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BEHEMOTH + Decapitated + Ex Deo le 30/06/2010 au Ninkasi Kao (Lyon)

10 jours après avoir vu cette belle brochette Death Métalleuse, au Hellfest, les voilà de retour dans la capitale des Gaules au Ninkasi Kao, pour ce qui s’annonce comme une date chaude et surtout le dernier concert qui puisse m’intéresser avant les vacances. C’est dans une salle brûlante, faute de ventilation et de climatisation, et devant une assistance venue nombreuse que les trois groupes vont « conquérir » Lyon pour un concert en béton qui fût chaud mais génialissime.

 

2000 ans plus tard, les romains reviennent en vainqueur sur les terres de la Gaule voisine, non pas pour combattre et tuer des arvernes mais pour jouer du Death pur jus par le biais d’Ex Deo, une formation historique composée de légionnaires venus principalement de Kataklysm. La mise en place des musiciens, a laissé des sourires apparaître sur les visages des fans lorsque l’on a vu le groupe déboulé sur scène en soldat antique, avec plastrons et jupettes typiques de l’époque. Il ne manquait que le glaive pour parfaitement compléter la panoplie. A noter également, les deux étendards rouges fixés sur les côtés de la scène et qui rappellent un peu plus le thème du groupe.

Leur musique, par contre, n’a rien d’original, du Death Basique mais efficace qui lorgne de temps à autres sur Kataklysm. Il n’en faut pas tant pour voir la salle se mettre à bouger, headbanger sur les riffs puissants du groupe qui exalte son public par le biais de son chanteur, « Mauricio Iacono ». Comme ce dernier est québécois, le dialogue s’installe vite entre le public et le frontman malgré son accent « rigolo ». Il exhorte les metalleux et ceux-ci lui rendent bien en lui demandant de soulever sa jupe-toge. Chose qu’il ne fera pas, mais ce n’était pas le but de la soirée.

Avec une chaleur à la limite du supportable, le groupe quitte la scène sous les applaudissements car même s’ils n’ont rien inventé, musicalement parlant, leur set était de très bonne facture. On peut lever le pouce pour les libérer de l’arène sous les honneurs.

 

Après cette introduction Death Metalleuse francophone, le premier des deux groupes polonais va faire son entrée sur une scène réduite car la batterie de Behemoth prend une place non négligeable. Toujours dans une chaleur de plomb, le set commence comme une balle et ne s’arrêtera que rarement pendant les 45 mn qui leur sont allouées. Le chanteur « Rafal Piotrowski » se démène comme un forcené malgré le manque d’air évident, suivi de près par son bassiste « Filip Halucha » qui l’épaule dans ses mouvements scéniques. Très peu d’attitudes statiques, beaucoup de permutations entre musiciens, une scène qui bouge pendant les titres. Musicalement, pas de compromis, ça avoine sérieusement avec une énergie débordante dans leur prestation et surtout dans le public visiblement heureux de voir « Decapitated ».

Après la perte de leur batteur Vittek et de leur chanteur, beaucoup pariait sur la fin du groupe, et bien non, ils sont revenus encore plus fort que jamais et ils nous le montrent ce soir par un show à la puissance maximale. Certes on pourra dire que les compositions se ressemblent souvent et manquent d’originalité mais force est de constater que l’ensemble tient formidablement bien la route. Un set ultra violent et ultra efficace, c’est exactement ce que le public voulait voir ce soir.

 

Behemoth qui est devenu en quelques années, une véritable machine de guerre, nous honore de sa présence, ce soir, à Lyon. Il est agréable de constater que le public a répondu présent malgré leur passage au Hellfest quelques jours auparavant. Une grosse trentaine de minutes pour installer le décor imposant de nos chers polonais et c’est parti pour une petite heure Death-Black blasphématoire en compagnie des 4 «suppôts » de Satan.

La scène s’est transformée, on peut voir en back drop, la photo de la pochette d’Evangelion, leur dernier album et surtout trois énormes pieds de micro, représentant des symboles pas très catholiques, sont placés devant la scène et forment presque un rempart devant la fosse surchauffée.

Le set commence par « Ov Fire and the Void » véritable hymne mid tempo du dernier cd. Nergal prêche au public, ses fondements religieux personnels par le biais de certains titres comme « Demigod, Shemamforash, Conquer All, Christians to the Lions, Lam, As Above So Below, Slaves Shall Serve, At the Left Hand ov God » qui sont un mélange intelligent entre classiques, nouveautés et raretés. Après 40 mn intensives, « Inferno », nous offre un solo de batterie dispensable pour nous reposer l’esprit et surtout nous impressionner plus par sa technique avantageuse que l’on connait depuis longtemps que par son feeling si particulier qui fait le charme rythmique de Behemoth.

Le retour sur scène de Nergal, coïncide avec la reprise des activités festives durant lesquelles il nous sera proposé de se délecter de classiques comme « Alas the Lord is Upon Me, Antichristian Phenomenon, Decade of Therion, Chant of Eschaton et Lucifer ».

Un set ultra carré, ultra pro et surtout ultra bon qui vous laisse l’esprit songeur avec une telle débauche d’énergie.

Merci à Base Production pour l’accréditation

 

LEGION

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