ! Un humour certes graveleux, mais avec la bonne humeur tout passe !

 

Une pause camping bien méritée, et on revient à 20h45 pour WHITESNAKE, dont c'est la première participation au festival. Le brushing impeccable, la chemise ouverte et le sourire Colgate, le crooner Dave Coverdale et ses bluesmen viennent fêter "l'Année du Serpent", à savoir l'anniversaire des 35 ans du groupe. Une fête qui s'est déroulée avec une grande classe, un régal pour les fans de hard rock rétro qui ont pu se dandiner au son de "Is This Love", "Fool For Your Loving", ou "Still Of The Night". Il est toutefois étrange que Coverdale, n'ayant plus vraiment ce timbre grave et chaud qui a fait sa renommée, tente des vocalises assez déconcertantes, incorporant des cris dignes de David Lee Roth. Étrange, mais qu'on ne vienne pas nous dire qu'il est rincé, comme on peut l'entendre sur certains forums, car l'énergie qu'il nous a donnée ce soir était exceptionnelle !

 

La nuit est tombée et les citrouilles sont de sortie pour fêter HELLOWEEN sur la Mainstage 2. Le groupe commence avec "Eagles Fly Free" dont on n'entend quasiment rien, mais c'est après ce morceau que, miracle ! Ils semblent enfin avoir réussi à régler le son de la scène ! La fin du concert se fera donc dans des conditions acoustiques tout-à-fait correctes. Les allemands font l'impasse sur "Nabatea" et "Hold Me in Your Arms", et se concentrent sur du lourd et du rapide, que ce soit "Straight Out of Hell" de leur dernier opus ou "I'm Alive" du premier "Keeper of the Seven Keys", en passant par le désormais myhtique "Are You Metal?", une setlist efficace mais sans surprises pour ceux qui ont vu leur concert du 8 avril à l'Olympia. Bref, des musiciens en forme, et malgré quelques longueurs (le concours de chant un peu long sur "Live Now!"), un concert plein de bonne humeur et d'énergie. On en redemande !

 

Et on déchante vite. On peut apprécier énormément DEF LEPPARD (c'est mon cas), il faut quand même constater que pour un concert annoncé comme le premier en France depuis 17 ans, ce show était un non-événement ! Alors oui, la déférlante de tubes était là, et on ne boude pas son plaisir à entendre résonner sur les plaines clissonnaises des titres aussi intemporels que "Women", "Love Bites", "Pour Some Sugar On Me" ou "Rock Of Ages". D'autant que l'interprétation de ces titres était de très bonne qualité. Trop bonne peut-être, et c'est là que ça fait un peu mal. Un concert au final trop lisse, trop réglé, pas de communication avec le public, pas de petit grain de folie, un show qui reposait en grande partie sur un écran géant qui diffusait des images en rythme avec la musique. Il y a d'ailleurs eu projection d'un court-métrage sur la vie et l'oeuvre de DEF LEPPARD en plein milieu du set, de quoi casser un rythme qui était déjà un peu bas. Au final, si la qualité de ce concert était nettement au-dessus de l'ennuyeuse débâcle qu'était le show de GUNS'N ROSES en 2012, il laisse une impression assez neutre, où le plaisir d'avoir entendu de bonnes chansons a ce petit arrière-goût amer de ne pas avoir vécu quelque chose d'exceptionnel.

 

AVANTASIA viendra vite balayer cette amertume en clôture de cette première journée de festival. Grandiose, majestueux, drôle, l'opéra métal de Tobias Sammet (EDGUY) fera vibrer une foule qui commençait gentiment à s'endormir. Avec des compositions féériques, des guests à la pelle (on comptera notamment Ronnie Atkins de PRETTY MAIDS et Michael Kiske, ex-HELLOWEEN), et une joie de vivre communicative, ce seront près de deux heures magiques qui vont s'écouler sans que l'on s'en rende compte. Oui oui, deux heures ! Comme le disait Tobias, un show d'AVANTASIA dure normalement trois heures, ils ont essayé de l'abréger au maximum, et ont finalement doublé leur créneau horaire prévu, mais ce ne sera pas pour nous déplaire ! Et une première journée qui se termine sur une très bonne note, à demain pour de nouvelles aventures !

 

Samedi 22 juin

 

Réveil morose ce samedi matin: le ciel est couvert d'un épais voile blanc et un crachin va tomber sur le site de manière continue jusqu'au milieu d'après-midi. On se lève donc difficilement et se dirige vers l'espace restauration du site à midi pour se consoler avec un "burger de la mort", tandis qu'en fond, les norvégiens d'AUDREY HORNE balancent leur rock alternatif avec une patate bluffante. Un groupe à suivre.

