Accueil arrow Interviews arrow ANDRE MATOS le 25/03/2008 Advertisement

Kaosguards

 

ANDRE MATOS le 25/03/2008

ImageInterview réalisé avec André Matos dans un hôtel parisien.

 

 

 

Inutile de vous présenter le bellâtre Brésilien qui fut un long moment le chanteur du plus célèbre groupe de heavy/prog de la planète, j'ai nommé Angra. Maintenant que l'homme vole des ses propres ailes il repart en campagne pour reconquérir une cohorte de fans. Misant sur le succès de sa précédente formation c'est un artiste détendu et avenant que notre reporter à rencontrer juste avant son "showcase" à Paris...

 

 

 

 

1) Merci de me recevoir, André, j’imagine que ton temps t’est compté, et que tu n’as pas trop le temps de te poser…

Pas vraiment, non! Le timing est assez serré. L’album est sorti au Brésil et au Japon aussi avant, et nous sommes responsables de toute la promotion, et dans des pays comme ceux là, l’organisation est bien plus chaotique qu’ici, alors, cela a été éprouvant jusqu’ici.

 


2) Cette « tournée promotionnelle » a commencé quand ?

En fait, ça a commencé l’an passé au Japon , puis au Brésil, maintenant en Europe, et lorsque je reviendrais au Brésil, il y aura beaucoup de promotion encore à faire, mais c’est très bien, je pense que cela est dû au fait qu’il s’agit de mon premier effort solo, alors je pense que pour le second, ce sera certainement un peu mieux arrangé (rires).

 

3) Pourquoi ce choix de promouvoir l’album par des shows acoustiques ?

Je pense que cela est un bon moyen de capter l’attention, de donner faim à l’audience (rires) qui sera là. Donc, ce n’est pas juste faire une séance de signatures, ou faire du passage radio, télé…

 

4) Vous allez jouer quelque chose comme trente minutes, je pense ?

Je pense que ce sera bien plus que cela au final ! Je crois que les gens seront super déçus si nous ne jouons que 30 petites minutes, et nous en allons.

 

5) Oui, surtout que la France et toi, c’est tout de même une histoire d’amour, il ne faut pas décevoir !

Oui (rires), c’est un fait. J’y pensais encore aujourd’hui, quand je suis arrivé à l’aéroport, quand je viens ici, c’est un peu un feeling comme à la maison, tu vois. D’ailleurs, j’ai déjà vécu en Europe, en Allemagne, spécifiquement, plus de deux ans je crois. Maintenant, je pense pouvoir dire que j’ai bien appréhendé la mentalité là-bas d’ailleurs, mais au début, c’était franchement étrange, dans les comportements ! Au début, les gens sont méfiants, il faut du temps avant qu’on te fasse confiance.

 

6) Tu sais en France, c’est un peu pareil. Avec en plus une certaine tendance à …se plaindre tout le temps. 

(André est mort de rire) oui, enfin, au final, c’est un peu partout pareil…sauf au Japon. Là bas, les gens ont une attitude un peu « naïve », pour ainsi dire. J’ai fait un festival l’an passé avec mon groupe là bas, et c’était étrange, parce qu’on avait joué le même jour que Marilyn Manson, et c’était exactement la même audience en face, les gens avaient l’air de réagir exactement de la même façon pour mon show ! C’est vraiment différent, une autre planète.

 

7) En parlant de la France, c’est vrai que nous avons ici tendance à intellectualiser le propos lorsqu’il s’agit de musique, à disséquer les choses…En Allemagne, pour ce que j’ai pu en voir, c’est bien plus…direct.

Oui, ils sont bien plus barbares là-bas ! (rires) Je ne sais pas, j’aimerais bien faire comme eux, mais…j’ai peut-être trop d’éducation ! ahahaha…

 

8) Oups ! je ne dirais rien aux allemands, promis…Concernant ton nouveau disque, donc…tu as bossé avec Roy Z, qui a travaillé avec de grands noms, notamment M. Dickinson, ou Halford…qu’est ce qui t’as amené à ce choix, l’avais tu rencontré auparavant ?

