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CULT OF ERINYES le 07/06/2011

CULT OF ERINYESInterview réalisé par mail.

 CULT OF ERINYES vient de sortir sont nouvel album « A Place To Call My Unknow » via le label LADLO Productions. L’occasion pour nous d’en apprendre un peu plus sur le groupe. Corvus (guitares, basses, keys, sample et composition) et Mastema (Lyrics et Textes) se sont prêtés au jeu des questions / réponses.

 

 

 

 

 

1- CULT OF ERINYES sort aujourd'hui son premier album "A Place To Call My Unknow", pour ceux qui ne connaissent pas encore votre groupe, peux tu nous faire une petite présentation.


Corvus :Cult of Erinyes est un trio de Ritualistic Black Metal fondé fin 2009 par Mastema, Baal et moi-même. Nous avons chacun évolué dans divers projets (dont un commun) avant de donner vie   au Culte, mais je crois pouvoir dire que nous avons créé avec Cult of Erinyes l’entité qui nous définit le mieux. Preuve en est qu’en seulement quelques mois, nous en sommes déjà à un EP (Golgotha) et un cd, qui vient donc de sortir chez Les Acteurs de L’ombre Productions. Bien que nous ayons un aspect traditionnel prononcé musicalement, je crois que nous avons aussi une identité forte qui continuera de se développer dans le futur.

2- Vous avez choisi le label Français LADLO Productions pour la distribution de votre album. Beaucoup de groupes cultes de Black Metal avaient signé chez Osmose Productions, autre grand label de musique extrême Français. Qu'est cela représente pour vous?

Corvus :Etre signé sur un label qui te soutient comme le fait les Acteurs de L’ombre Productions, cela représente une immense satisfaction, car cela me permet de me focaliser sur la musique. Le nom Cult of Erinyes est en train de bien se répandre, et ça, je le dois à LADLO, j’en suis conscient. Un groupe te dira qu’un label n’en fait jamais assez, mais crois-moi, le team de LADLO fait bien plus que ce que j’espérais pour un premier album. Il est évident que la France a pas mal de bons labels, et derrière les gros noms, il y a des labels comme LADLO qui sortent plus de qualité (je fais ici allusion à Pensées Nocturnes et pas au Culte, libre à chacun de juger) que de quantité, et je me retrouve totalement dans cette démarche.


3- Quels sont les termes abordés dans "A Place To Call My Unknown" et d'où vient le nom de votre groupe ?


Mastema : Le nom du groupe vient de la mythologie grecque. Les Erinyes (l'équivalent des Furies dans la mythologie romaine) étaient les déesses de la persécution. Nous voulions d’autre part adopter une symbolique de la trinité. Les thèmes abordés sur A Place to Call My Unknown n'ont, par contre, rien à voir avec tout cela, si ce n'est sur le titre "A Thousand Torments". Les paroles de l'album traitent à la fois de convictions personnelles et d'événements liés de près ou de loin à l'Histoire. L'individualisme, pris dans un sens purement intellectuel, est un thème récurrent. Le refus des réalités qui n'en sont guère, des croyances factices, de cette myriade de leurres et de mensonges auxquels on fait face quotidiennement, et bien sûr l'encouragement à cultiver un esprit critique sont autant d'éléments qui se retrouvent dans nos morceaux. Passionné d'histoire, j'aime mêler ces choses-là avec des faits historiques. Ce qui ne m'empêche, par ailleurs, de proposer également certains récits fantasmés ou oniriques.
Corvus : La question des thèmes se retrouve à deux niveaux au sein du Culte. Il y a le niveau textuel que vient d’expliquer Mastema, et avant cela, il y a des thèmes que tu retrouveras dans la musique. C’est bien entendu là un aspect  plus personnel, car moins tangible pour  l’auditeur ; il n’y a pas de « mot » pour le guider, mais seulement des notes de musique. Cependant, je pense que l’auditeur averti percevra à travers la noirceur de certains passages les thèmes qui me servent de guides…


4- Comment se passe la composition des chansons, chacun apporte ses idées et vous retenez les meilleures ou chaque membre du groupe à une tâche bien définie, un qui écrit les textes, un autre s'occupe des parties rythmiques etc.......