 

Beaucoup moins énergique, c'est PROCESSION que nous allons voir sous la Valley. Ce tout jeune groupe de doom métal chilien distille une ambiance à la fois funeste et lyrique, et même si l'influence de CANDLEMASS est plus qu'évidente, ils se montrent suffisamment solides sur scène pour faire passer un très bon moment.

 

Il est 14h20 quand arrive sur la Mainstage 2 COAL CHAMBER, autre groupe très attendu du week-end. Il est assez amusant de voir Dez Fafara, arborant aujourd'hui un look brutal à base de cheveux longs et de barbe, tenter de renouer avec son passé gothique-indus à grands renforts de khôl. L'une des icônes du mouvement nu-metal aura fait un retour triomphal, la voix de Dez, labourée par ses années de service au sein de DEVILDRIVER, conférant une brutalité toute nouvelle à des compositions industrielles déjà bien pêchues. The Roof is on Fire !

 

Je me dirige ensuite vers la Valley à 16h pour KARMA TO BURN, mais les groupes de la Valley ayant tous été décalés pour couvrir l'absence de MASTERS OF REALITY, c'est devant WITCHCRAFT que je me retrouve. Qu'à cela ne tienne, le stoner doom teinté d'ambiance années 70 des suédois est suffisamment entraînant pour ne pas me faire regretter d'être là. C'est d'ailleurs alors qu'ils se lancent dans une compo planante qui aurait eu toute sa place à Woodstock que le soleil revient enfin !

 

DOWN était une de mes priorités, et à en juger par l'affluence sur la Mainstage 1, ce fut la priorité de beaucoup de monde. Il faut dire qu'en général, la journée du samedi fut la plus peuplée, la présence de ZZ TOP et de KISS attirant les foules. Le site était donc plein à craquer, et je pense qu'il ne faudra pas augmenter le nombre de pass l'année suivante au risque de le rendre ingérable. Mais bon, voilà qu'arrive Phil Anselmo sur scène, et les acclamations commence. Les sourcils froncés, la lèvre tordue, le bonhomme impose le respect et le groupe fait transpirer avec son sludge marécageux, respirant des effluves de whisky et de tabac à chiquer. C'est pendant son set que Phil annonce que ses potes de CLUTCH ne pourront jouer le lendemain, le chanteur venant d'apprendre le décès de son père, et que par conséquent DOWN fera un second concert sous la Valley pour remplir ce créneau vacant ! En vrai fan de métal, Phil Anselmo sera le fil rouge de ce Hellfest 2013, apparaissant sur scène taper des duos à droite à gauche, avec ACCEPT, avec VOIVOD, ou tout simplement se tenant sur le côté de la scène, par exemple pendant GHOST, admirant le groupe avec les sourcils froncés et un hochement de tête approbateur. L'esprit métal personnifié.

 

Le set fini, on va se poser un peu pour revenir en forme sur la Mainstage 1 pour ACCEPT. Depuis leur retour triomphal en 2010, les allemands n'ont pas déçu, et ce n'est pas au Hellfest que ça changera ! Tapant dans leur discographie récente ("Stalingrad", "Pandemic") mais privilégiant les grands classiques qui n'ont pas pris une ride comme "Princess of the Dawn" ou "Metal Heart", ils auront offert une heure de leçon de speed métal testostéroné qui en auront laissé plus d'un les boules contre le mur !

 

J'ai profité du concert de PAPA ROACH qui a suivi pour aller me ballader, peu intéressé par l'évolution de leur discographie passé le troisième album. Grand mal m'en a pris car au final, ils ont joué quelques uns de leurs morceaux classiques. Je ne suis vraiment revenu devant que pour entendre "Last Resort", un tube de mon adolescence, que j'ai trouvé malheureusement bâclé par un groupe qui semblait pressé d'en finir. Dommage.

 

L'une des têtes d'affiche de la journée, ZZ TOP, investit la Mainstage 1 dans un calme surprenant. Ce concert semble surtout attirer un public d'un certain âge venus avec leurs chaises pliantes, ou alors des curieux pas vraiment fascinés par le groupe, juste là pour se dire qu'ils les auront vus une fois dans leurs vies. Et pour entendre "La Grange". En tous cas, un public pas vraiment énergique, et on peut en dire autant de la prestation des vieux bluesmen, très mécanique, une enfilade de titres sans beaucoup de spontanéité, et voilà, emballez c'est pesé ! Un concert à apprécier en fond sonore, assis dans l'herbe avec une bière et quelques copains.

