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MAR DE GRISES " Streams Inwards " (Chili)

MAR DE GRISES Qui d’entre vous fut marqué, touché, interloqué et qui a frémi en découvrant ce groupe du Chili avec ces guitares amples et mélancoliques, ce chant plein de feeling et ces ambiances crépitantes, centrées sur les émotions emplies d’Ether ? Je reste persuadé qu’ils ne doivent pas se compter que sur les doigts d’une seule main. Auront-ils la force de transporter –une fois encore- leurs auditeurs, à la force de leurs cordes vibrantes ? Là, est la grande question et une des raisons de cette chronique.

Gardant, une fois encore, un line-up solide en parfait état de marche et gravitant autour de leur inébranlable chanteur et claviériste Juan Escobar, cet album fait suite à l’album *Draining the Waterheart* qui s’était permis de quitter les rangs du Death Metal peu commun des débuts pour se permettre de dévoiler des apparats plus progressifs et c’est véritablement la donnée qui risque de désarçonner l’auditeur qui n’aura connu que le premier album du groupe.

Si on se permettait l’audace de coller un mot pour résumer l’intégralité de ce disque (en ce point, je m’arrête car je me rends compte du caractère périlleux et un peu insultant de cette entreprise : comment pourrait-on résumer ce condensé de mélancolie, de groove et d’émotion en un seul et misérable mot ? Voyez ce mot plutôt comme une main altière qui passe au travers de la brume opaque qui vous entoure, vous enjoignant à faire le pas et en promettant que vous serez sous bonne garde pendant cette traversée à la fois étrange et fabuleuse), ça serait, sans hésitation aucune, le mot, fluidité.

Tant par l’aspect cohérent et coulant dans le passage entre deux titres, que par l’amplitude des textures instrumentales (on sent que celles des guitares ont vraiment été travaillées plus que de raison pour en faire sortir la toute-finesse et les harmoniques agréables à l’oreille (« Shining Human Skin »). Entendez, sur « Knotted Delirium » ces dissonances opiacées qui évoquent un cerveau cherchant des monceaux de réalité pour se raccrocher, à la sortie d’un rêve, à quelque chose de tangible), et la profondeur de la voix qui est tout simplement enjôleuse et onirique.


Tout cela ne veut pas pour autant dire que MAR DE GRISES ait tiré un trait sur le Metal extrême qu’ils jouaient auparavant (dans leurs évolutions, ils me font penser à OPETH). Il y a toujours des grunts bien sentis (« Sensing the New Orbit ») et des parties de double instillant des onces de dynamisme qui donnent envie de nourrir ses yeux de bans de brouillard grands et intimidants comme des océans ou des tempêtes de neige avec ses sifflements qui annoncent l’arrivée de l'hiver.


Il faut juste accepter l’évolution de MAR DE GRISES, essayer de percevoir, tenter de voir au-travers du voile. Peut-être sont-ils devenus plus accessibles ? Plus doucereux ? Plus faciles à l’écoute ? Peuh ! Futilité que tout cela ! Ils n’ont pas perdu la capacité de communiquer, de faire rêver, d’évoquer et d’agrandir les yeux de l’auditeur pour lui faire percevoir des paysages qu’ils ne voyaient pas quand le disque ne tournait pas. C’est là que se trouve l’essentiel de leur qualité !

Je me souviens quand j’avais écouté ce disque au casque, pour la première fois, cela m’avait donné l’impression d’être dans une étendue d’eau, couché sur le dos, le sens de l’audition amoindri par l’eau dans les canaux auditifs et le regard rivé vers le ciel étoilé. Assis dans mon fauteuil, je ne percevais plus le monde gris autour de moi, il n'y avait que ces arabesques de couleurs profondes et de volutes fascinants de part et d’autre. Mon cerveau n’entendait plus mes soucis coutumiers et mes petites angoisses communes. Tout était neutralisé. Le cerveau était devenu sourd à ces petites commères qui susurrent le déclin et le trépas, à chaque seconde de l’existence.

Mes sens se déphasaient. Mes yeux entendaient les vibrations et mes oreilles voyaient les paysages se dessiner les panoramas qu’inconciemment, je ne faisais qu’ignorer, auparavant. Enfin ! Le voyage commençait !

Magnus

 

Date de sortie: 2010

Label: Season Of Mist

Style: Doom Métal

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