Oui, je l’avais rencontré avant, en fait. Bien sûr je connaissais sa réputation, j’avais connu des gens qui avaient travaillé avec lui, je n’avais entendu que du bien le concernant. Et par coïncidence, on a joué ensemble sur un même festival, à Sao Paulo, au Brésil, en 2006. Et après le show, il y a eu cette petite fête en suivant, où je l’ai croisé, je l’ai abordé pour lui dire combien j’aimais ce qu’il faisait, en tant que producteur, et je lui ai dit que ce serait bien que nous ayons la chance de bosser ensemble un jour. Et il m’a dit, « oui, ce serait un honneur pour moi, quand tu veux ». Lorsqu’il a fallu enregistrer le disque, initialement, Sascha Paeth devait assurer la production, mais il était très occupé avec tout un tas d’autres choses.

 

9) Donc il n’a pas pris part à aucun stade du disque ?

Uniquement sur la fin, pour certains arrangements, au mixage, sur certains chœurs aussi.
Concernant Roy, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, parce qu’il était si facile de bosser avec Sascha. Je me demandais, est ce que Roy va comprendre où je veux en venir avec l’album, en tant que producteur américain, et vu le genre de musique spécifique que je joue ? Parce que je ne voulais pas sonner au final comme Ratt ou Cinderella ! (rires) Donc j’avais un peu peur, je me suis dit, il vient de Los Angeles, alors je me suis de suite imaginé des stip-teaseuses dans le studio, ce genre de trucs (rires).
Il a pris des vacances au Brésil et pendant son séjour, je l’ai appelé pour que nous ayons une discussion ; j’avais déjà enregistré un petit quelque chose avec le groupe, un support que nous avions fait nous même. Il a écouté cela, et a dit, « ok, je pense que je peux m’occuper de cela. » J’avais toujours des incertitudes, mais je me suis dit qu’il fallait que je prenne le risque. Je lui ai dit qu’il s’agissait de mon premier disque solo, et que je souhaitais qu’il comporte tout un tas de choses liées à mon background jusque là, alors nous avons écouté du Viper, du Angra, du Shaman, du Virgo…et au final il m’a dit, «  je vois ce que tu cherches. Mais on va procéder différemment. »

 

10) Et à ce stade, toutes les chansons étaient écrites ?

Quasiment. Mis à part peut-être « how long », qui est une chanson co-écrite par Roy. Donc, je lui ai dit que nous n’avions qu’à prendre un studio sur Sao Paulo, et commencer à travailler. On a tout installé sur place, et on a fait de nombreuses répétitions pendant un mois. Roy était là avec sa guitare, et de ce fait, j’ai pu me rendre compte qu’on parlait le même langage. Il a un passé musical très dense, mais il aime en fait les mêmes choses que je peux aimer, et que Sascha aime aussi, alors à nous trois, on a pas mal discuté. Enfin, bon, pour faire court, c’était un très bon choix. Non seulement dans le sens professionnel, mais nous sommes aussi devenus de bons amis, c’est un mec génial, il est plein de vie. C’était bien plus que ce que je pouvais espérer d’un "trouduc" de producteur ! (rires)  il était tout l’opposé. C’était un passionné, très avenant, il se liait d’amitié avec tout le monde, il a même fait l’effort de parler portugais aux gars du groupe !

 

11) Donc, cela a été un processus très « humain » au final.

Complètement. Et c’est bien là la clef de tout. Musicalement, j’ai appris des choses très importantes cette fois. J’ai appris de nouvelles façons de faire l’enregistrement. Roy était là à motiver tout le monde, à les pousser à « vraiment » jouer les choses. Il a beaucoup de feeling. Il a une approche particulière en studio, qui est d’habitude un environnement froid, pour ainsi dire, il voulait qu’on joue comme en situation live. Ainsi, le disque est au final plein de «vie». Il y a une chose très importante qu’il a faite aussi, lorsque nous travaillons sur des chansons ensemble, il changeait les arrangements, il avait beaucoup d’expérience là-dessus. Il sait ce qui peut être excessif, par exemple. Je savais que je voulais un vrai disque de metal. Et les meilleurs disques de Métal sont ceux qui avaient de bonnes grosses chansons bien longues (rires). Si tu as besoin de raconter une histoire, tu la racontes, quelque soit le temps que cela prend ! S’il y a besoin de temps, tu le prends. Et au final, tout était parfait, parce que non seulement Roy est un grand producteur et musicien, mais il a cette technique pour avoir vraiment le meilleur son.