 

MANILLA ROAD, groupe mythique du heavy métal américain, arrive sous la Valley à 21h50. Malgré une fosse clairsemée, le peu de fans présents devant a l'air aux anges. Il est juste dommage que le son ne porte pas très bien jusqu'au fond, où il perd de sa puissance. Un concert découverte pour moi où je n'étais pas vraiment dedans, en partie à cause de la fatigue et en partie à cause de la voix nasillarde de Mark Shelton qui devient vite gênante en live. Alors que commence KISS, je préfère me diriger vers la Altar (la scène death) pour aller voir ma tête d'affiche...

 

CANDLEMASS ! Groupe phare du doom suédois, les voici qui viennent hanter le Hellfest avec leurs compos lyriques et ensorcelantes. Le son est très fort mais plutôt clair et laisse la part belle aux parties vocales, pour le plus grand bonheur de ceux venus reprendre "Bewitched" à tue-tête. Mon seul regret aura été l'absence de l'imposant Messiah Marcolin, mais Mats Levén (YNGWIE MALMSTEEN, THERION...) assure sans problème la relève grâce à sa voix puissante et mélodieuse. Un grand moment de doom qui fait voyager loin, loin, dans les contrées obscures...

 

Et on se réveille avec le trüe black métal d'IMMORTAL ! Enfin, on se réveille, mais pour peu de temps... un chapiteau ultra-blindé, impossible de distinguer la scène, un son très fort et très mal réglé donnant lieu à une indéchiffrable bouillie sonore, ce concert m'aura fait beaucoup d'effet puisque je me suis littéralement endormi devant ! Voilà, ça c'est fait, bonne nuit et à demain !

 

Dimanche 23 juin

 

Il pleut ce dimanche matin, pour changer. Heureusement, le beau temps revient très vite, dès le concert de WALTARI à 11h sur la Mainstage 1. Groupe de métal alternatif à influence électro-indus, WALTARI est avant tout une expérience aux frontières du réel, totalement déjanté et insaisissable, mais avec une pèche toute communicative. Un petit medley ANTHRAX en fin de concert, juste pour le plaisir, après une prestation réjouissante. La journée commence bien !

 

On s'offre une bonne heure et demi de repos car le prochain groupe à voir sera INQUISITION. J'avais beaucoup de craintes pour ce duo américain de black métal au vu de la qualité sonore de la Temple pour le set d'IMMORTAL, mais finalement, ils s'en tirent bien et assurent un show carré et satisfaisant. Mention spéciale à l'immense pentagramme lumineux au-dessus de la scène, c'est de toute beauté !

 

On se dirige ensuite vers la Warzone pour la première (et unique) fois du week-end, pour LE BAL DES ENRAGES, et là, catastrophe ! L'entrée de la Warzone est un goulot d'étranglement totalement embouteillé, noir de monde ! Dégoûtés, nous préférons nous poser à l'ombre des arbres près d'un stand sobrement intitulé "Le Royaume du Muscadet", et nous écoutons de loin le concert de ce groupe de reprises, qui nous jouera entre autres du METALLICA, du SEPULTURA ou du TRUST.

 

On est bien sous les arbres, à tel point qu'il est déjà 15h quand on décide de se bouger pour aller voir DANKO JONES. Le concert est agréable et ensoleillé, mais si Jones se montre plus communicatif avec son public que les ZZ TOP la veille, il est loin de faire le concert le plus mémorable du festival. Un hard rock très posé, avec un petit rayon de soleil, un bière... que demander de plus ? Il fait son affaire. C'est après ce concert qu'une voix au haut parleur nous annonce l'inversion hâtive des créneaux de GHOST et de DANZIG. Pardon ? Le jour même ? On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il est regrettable que l'organisation n'ait pas plus communiqué que ça sur ce changement, car beaucoup de ceux qui n'étaient pas devant les Mainstages à ce moment-là n'ont pas entendu l'annonce et on raté le groupe qu'ils voulaient voir.

 

On se dirige maintenant sous la Valley pour voir SPIRITUAL BEGGARS, le fameux groupe de blues de Michael Amott, qui se révèle au final assez mou, se reposant trop sur la notoriété de son guitariste roux et ne cherchant pas à en faire beaucoup plus que nécessaire. On pourrait me répondre en disant que de toutes façons, leur style ne se prête pas énormément au spectacle... ce qui n'est pas faux.

