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Interview réalisée par mail avec Vassago, le guitariste.
Quand Thundering décide un jour de 2007 de signer Nedra le label Français sait ce qu'il fait. Ce groupe est un parfait mélange de ce qui se fait de mieux dans le kaleïdoscope du métal hexagonal. Véritable concentré d'influences diverses et variées vous ne devez pas passer à côté de ce nouveau disque chanté dans la langue de Montaigne et qui tournera en permanence dans votre lecteur cd une fois acquis. . 1) Allez du classique , un p'tit historique du groupe… Vassago : Nedra c'est déjà presque 10 ans de rock, il serait difficile de tout résumer ici. Disons juste que nous avons eu un peu de mal à trouver un batteur qui reste avec nous, il faut dire qu'on demande beaucoup de travail, que nous avons choisi de prendre notre temps pour sortir un premier album et ce pour deux raisons : la première est financière, il nous fallait les fonds pour arriver au résultat que nous nous étions fixés, la seconde c'était pour attendre d'avoir la maturité nécessaire artistiquement parlant pour éviter certains pièges. Une démo est sortie en 2000 avec trois titres, elle nous a permis de trouver un public underground et de démarcher les concerts. Aujourd'hui nous sortons "D'un Extrême à l'autre", notre premier bébé et nous souhaitons le faire découvrir au plus grand nombre possible !
2) En écoutant votre album ce qui m'a charmé c'est votre panel d'influences qui sont diverses. Dans cette démarche, cherchez-vous à «ratisser» large ou est-ce vraiment l'inspiration qui vous vient de cette manière le plus naturellement du monde ?
Vassago : En fait je pense que c'est une question de liberté. Aujourd'hui la musique se veut formatée pour entrer dans une petite case bien pratique pour vendre un produit. Combien d'albums ne sont basés que sur un rythme ou un tempo par exemple ? Nous aimons la variété, le lissage trop important nous ennuie. Sans complètement refuser ça lorsqu'artistiquement c'est nécessaire, nous souhaitons tout de même ne pas en devenir esclave. Plutôt que de nous enfermer dans un style, nous profitons de notre liberté pour faire un peu ce qui nous passe par la tête. Alors ça peut paraître sympa mais ça a aussi un inconvénient, pour que tout reste cohérent et ne perde pas l'auditeur, il faut trouver un son commun à tout l'album et ça demande pas mal de temps, surtout lorsqu'on a pas l'expérience d'avoir une discographie de 5 ou 6 skeuds derrière nous.
3) Les paroles sont très acides envers la société. Penses-tu que leur compositions soient essentielles à la « philosophie » de votre groupe ?
Vassago : Non, en fait on est plutôt des trublions rigolards toujours à l'affut d'une connerie à dire. Mais lorsqu'on fait de la musique, on le fait avec sérieux, c'est peut être pour ça que nos textes le sont aussi. Mais je ne trouve pas nos textes si acides que ça, comparé à d'autres, je préfère nous voir comme des observateurs que comme des dénonciateurs. Nous nous efforçons de juger le moins possible, même un titre comme "Arriviste" ne fait que décrire une dérive humaine. Plus que la colère, c'est un genre de tristesse par rapport au monde qui nous entoure où nos paroles prennent leur inspiration. En gros, le message serait plus "alors les gars, quand est-ce qu'on arrête les conneries ?" plutôt que "je vous hais tous, vous qui faites la société".
4) Pour moi le titre le plus fort de cet album est le morceau d'ouverture "D'un extrême à l'autre", qu'est-ce qu'il représente pour vous ?
Vassago : C'est un grand cri de douleur au niveau du texte et une incompréhension totale face aux dérives que la religion peut engendrer. Croire en dieu devrait être quelque chose de positif et nous nous entretuons pour lui. C'est d'autant plus triste que personne ne peut dire aujourd'hui si tout ceci n'est pas fait pour rien. Et si Dieu n'existait pas ? On aurait l'air malin tiens ! Se battre pour des chimères voilà ce que l'homme sait faire de mieux. Ce texte est important pour nous et le titre de l'album s'est tout de suite imposé à nous car il résume assez celui-ci. Pour la musique, c'est un mélange de vieux et de neuf, des riffs bien rock 'n roll renforcés par une production assez moderne avec un break inspiré directement de la comédie musicale américaine. Elle résume à elle seule la largesse de nos influences.
5) Considères-tu cet album comme celui qui révèlera Nedra au public en général ?
Vassago : ça, seul l'avenir nous le dira vraiment. Mais vu que c'est notre tout premier, il aura certainement un impact, il ouvrira la voix aux suivants. Il nous permet de gravir une marche et non des moindres, celle de montrer de quoi nous sommes capables par nos propres moyens. J'espère qu'il saura être apprécié pour ce qu'il est, un premier pas sérieux qui permettra de faire dresser quelques oreilles.
6) Vous êtes signé sur une structure assez typé métal, vous sentez-vous proche de ce style ou vous vous inscrivez plus dans une démarche artistique rock ?
Vassago : Notre truc c'est le rock surtout ! Non pas que nous n'avons pas d'influences métalliques, bien au contraire, mais malgré sa richesse, je pense que son carcan est trop limité pour tout ce que nous voulons exprimer. Mais indéniablement il y a du metal dans notre musique. Gofannon, notre label, nous laisse une liberté, celle de faire nos propres mélanges, à mon sens ils ont compris que nous nous inscrivions dans une démarche plurielle où le metal a sa place sans pour autant en être la grande vedette.
7) La pochette de ce nouvel opus : qui l'a réalisé et quel message voulez-vous faire passer à travers elle ?
