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AGNOSYS "Alterations" (France)

AGNOSYS AlterationsLa fausse promesse, voilà un ingrédient amer que distillent certains puits reliés aux sources de la Musique ; ces puits qui nous assure réconfort et naturelle subsistance sensitive, spirituelle, au grès de notre marche sur le Chemin.

Combien en ont lu, entendu, pris en compte –à leur grand désarroi- pour prendre conscience, plus tardivement, qu’ils ont été floué et trompé ?

Que les grandes envolées lexicales pour promettre, au nom de tous les grands dieux réunis (Rah ! ça doit leur faire une belle jambe à cette –très- grande congrégation), que tel groupe apporte des kilo-tonnes, des hecto-litres de Puissance, de la Musicalité, de la Passion, des soli inspirés, blablabla.. Vous connaissez toutes et tous ces mensonges.

Si certains donnent de la confiture aux cochons, certains donnent de la chair humaine bouillie à ces pauvres bêtes. Triste scandale !
Lors de ma découverte d’AGNOSYS, j’ai craint de me retrouver face à un tel cas (pas à cause des mots, ils restent très modeste dans la description de leur Art, mais à cause des références de choix. DISSECTION, MONSTROSITY, OPETH, voyez plutôt ! Le triumvirat par excellence pour vivre heureux sur une plage déserte avec juste un Discman marchant à l’énergie solaire) mais après avoir mis leur dernier opus sur ma platine. Je fus tout simplement ébahi.

Du groove, de la rage, de la musicalité, de l’évocation, du lyrisme, de la Toute-Puissance, ce sont les ingrédients fondamentaux de ces huit titres classieux (pour presque une heure de délectation).

Il est très intéressant car pour chaque être essayant de parler de ce disque, il pourra commencer sur une facette qui ne sera assurément pas la même que son voisin. C’est, je le crois, une preuve que ce disque mérite l’attention des Metalheads.

Pour ma part, la première chose qui m’a touché, ce fut le mixage très fin entre les deux guitares et la basse (dans ces trois instruments, aucun n’écrase l’autre et la batterie est juste au bon niveau pour que l’auditeur perçoive chaque nuance sans avoir les tympans malaxés par les blast-beats au détriment des autres instruments). Le changement impérial d’ambiance que l’on dénote au milieu de « From The Heights, From The Depths » est l’élément qui m’a arrêté l’oreille et fait comprendre qu’il y avait vraiment un élément passionnant dans cette Musique.

On était parti dans une croisade, sans Foi ni Loi, vraiment rude de caractère et hardi d’entreprise. Une forte coloration Death Metal (mais je pense au côté new-yorkais hargneux et tatoué ou le côté guerroyeur de Tampa, Floride (ANGELCORPSE en tête) ) enluminait le tout ; dès que les murs disparaissent, dès que les faux-soleils, la plasma qui transmet les informations dévoyées disparaissent à l’horizon, un vent froid souffle et un Appel étreint l’auditeur ! Il y aura peut-être un moyen d’être sauvé ! Sentiment qui nous le confirme encore plus quand intervient la voix claire (qui a petit air que Mikael Åkerfeldt (OPETH) peinerait à renier), enrobée d’un chœur du plus bel effet qui soit (les chœurs reviendront aussi sur « Tantalos » mais se dotant d’une tessiture presque grégorienne).

Il serait bien dommage d’arrêter ici notre course et de nous ranger sur le bas-côté ! Ce n’est que la première chanson. Allons ! Répondons à l’Appel !

Si le travail des guitares sont intéressants car en perpétuel mouvement au niveau des techniques les plus diverses ; que se soit les balayages rapides, les bends spatiaux lors des soli, harmoniques artificielles, les arpèges limpides ; il y a la basse (chose peu habituelle dans ces genres de production) qui a une place prépondérante ; même si on sent, dès la première chanson, qu’elle n’aura pas le rôle classique qu’ont les basses dans le Black/Death mélodieux. On l’entend vraiment éclater sur l’intro de « Toward A Crimson Gorged Progeny » où elle vient faire claquer ses semelles contre la caillasse, jouant de manière agressive -presque rustre-, a contrario, elle s’honorera de quelques passages plaisants et sensible par son jeu et son touché (le phrasé dans les aigus, presque jazzy, sur la fin du premier tiers de «Toward A Crimson Gorged Progeny » est autant touchant que surprenant ou le groove final et qui drive à fond dans les basse et qui nous rappelle certains moments fougueux de CYNIC (du temps de Mark Van Erp à la basse (qui fut aussi le bassiste de MONSTROSITY lors de leur meilleur année, comme quoi..) ou la partie en Slap simple mais ultra rageuse et groovy sur le dernier tiers de ce même titre.

S’il y a des lignes de basse qui pourraient surprendre l’appréciateur de Musique extrême un peu mainstream, il y a tout autant des passages presque glorieux où l’on entend les guitaristes fouetter leurs guitares en son clair, alors que la batterie part en Blast-Beat (chose surprenante mais cohérente dans l’ensemble du morceau), des chœurs pour relever (et donner un surcroit d’emphase) aux vocaux clairs, des chants clairs rageurs qui évoquent de lointains échos de Power Metal finlandais, les puissants growls sur un arpège clairs entouré de masses noirâtres sur « Sons Of The Void » et sur ce même titre, on notera un astucieux clin d’œil au CANNIBAL CORPSE de Chris Barnes.

Ça serait une grande folie de ma part de taire le titre funèbre en diable : « Le Lac » qui a la particularité d’être chanté en français (en entendant le type de chant, on ne peut que penser à MISANTHROPE pour l’inspiration) et d’avoir un « refrain » (et encore parler de refrain est un vrai blasphème pour un groupe qui alterne des ambiances et des nuances diverses et cohérentes entre elles sans l’ombre d’une faute de goût) catchy en diable que l’on se surprend en train de la chantonner sous la douche.

Bref ! Je vais boucher le cours de mes paroles ici car je pourrai en parler encore pendant des heures et des heures de cet album. Il m’a vraiment ébahi et transporté pendant de longues périodes. Je pourrai donner la lointaine impression de radoter sur des caractéristiques minuscules mais c’est une erreur de penser cela. Dans le prologue de cette chronique, je parlais de scandale et de confiture... Non ! Le réel scandale, ici, c’est qu’AGNOSYS ne soit pas plus connu dans la scène Metal francophone ! J’espère que ce premier album (signé chez le même label que CARCARIASS, il y a décidément des gens qui ont du flair !) saura les faire émerger de l’ombre. Ça serait dans le plus naturel des mérites !

Magnus

 

Date de sortie: 2011

Label: Great Dane Records

Style: Black Death progressif

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