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ANATHEMA + Astra le 29/10/2012 au Transbordeur (Lyon)

En cette froide soirée de fin octobre 2012, ce sont environ 400 personnes qui ont fait le déplacement pour voir ANATHEMA défendre sur scène son dernier et magnifique album « Weather systems ». C'est donc dans un Transbordeur en petite configuration que va se produire le groupe anglais. Et même si on aurait aimé une affluence plus importante au regard de la qualité du combo, on ne peut que se réjouir de la proximité qui va s'installer entre musiciens et public.

La première partie de la soirée est assurée par les américains d'ASTRA, groupe de rock progressif qui vient de sortir son deuxième album.
Musicalement, l'influence du géant PINK FLOYD plane sur des compositions longues, très typées 70's (sons de claviers vintage, voix éthérées).

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Difficile cependant de profiter de la musique du combo tant le son est fort, ce qui devient vite désagréable, surtout avec une musique déjà assez psychédélique (batterie épileptique, claviers prédominants, guitares criardes,...) et difficile d'accès. C'est donc sans rappel et sous des applaudissements polis que les musiciens prennent congé après 45 minutes de concert, avant que des roadies et techniciens efficaces ne changent le plateau.

Changement d'ambiance radical dès que les lumières s'éteignent et que les musiciens d'ANATHEMA investissent la scène sous les vivats d'un public tout entier acquis à sa cause. Il faut dire que le groupe, après une longue absence, est revenu au sommet de son art avec le diptyque « We're here because we're here » et « Weather systems » (cf nos chroniques de ces deux chefs-d'oeuvre ici et là), et qu'on peut logiquement s'attendre à ce que la setlist de ce soir soit en grande partie composée de titres issus de ces deux disques.
C'est donc fort logiquement que le groupe attaque son set avec les deux « Untouchable » (part 1 et part 2) qui ouvrent « Weather systems », et qui confirment sans mal tout le potentiel scénique d'ANATHEMA.

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Le son est clair, précis, et permet de profiter des nombreux effets (voix, claviers,...) de manière optimale. Quant au groupe, il est tout simplement magistral. Danny (guitare, chant) multiplie les facéties (il harangue régulièrement un public qui lui mange dans la main, prend la pose pour les photos, se lance dans une (trop) courte impro du « Smooth criminal » de MICHAEL JACKSON, offre son médiator à un jeune fan posté sur les épaules de son père,...), ce qui ne l'empêche aucunement d'éclabousser de sa classe et de son jeu de guitare lumineux l'ensemble de la soirée.
John Douglas est impérial derrière ses fûts, Jamie fait sonner sa basse avec puissance, et le récemment recruté Daniel Cardoso (claviers) semble faire partie du groupe depuis toujours tant il a l'air à l'aise, aussi bien musicalement qu'humainement, avec le reste des musiciens (qui le saluent d'ailleurs à plusieurs reprises).
Quant à Lee Douglas (chant) et Vinnie (chant, guitare), leur prestation est absolument irréprochable (Vinnie chante mieux que jamais), et leurs voix se complètent à merveille, légitimant par là même la place grandissante qu'occupe la vocaliste dans le groupe (il faut écouter l'émotion incroyable que la chanteuse dévoile sur « A natural disaster », par exemple).

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Après « Untouchable part 1 & part 2 », le combo enchaine 3 extraits de « We're here... » (« Thin air », le magnifique « Dreaming light » et le plus rock « Everything », aux harmonies vocales parfaitement retranscrites par les deux vocalistes), avant que Vinnie annonce des morceaux plus anciens, tous issus de Judgement (« On dit jugement, en Français », s'amuse à reprendre un Danny intenable). L'efficace « Deep », le Floydien « Emotional winter » et « Wings of God » ravivent quelques bons souvenirs aux plus anciens fans présents.
Retour aux derniers albums avec le mid-tempo « A simple mistake » (« Un morceau composé par notre batteur », explique Vinnie), le lumineux « Lightning song », magistralement chanté par une Lee impeccable, puis l'électro « The storm before the calm », irrésistible en live avec sa rythmique plombée et son final tellurique.

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Place ensuite à un passage plus calme et mélancolique, domaine dans lequel le groupe est passé maitre depuis longtemps, avec « The beginning and the end » et « Universal ».
Premier extrait de « A natural disaster », « Closer », et la voix modifiée de Vinnie (qui passe pour l'occasion aux claviers), est chaudement applaudi par un public connaisseur, avant que le poignant « A natural disaster », magnifiquement interprété par Lee et Vinnie, et au début duquel Danny demande que la scène ne soit éclairée que par les lumières des portables du public, ne fasse parcourir un frisson sur l'assemblée. Frisson prolongé par un « Flying » exceptionnel car terminé par une boucle de guitare de Danny et sur lequel le public chante comme un seul homme pendant que le groupe se retire.

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C'est déjà le moment des rappels avec « Internal landscapes », à la fin duquel Vinnie remercie son auditoire avec chaleur et sincérité (« C'est grâce à vous que nous pouvons vivre, alors merci à vous de nous offrir ce cadeau si spécial »). Et d'enchainer avec le bien nommé « One last goodbye », dernier extrait d'un "Judgement" bien représenté ce soir.
Longuement applaudi, le groupe reste sur scène et offre en cadeau à ses fans un « Fragile dreams », unique morceau d' »Alternative 4 », très rock et qui enflamme littéralement la salle !

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Vous l'aurez compris, ANATHEMA nous a offert ce soir un concert d'une qualité exceptionnelle  (interprétation, production, attitude scénique). Mais ce qui restera peut être dans les mémoires, c'est l'enthousiasme, la complicité et la bonne humeur communicative de ces musiciens aussi humbles que talentueux.
Et quelle setlist ! Au final, le groupe aura joué pas moins de 19 chansons, dont plus de la moitié issues de ses 2 derniers albums en date, pour près de 2H15 de concert !!

Grand, grand moment.

Vega

- Un grand merci à Base prod pour l'invitation et pour l'organisation de cette soirée -

Cette chronique est dédiée aux fans d'Anathema présents ce soir là, en espérant qu'elle leur rappelle de bons souvenirs, et à ceux qui n'ont pas pu venir, en espérant leur avoir un peu fait partager cette belle soirée.

 
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