Vassago : La cover a été réalisée par une personne qui commence à faire parler d'elle dans le petit monde du rock français : ESS. Il est également à l'origine de pochettes de groupes comme E-Force, Elvaron, Angalys, Akroma, Satan Joker, Ever Since... Nous l'avons choisi parce qu'il bosse vite et bien, qu'il est bourré d'idées et que c'est un ami. Pour juger de tout ça on peut voir son travail là . Concernant le message nous avions déjà le titre de l'album, il ne nous manquait plus qu'à trouver une idée pour le mettre en image. La régression pour contrebalancer l'évolution, ça collait assez au message que les textes développent tout au long des morceaux se trouvant sur le skeud. On a trouvé ça assez fun, une sorte de pied de nez, il faut plutôt le prendre avec humour. En plus le rock a toujours eut une réputation controversée, d'où l'idée d'une régression et le rock c'est notre truc.
8) Vous avez participé à un festival organisé sur Paris par Gofanon, quelles expériences en avez-vous tirées ?
Vassago : On en a retiré qu'il est vraiment agréable de jouer dans de bonnes conditions. Didier Chesneau, le producteur de notre album est venu pour faire le son, une scène sympa, un éclairagiste de talent, ça vous donne des ailes. Les reports sont plutôt bons concernant cette date, je pense qu'on s'en est bien sorti. Mais il nous reste encore des progrès à faire et heureusement, c'est motivant d'avancer toujours un peu plus loin à chaque fois. Notre prestation a été filmée, il y aura peut être de quoi se rattraper pour ceux qui ont raté la fête.
9) Vous vous êtes formés en 1997, pour quelles raisons avoir attendu dix ans pour sortir un album ? Pensez-vous que cette période était nécéssaire pour que votre son mûrisse au mieux ?
Vassago : comme je le dis dans ma première réponse un peu plus haut, nous voulions être prêt à produire un premier album qui sonne. Nombres de groupes de talents ne sont pas pris au sérieux sur un premier album à cause d'un son un peu pauvre ou d'une mise en place hasardeuse dû au manque d'expérience, de temps et de moyens. Pour palier notre manque d'expérience, nous voulions nous donner des moyens professionnels, nous entourer de quelqu'un qui pouvait nous tirer vers le haut, le tout avec des outils à la hauteur de nos attentes. Ce genre de service a un coût et pour être à la hauteur de l'investissement nous nous devions d'être artistiquement au niveau. Nous avons donc pris notre temps et je pense que nous avons bien fait, que cet album marche ou non, que notre musique plaise ou non, nous n'aurons jamais à en rougir.
10) Vous chantez en Français, pourquoi ce choix et ne pensez-vous pas que cela vous ferme quelques portes à l'étranger ?
Vassago : Chanter en français s'est un peu imposé comme quelque chose de logique. Nous voulions pouvoir faire passer des textes et leurs émotions à notre public et pour le moment, notre public est français tout comme nous. En plus trop peu de groupes osent chanter en français, c'est aussi une manière de se démarquer et s’intéresser. Plus qu'une faiblesse, je reste convaincu qu'il s'agit d'une force. Le marché étranger est saturé de groupes de talents et chanter en anglais ne suffit plus. Sans une bonne promo et un ciblage massif de concerts on reste dans l'ombre. On n’attend pas forcément après nous. Et puis le chant en français est très apprécié par nos amis japonais, les allemands n'y sont pas réfractaires, les pays du sud de l'Europe sont assez ouvert pour nous donner une chance, sans parler des pays francophones. Bref à part les anglais, et entre nous vu ce qui marche chez eux en ce moment je reste dubitatif sur nos chances de succès là bas quel que soit la langue utilisée et les Américains pour les intéresser il faut vivre là-bas... Non j'ai beau cherché, chanter en français ne me paraît pas être un handicap. Et puis qui sait ce qu'à l'avenir nous choisirons de faire, chanter dans une autre langue peut être un défi intéressant, et quand je parle de langue ce n'est pas forcément de l'anglais dont il est question. Non en ce moment ce qu'il faut faire c'est une chanson en chti' pour décoller. Hahaha !!!
11) Ce titre de Cabrel que vous avez repris (Les murs de poussières), c'est parce que vous idolâtrez le style guitare sèche moustache ou c'est la résultante d'une vraie passion pour son œuvre ?
Vassago : Pour certains d'entre nous il s'agit d'un vrai coup de cœur pour son œuvre oui et pour d'autres c'était l'idée de ce que nous pouvions en faire qui les a intéressé et motivé. La chanson originale est un pur rock caché derrière une douce poésie, nous n'avons eu qu'à pousser le volume finalement. Reprendre un titre d'un groupe évoluant dans un style trop proche du nôtre ne nous intéressait pas, nous voulions une adaptation, pas une reprise.
12) Y-a-t-il quelque chose de particulier que tu souhaites pour l'avenir du groupe ?
Vassago : Aller le plus loin possible, prendre du bon temps, apprendre et pourquoi pas un jour arriver à toujours grimper des marches. L'idéal serait de pouvoir en vivre pour ne faire plus que ça, mais c'est de plus en plus rare de nos jours pour les gens qui font du rock. Mais on y croit assez pour au moins essayer.
13) Je te remercie pour cette interview et te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs !
Vassago : C'est moi qui te remercie de nous offrir un espace d'expression :) Que dire de plus aux quelques lecteurs qui auront eu la force et la patience de tout lire jusqu'à cette phrase ? Et bien, si vous lisez ceci, c'est que vous êtes motivé non ? Alors pourquoi ne pas passer sur notre site pour écouter ce qu'on fait, vous inscrire sur le forum pour y écrire une petite bafouille et si les finances vous le permettent vous pourrez toujours nous commander un cd ou un T shirt (bientôt en vente pour ces derniers), c'est encore le meilleur moyen de nous apporter un soutien pour continuer le dur combat du rock en France.
Evildead
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