Mastema : Notre méthode d'écriture est très simple. Corvus compose tous les morceaux et en réalise des maquettes qu'il soumet alors à Baal et à moi-même. Tous les arrangements et corrections éventuelles sont alors discutés ensemble. Corvus est un compositeur prolixe, il n'arrête pas de créer. Il est d'ailleurs déjà bien avancé dans la composition du second album. Cette qualité est précieuse car cela nous permet d'avoir un excédent de titres et donc de n'en retenir que les meilleurs. J'aime cette façon de travailler. Quant aux textes, c'est moi qui m'en charge, après avoir défini les thèmes. Ce processus-là est moins spontané, bien plus long que la composition musicale, ce qui est normal. L'un est un exercice "organique", l'autre intellectuel.

5- Il est encore un peu tôt pour faire un jugement, mais au vu des bonnes critiques qu'on peut lire sur le net, est ce que les ventes de votre premier album sont satisfaisantes ?


Corvus :Est-il encore opportun de parler de vente lorsqu’on parle d’un style musical qui va à l’encontre d’un système où l’apparence prévaut sur l’essence au sens le plus noble du terme ? Suis-je là à te parler pour augmenter les ventes du cd ou pour évoquer brièvement  ce qui compte le plus à mes yeux ? Nous n’avons JAMAIS pensé en termes de chiffre pour le Culte, car cela tuerait tout simplement la raison d’être du groupe, qui va bien au-delà des règles du marché de la déjection auditive et au-delà de tout lien avec le « matériel ».  Pour répondre à ta question, l’album a été pressé à mille exemplaires physiques. Je suppose qu’un jour, ce pressage sera épuisé. Et j’espère que chaque possesseur aura le sentiment d’avoir en ses mains un objet.

6- Votre album a été masterisé par Phorgath (bassiste du groupe ENTHRONED), comment s'est passé l'enregistrement ?


Mastema : Excellemment bien. Musicalement et humainement, la relation avec Phorgath est parfaite. C'est la première fois, je pense, qu'on a eu la chance de travailler avec quelqu'un qui comprenne totalement notre musique. Son expérience et sa proximité avec ce style musical en fait un partenaire de travail idéal. Son apport en idées et en expérimentations n'a pas été négligeable, et en tant que pur technicien, il est impeccable. Mais ce qui compte vraiment, c'est la passion pour cette musique, c'est ce qui fait toute la différence. Travailler avec Phorgath n'a rien à voir avec un "contrat" passé avec un professionnel qui se contentera de faire son boulot. Phorgath donne de lui-même, s'investit sans compter dans cette musique et dans son travail.
Corvus : Petite correction, l’album a été enregistré, mixé ET masterisé par Phorgath. Mastema a bien résumé l’état d’esprit de cette session d’enregistrement, où il n’y a jamais eu une once de tension, mais seulement le sentiment de créer un album assez radical avec un ingénieur du son qui partage la même vision de la musique que le Culte, ce qui fait qu’il n’y a pas eu de période de tâtonnement ou de découverte. Après seulement 4 jours, la batterie, la basse et les guitares étaient enregistrées, ce qui témoigne de l’excellent climat d’enregistrement d’une part, et de notre force de caractère d’autre part.


7-  Etes vous entièrement satisfait du résultat final et prévoyez vous de continuer à travailler avec lui ?


Mastema : Je ne serai jamais satisfait à 100% de quelque chose que je crée, mais c'est le plus souvent lié à la performance du groupe et de moi-même. On trouve toujours des choses qu'on aimerait refaire autrement, y compris dans la façon dont sonne un disque, mais nous sommes très satisfaits du travail de Phorgath sur A Place to Call My Unknown. A l'heure actuelle, il est encore trop tôt pour savoir où se déroulera le prochain enregistrement, mais je ne vois personnellement aucune objection à retourner au Blackout.

