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BRANIKALD "Réédition 2011" (Russie)

BRANIKALD Réédition 201Le monde du métal est extraordinaire. Extraordinaire car il est tellement vaste et contient tant de trésors, que son exploration requiert une vie entière.

C’est pourquoi des milliers de cds s’entassent chez moi et aussi pourquoi mon compte est si souvent à sec. Car d’une découverte on passe à une autre et ainsi de suite, à la recherche du précieux cd limité à 14 exemplaires et sorti il y a plus de 10 ans sur un obscur label décédé depuis bien longtemps.

Car c’est aussi ça qui fait le charme de certaines productions : le mal que l’on se donne pour les trouver, et la joie de posséder un album génial qui est totalement introuvable…Pourquoi ce long préambule me direz vous ? Et bien parce que ma rencontre avec BRANIKALD s’est faite dans de pareilles circonstances. Lorsque j’ai découvert TEMNOZOR au début des années 2000 je me suis penché avec beaucoup d’attention sur la prolifique et très underground scène russe. Le label qui montait à l’époque (enfin pour le milieu j’entends), Stellar Winter, proposait de nombreuses productions issues d’une sorte de congrégation du black underground russe : BlazeBirth Hall.
Les sorties des groupes provenant de BlazeBirth Hall étaient, et sont encore, aussi radicales sur le fond que sur la forme, en plus clair autant au niveau du contenu que de la musique. Mon attrait grandissant pour cette scène cachée pour nous autres, européens de l’ouest, m’a fait m’intéresser de près à la plupart de ces groupes, qui, pour la plupart également, proposaient et proposent encore des disques monstrueux (notamment NITBERG, FOREST et RAVEN DARK). Ayant de nombreux contacts à l’est et particulièrement en Russie et en Ukraine, j’ai réussi à obtenir de nombreux articles totalement introuvables sur le marché, si bien qu’avec l’aide de quelques ami(e)s, j’ai rassemblé pratiquement l’intégralité de la discographie de BRANIKALD. Je dis pratiquement car il y a encore des albums autoproduits au début des années 2000 qu’il était totalement impossible de se procurer, mis à part en téléchargeant les albums, ce que je me refuse à faire depuis toujours.

Mais, et oui car heureusement il y a un mais, en cette fin d’année 2011, BlazeBirth Hall (qui maintenant ressort certains albums des groupes qui en font partie) nous a fait un joli cadeau de noël: une superbe réédition digipack d’un obscur album sorti en autoproduction en 1999/2000 et limité alors à un nombre famélique de copies ! Rassurez vous, le tirage est toujours très limité et vous ne trouverez ce disque qu’auprès de certains vendeurs russes (si vous souhaitez le commander ou avoir accès à d’autres produits de BlazeBirth Hall n’hésitez pas à me contacter). Underground pour toujours…

Bon tout ça c’est bien beau, mais après une telle intro, les rares lecteurs à ne pas s’être endormis ne savent toujours pas de quoi est faite la substantifique moelle, à savoir la musique de BRANIKALD, et en particulier celle de l’album qui nous intéresse, « Раздувая Тинг Ветров ».

BRANIKALD pratique un raw black métal qui est difficilement descriptible. Disons que le son et la production sont râpeux et que ce disque s’adresse à un public averti. Si vous croyez écouter du vrai black métal qui grésille et que vos groupes préférés sont DARKTHRONE, BURZUM, ou encore HORNA et BEHEXEN alors il va vous falloir un certain temps d’adaptation…pour les autres, vous pouvez sortir et oublier cette chronique, il est trop tard…

Tout d’abord je tiens à préciser que les deux premières démos de BRANIKALD, à savoir « Stormheit » et « To Kampf », sont respectivement sorties en 1994 et 1995. Vu le niveau de qualité de ces productions, on se dit qu’à l’époque ou des églises brûlaient en Scandinavie, ça bastonnait aussi sévère en Russie. Bref, c’est juste un petit intermède historique pour replacer les choses dans leur contexte et rendre la légitimité à cette belle scène de l’est. Mais bon je m’égare, « Раздувая Тинг Ветров » donc.

Cet album contient tous les ingrédients standards de BRANIKALD : un son ultra low-fi, qu’il est, je pense, impossible d’obtenir aujourd’hui même en s’enregistrant avec son portable dans sa cave ; des guitares grésillantes lugubres et atmosphériques à souhait ; une batterie lointaine et sous-mixée ; une basse heu…non pas de basse ; mais surtout, surtout, cette voix caverneuse et vindicative qui rend toute la puissance à ces compositions maléfiques (attention point ici d’enfantillage satanico-juvénile, on est dans du contenu sérieux, sur lequel je ne reviendrai pas, à chacun d’avoir sa propre opinion, ici on parle de musique).

L’écoute de cette œuvre se pratique comme un voyage, triste, désenchanté, mélancolique. Les titres sont en moyenne très longs et développent des atmosphères répétitives, dont la noirceur n’est percée que par les hurlements déchirants de Kaldrad. Cet album se savoure dans son intégralité et nécessite de la part de l’auditeur un effort pour se plonger dans son univers particulier. Comme toutes les productions du groupes, ce disque est difficile d’accès mais tout de même nettement moins que les premiers.

Cela à beau être mon onzième album de BRANIKALD, je retrouve toujours le même plaisir à l’écouter, le ressentir, le faire vivre en moi. Certes, les barrières sont nombreuses avant de pouvoir apprécier ce disque et bien peu feront l’effort de se mettre dedans. Pour les autres, ceux qui comprennent la démarche de Kaldrad, et sont habitués aux productions du BlazeBirth Hall, alors le voyage n’en sera que plus beau…

Sunwheel

 


Date de sortie: 2011

Label: BlazeBirth Hall (réédition 2011)

Style: Raw Black Métal atmosphérique

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