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ABSTRACT CELL THEORY "Démo 2010" (France)

ABSTRACT CELL THEORY Démo 2010Paris ! Comme beaucoup d’autres endroits de part le monde, cette citée est une vaste réserve de pierreries mirobolantes de toutes tailles et –surtout- de toutes formes et éclats musicaux.
Un de ces brillants cailloux est nommé "ACT" et il vient directement d’un filon assez récent (car formé dans le milieu de l’année 2009) que l’on pourra identifier sous le terme de ABSTRACT CELL THEORY.

Dès le début, avec l’ouverture, l’oreille est en présence de deux ou de trois écoles (c’est une des bottes secrètes de la formation : cette capacité de brouiller les pistes, d’apporter de bien nombreux horizons au-devant des yeux –et des oreilles- de l’auditeur).

On décèle l’école anglaise avec ce son ouaté de clavier (qui nous rappelle sans aucune peine le DEPECHE MODE de *Construction Time Again* ou le THE CURE du tout début des années 80’) mais aussi cette guitare tranchante, rythmique et monobloc dans sa distorsion qui pourrait faire penser à du  RAMMSTEIN féru de fantaisies syncopées. On notera aussi une très vive influence de DEVIN TOWNSEND sur la coloration des leads de claviers et de guitares. On pourra concéder que c’est une aura qui marque très fortement cet EP 4 titres. Ah ! et oubliez PARADISE LOST (post- "Host") serait une erreur car leur influence est très grande et semble marquer la musique du quartet français, d’une manière profonde, de part les arpèges de clavier et de ce spleen très.. britannique.

Bon ! Je me suis bien gratté le ventre à chercher de nombreuses corrélations entre les influences d'hier et aujourd’hui ; je me suis aussi posé la question si on pouvait claquer des doigts en entendant une Musique qui prenait un malin plaisir à courtiser plusieurs parterres d’auditeurs, en s’activant avec ardeur à la forge pour couler les différents éléments dans un même moule.
Est-ce qu’ils pourront se permettre de marier le goudron séchant des guitare avec l’odeur du sucre glace marié et du coulis à la framboise sans que se soit trop écœurant (car je ne vous le cache pas, la mélancolie est présente mais pas déchirante, la voix est typé Metal mais elle est un peu légère, la batterie a des grooves métalliques mais elle est très en arrière du niveau du mix et les guitares combattent contre les claviers pour avoir la place tout en haut du mix. Ce qui fait que l’ensemble sonne très édulcoré et gentillet sur l’ensemble. Rien de très dangereux au final.. Je ne vous parle même pas du morceau caché, une sorte de délire technoïde qui n’arrive pas à m’arracher un sourire quand je fais la comparaison avec cela et le fait que plus en plus de groupes de Screamo, Malcore et Deathcore-en-culotte-courte essaient de coller des éléments d’électro et de dubstep sur des grooves de Metal. Non ! Vraiment, ce n’est pas cela qui va améliorer l’avis que j’ai sur ce groupe) ?

Prenons, tout de même, le temps de creuser un peu : ABSTRACT CELL THEORY officie dans un Metal très mélodique et leur œuvre est environnée de clavier, de guitares lourdes et rythmiques, et d’une voix claire qui pourrait se permettre d’être plus expressive et moins maniérée (« Lights of Confusion » avec les montées continuelles de voix sont sympathiques mais finit vite par user tout le plaisir que l’on pourrait avoir pour l’ensemble. La faute a un manque de charisme vocal ou une peine à être imprégné de la thématique du texte et, donc, d’y mettre du sein (on peut, tout de même, relever que les growls sonnent très numériques mais ils ont le mérite d’être bien exécutés).

A contrario, sur «Virtual Life », il y a bien plus de cœur, de volonté, d’images qui s’échappent de la voix que sur l’ensemble de l’album. A noter que la basse est véritablement sous-mixée (sauf à quelques endroits où on la discerne de justesse), ce qui a le don de m’irriter quelque peu car la batterie aurait gagné en groove et en nuance si la quatre-corde aurait été présente pour la soutenir.

Le groupe parisien est sur une bonne voie, je suis intimement persuadé qu’ils pourront faire vraiment mieux par la suite mais avec une voix plus communicative, plus empreinte de rage et de majesté (on a toujours l’impression que le vocaliste reste dans sa bulle. Il chante juste mais il ne fait pas l’effort de percer les parois qui l’entourent pour donner le message à l’auditeur. Ce qui créé une impression désagréable qu’il chante pour lui, qu’il se focalise plus sur un aspect technique que sur ce qui vibre en son cœur) et des structures, des ponts moins proches de PARADISE LOST ; quoique le pont de « Divided » est surprenant et très loin de l’attente que l’on pouvait s’en faire. Peut-être est-ce le miroitement d’un futur (plus ou moins) lointain ?

Magnus

 

Style: Métal Mélodique

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