Corvus :Nous devrions en toute logique y retourner, car quand tu as le sentiment d’avoir trouvé « ton » studio, il ne faut pas tergiverser.  L’essentiel étant de rester prêt à tout détruire au moment d’entrer en studio. Et tant que ce sera le cas à l’idée d’entrer au Blackout, on y retournera.


  
8- La scène Black Metal a connu une période "glorieuse" dans les années 90, comment voyez vous la scène aujourd'hui et dans les années à venir ?


Corvus :La période glorieuse que tu cites a surtout été extraordinaire (au sens premier ) en termes de retombées médiatiques. Le Black Metal a fait parler de lui car les auteurs des « affaires » ont sorti durant les années 90 des albums d’une rare intensité. Le cocktail musical et extra-musical fut donc (littéralement dans certains cas) explosif. Mais d’un point de vue strictement artistique, Ordo Ad Chao est meilleur que De Mysteriis Dom Sathanas, et il en est de même pour Prometheus par rapport à In The Nightside Eclipse. Je ne sais pas s’il est approprié de parler de « scène », tout simplement parce que ce terme renvoie à des images de « camaraderie » digne du scoutisme et pas de l’Art Noir. Mais disons qu’il y  aujourd’hui beaucoup de groupes de grande qualité, alors qu’il y a 15-20 ans, ce cercle de groupes de qualité était bien plus restreint. En tant qu’art remettant en question les bonnes mœurs artistiques, le Black Metal se doit d’évoluer, le tout étant de trouver le bon dosage entre respect des traditions et audace artistique.

Mastema : Après quelques années de vaches maigres au tournant de la décennie '90 et 2000, le black metal est revenu en force. Aujourd'hui la scène internationale est très intéressante. Comme dans la plupart des styles musicaux, 90% des groupes font de la merde ou, tout simplement, de la musique qui ne me parle absolument pas. Mais dans les 10% restants, on trouve beaucoup de bonnes choses. C'est principalement dû à l'ouverture du black metal à de nouvelles régions. Je pense bien sûr à l'Europe de l'Est, avec des groupes comme Drudkh, Hate Forest, Mgla, etc., sans oublier les extraordinaires Negura Bunget ; mais aussi à la France, l'Autriche, l'Italie ou, en moindre mesure, à l'Angleterre. Globalement, peu de groupes américains me semblent vraiment intéressants, mais il y a des exceptions (Wolves in the Throne Room en est une). Bien entendu, la scène scandinave reste particulièrement foisonnante, entre vieux groupes "classiques" et nouvelles formations très prometteuses. La Norvège reste pour moi l'Eldorado du black metal. Ca peut sembler bateau, mais c'est comme ça, un bon groupe norvégien a toujours quelque chose de plus que les autres, selon moi. Au niveau stylistique, je pense que le black s'est également nourri de beaucoup d'influences "extérieures" et, là encore, il y a de très belles réussites. Donc globalement, ce style me paraît dans une forme excellente et j'ai beaucoup d'espoirs pour l'avenir. Ce n'est pas de moi que tu entendras des commentaires du style "la scène est corrompue, ils jouent tous pour du fric, etc.". Il faut ignorer ces groupes-là (car ils existent bel et bien) et ne se tourner que vers ceux qui en valent la peine. Et il y en a.

9- En parlant de scène, est ce qu'on aura bientôt l'occasion de vous voir jouer en live ? Un passage par la France ?


Corvus :Nous travaillons avec 2 musiciens supplémentaires et Dolmanseh (ami très proche du groupe, qui s’occupe d’une partie de notre aspect visuel) pour proposer des rituels live de qualité. Pour la France, il n’y a rien de confirmé à 100%, mais il n’est pas impossible qu’on y fasse l’une ou l’autre apparition. Que les personnes intéressées se tiennent au courant via myspace, facebook, et bientôt je l’espère un site internet représentant mieux le Culte que les « réseaux sociaux »…

10- Je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs


Mastema : Merci pour ton intérêt et pour cet entretien. Le Culte n'en est qu'à ses débuts, mais la suite des hostilités ne tardera pas...
Corvus : Merci à toi, et salutations à tes lecteurs.

 
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