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IRON MAIDEN + Voodoo Six le 05/06/2013 à Bercy (Paris)

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La célèbre salle parisienne est devenue depuis des années pratiquement indissociable d'IRON MAIDEN, tant ce groupe culte ne manque jamais d'y faire un saut à chacune de ses tournées, ce qui, au rythme actuel, correspond à environ une fois par an, et toujours dans la même période. Le concert de la Vierge à Bercy est ainsi devenu la tradition estivale pour tous ses fans venus des quatre coins de la France et au-delà – j'ai en effet pu discuter avec des Bordelais, des Lillois, et même des Suisses.

 

L'esplanade de Bercy est noire de monde en cette fin d'après-midi, les street teams de divers festivals font leurs tournées et les patrons de bars se frottent les mains, allant jusqu'à installer une pompe en terrasse pour vendre des pintes à emporter. Il faut dire qu'il fait bien chaud et que les fans sont vite assoiffés ! L'ouverture se fait à 18h, et malgré des files d'attente interminables et quelques déconvenues – beaucoup dont moi se sont trompés de file – on rentre plutôt facilement et la salle est remplie à 19h, un public très éclectique mais unanimement motivé. Des holas incessantes traversent les gradins et la fosse, des "Maiden !" sont scandés à tout va... aucun doute, de 7 à 77 ans, être fan de Maiden est avant tout un art de vivre et les concerts sont de véritables communions.

 

Le coup d'envoi est lancé à 19h30 avec VOODOO SIX, groupe de hard rock britannique dont l'alternance entre longues ballades planantes et hymnes métal inspirées n'est pas sans évoquer un croisement entre le stoner épique de GRAND MAGUS et le blues sudiste d'un BLACKFOOT. Le son est très saturé (bouchons indispensables en fosse !) et plutôt sale, mais cela s'accorde plutôt bien avec la voix âpre et l'ambiance désertique des compos. Une première partie sympathique, qui a reçu un accueil chaleureux du public et qui s'en sort avec les honneurs.

 

Une demi-heure d'entracte après ce concert, le temps d'installer la scène, et c'est à 21h pétante que résonne "Doctor Doctor" de UFO, annonçant l'arrivée imminente des stars et mettant la foule en effervescence. Puis arrive l'intro acoustique de "Moonchild" reprise en choeur par le public, et c'est parti pour le show ! La scène semble sobrement décorée et dégage une ambiance mystique appropriée au thème de la tournée qui reprend celle du "Seventh Tour" de 1988. Je dis bien "semble" sobre, puisque comme le dit Dickinson lui-même dans un français plus qu'honorable, ils refont la tournée de 88 mais "avec de meilleurs effets spéciaux". Ainsi, pyrotechnie et mannequins d'Eddie géants se succèderont joyeusement au long des morceaux pour le plaisir de nos yeux. Évidemment, il s'agit d'un spectacle bien rodé et bien millimétré, ce qui n'empêche pas le groupe de se montrer spontané par moments, et d'assurer une bonne communication – en français – avec le public toujours très réceptif, qui se mettra par exemple à chanter "Happy Birthday" pour l'anniversaire de Nicko McBrain qui tombait ce soir-là.

 

Au niveau de la qualité sonore, on peut noter quelques couacs en début de concert, surtout au niveau vocal, heureusement vite paliés par l'enthousiasme d'un public qui connaît tous les textes par coeur ! Un excès de réverbes sera également à déplorer tout le long du show, rendant le son par moments brouillon et dans la fosse parfois à la limite du supportable, même avec de bonnes protections. Si la prestation des musiciens a été dans l'ensemble irréprochable, il est dommage que ce problème technique empêche de réellement rentrer dans le concert.

 

Comme je l'ai dit, cette tournée est calquée sur la tournée de promotion de l'album "Seventh Son of a Seventh Son", il est donc logique que près d'un tiers de la setlist lui soit consacré. Au titre éponyme – interprété avec une mise en scène particulièrement grandiose – et à "Moonchild" s'ajoutent donc "Can I Play With Madness", "The Clairvoyant" et "The Evil That Men Do", morceaux tout aussi explosifs que les classiques intemporels que sont "Run to the Hills", "Wasted Years" et "2 Minutes to Midnight".

 

"Fear of the Dark" n'est pas vraiment une surprise, car même si c'est un morceau anachronique par rapport au thème de la tournée, il ne peut pas ne pas être joué en concert. La véritable surprise de la soirée aura été par contre "Afraid to Shoot Strangers", unanimement acclamé dès les premières notes, bien que ce soit l'un des morceaux les plus obscurs et les plus progressifs de leur discographie. C'est ce qu'on appelle un tour de force.

 

La sortie de scène se fait, elle, sans surprises avec " Iron Maiden", et le rappel se fait avec "Aces High" – qui était le morceau d'ouverture de leur concert de 2008, le retrouver en fin de set m'a semblé assez étrange – suivi de "The Evil That Men Do" et "Running Free" et... c'est tout ? Pas de "Hallowed Be Thy Name" ? Et bien nom, le traditionnel morceau de clôture n'a pas été joué ce soir-là.

 

Au final, le spectacle était assuré, du grand IRON MAIDEN comme on a l'habitude de les voir, même si la qualité du son n'était pas optimale et le final légèrement décevant en raison de l'absence d'un morceau culte. On retiendra surtout une performance énergique, un public d'humeur explosive, et des litres de sueur déversés dans la fosse. J'en profite pour dire que, les ayant vus en fosse et en gradins à Bercy, je recommanderais à ceux qui le peuvent de préférer une place en gradins. Le son y est de meilleure qualité, la scène y est bien plus visible, et on n'y perd que très peu en ambiance, puisque personne n'est assis dans les gradins !

 

BrocasHelm


 
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