 

Petite pause (il y en a eu beaucoup, le dimanche est la journée la plus difficile du Hellfest, toutes années confondues !), et nous revoilà sous la Temple pour KORPIKLAANI. Alcooliques notoires, les finlandais auront ramené leurs fans, le nombre de types saouls au mètre carré a explosé un record ! Toujours aussi simple, joyeux et aviné, leur folk fédère, il est par contre regrettable que ceux placés en côté de tente (dont moi), subissent les interférences de la Valley toute proche. Le problème existait déjà en 2012, et il est en voie de résolution puisque nettement moindre cette année, mais il n'a toujours pas été éradiqué.

 

WINTERSUN arrive juste après, avec son death mélodique qui fait subitement baisser la température et nous emmène dans de lointaines contrées enneigées. Une bonne prestation, malgré un son encore une fois trop fort et mal réglé, la guitare saturée et la batterie prenant trop souvent le pas sur les claviers et autres instruments.

 

Il est maintenant temps de revenir à la Valley pour DOWN II: la revanche de DOWN. Depuis leur annonce de la veille, beaucoup de gens se sont mis à spéculer sur un éventuel set spécial PANTERA. Pas tout à fait. Ils ont effectivement joué du PANTERA, du DOWN aussi, mais aussi beaucoup de jams improvisés rendant hommage à la scène sludge de La Nouvelle Orléans. La KISS Army étant partie, ce concert s'est donc vraiment fait devant un public d'amateurs de guitares grasses, et l'ambiance sous le chapiteau évoquait un concert dans un bar en pleine campagne. Un grand moment de métal que de voir cette bande de vieux copains (avec Jason Newsted qui s'invite sur scène) taper le boeuf ainsi pendant trois quarts d'heure.

 

Une petite pause (et oui, encore !) et on revient à la tombée de la nuit pour le monster métal de LORDI. Il aura fallu sept ans depuis leur victoire à l'Eurovision pour que les finlandais foulent enfin une scène du Hellfest, et pour fêter ça ils s'en donnent à coeur joie, balançant leurs meilleures hymnes à grands renforts de feux d'artifices. On saluera le retour en concert de la ballade "It Snows in Hell" ainsi que quelques titres de leur dernier opus qui passent haut la main l'épreuve du live. On regrettera par contre une mise en avant des basses qui noiera parfois la guitare, rendant certains solos inaudibles.

 

Le temps que le concert finisse et qu'on se dirige vers la Altar, on aura raté une bonne partie du concert d'HYPOCRISY. Qu'à cela ne tienne, le peu qu'on en a vu a été fort convaincant, un son très satisfaisant et un chanteur très en voix pour ce groupe de la scène death mélodique suédoise qui installe une ambiance désespérée à cent lieues du rock festif de LORDI. "Erased" a été l'un des moments forts de la journée.

 

Il fait nuit noire lorsque l'on sort de la Altar, et le temps est bien frais. Alors qu'au loin VOLBEAT joue un rockabilly métallisé qui semble attirer la foule (nettement moins importante que la veille, comme quoi l'absence d'une tête d'affiche mythique le dimanche permet de respirer un peu), nous allons nous réchauffer près du grand brasier derrière les bars avant de nous placer bien en avant sur la Mainstage 2 pour la cérémonie de clôture du festival.

 

De quelle cérémonie, vous dites ? Mais de la messe noire célébrée par Papa Emeritus II et ses Goules de GHOST, voyons ! Si le changement de running order ne s'est pas effectué dans les meilleures conditions, il faut quand même reconnaître que ce groupe méritait au moins une Mainstage tant il attire les foules. Il bénéficiera donc de meilleures lumières et de bien plus d'audience pour faire trembler la nuit clissonnaise avec son doom blasphématoire. Toujours dans son personnage, Papa Emeritus s'adresse au public d'une voix très douce et adopte les gestuelles nobles d'un homme d'église. L'effet est immédiat, le public est conquis, et malgré un ou deux couacs, on se dit que faire jouer GHOST en pleine nuit pour conclure le Hellfest a été un véritable coup de génie. Il est temps maintenant de se quitter au son fédérateur de la "Monstrance Clock" et de retrouver ceux qui ont encore un peu d'énergie au Metal Corner pour un dernier apéro. Il est très tard, et c'est avec un petit pincement au coeur qu'on va se coucher, en pensant à la route qu'on a à faire demain, et que le Hellfest est déjà fini.

 

Dans l'ensemble, si le festival reste perfectible, notamment au niveau de la sécurité du camping, des urinoirs, de la qualité sonore, et de la communication sur les annulations et changements (beaucoup garderont l'affaire DANZIG / GHOST en travers de la gorge pendant longtemps), ce fut une fois encore une franche réussite. Merci à l'équipe du Hellfest, merci aux groupes, et merci à la ville de Clisson de bien vouloir nous supporter une année de plus ! À l'année prochaine !

 

BrocasHelm


 

 
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