 

12) Par rapport à ton approche vocale, j’ai trouvé que parfois l’approche était plus « rentre dedans » par moments, en tout cas plus diversifiée. Est-ce que cela fait partie des choses que Roy a suggérées ?

En fait, il m’a fait changer d’avis par rapport aux méthodes d’enregistrement des vocaux. Comme tu le sais, d’habitude, en studio, cela se fait dans une petite cabine, séparée par une fenêtre du gars aux manettes. Et il m’a dit « oublies ça, tu vas chanter là. » en me désignant le coin de la pièce où il se trouvait.

 

13) Cela a dû te rendre mal à l’aise au départ non ?

Eh bien oui, c’est sûr, je me suis dit, « je ne peux pas faire ça ! »  (rires) Je me suis dit qu’il y allait avoir beaucoup d’interférences autour de moi, du bruit, et que ça allait me gêner. Et là il m’a dit « ne t’inquiètes pas de ça. ». Il a poussé le vice jusqu’à me faire un peu de déco dans mon coin ! (rires) à un moment donné, on a mis un écriteau signalant le « magic corner » !

 

14) Ehehe…Il aurait fallu pousser la chose plus loin, et mettre une signalisation « Andre Matos street » !

(Dédé se marre) c’est clair ! Au final, cela a été une bonne expérience, vraiment, parce que j’étais là dans mon coin, à chanter, et je le voyais à la console, ressentir les chansons, tu vois ? Quand ce qu’il entendait lui plaisait, il faisait (andré me mime Roy Z brandissant son pouce en disant « yeaahh ! yeaaaah »…quel talent) et cela me permettait finalement d’avoir un « feedback », chose dont tu ne bénéficies absolument pas lorsque tu te trouves derrière une fenêtre. Et puis, tu vois les gens derrière, parler entre eux, tu ne sais pas s’ils critiquent ou si c’est en bien. Et puis Roy est un garçon très marrant.

 

15) Cela doit aider ; vu le stress certainement engendré par le processus.

Oui, c’est beaucoup de pression, le temps passe, l’argent aussi, et tu dois donner le meilleur de toi-même, toujours être technique et parfait, et ce dernier point d’ailleurs, Roy a plutôt l’approche de dire «Je me fous que tu fasses du parfait, je veux juste que tu chantes, comme si tu étais sur scène. » J’ai appris beaucoup en faisant ainsi. Donc, je ne dirais pas que mon chant est plus agressif qu’avant, je dirais plutôt qu’il est plus intense, et cela vaut autant quand je chante agressif que quand j’ai une approche plus « soft ».
Roy a aussi une approche intéressante pour les instruments. Il a fait des trucs dingues pour enregistrer la batterie, dans le positionnement des micros, ce genre de truc, des façons de faire que je n’avais jamais vues, et qui marchaient au final, avec un super son.
Une fois tout le processus accompli, tout a été passé à Sacha Paeth. J’ai de la chance, parce que je considère que Roy est l’un des meilleurs aux Etats-Unis, et il en est de même pour Sascha en Europe. Donc, ces deux là ne se sont pas rencontrés pour travailler ensemble, mais la façon de procéder a été une manière de tirer le meilleur des deux, en quelque sorte. C'est-à-dire que si Roy avait tout produit de A à Z, l’album aurait probablement été plus heavy que nécessaire, finalement. Et de même, si Sascha avait mixé la première partie, l’ensemble aurait pu manquer de punch. Donc, au final, cela a été une bonne combinaison des talents de chacun.

 

16) Sur ce disque, il y a également une « reprise » de toi-même, en quelque sorte, avec la réactualisation d’une chanson de Viper.

Cette chanson « moonlight », enregistrée avec Viper en 1989, était la toute première chanson que je n’ai jamais composée. Et j’avais 17 ans à l’époque. C’est une chanson très importante pour moi, dans ce qu’elle représente vis-à-vis du lien qu’elle a avec la musique classique, et c’est aussi la chanson qui a emmené Viper un peu plus loin, car elle a eu beaucoup de succès au Japon. Donc au final, c’était symbolique pour moi de la faire figurer sur mon premier album solo. Mais bien sûr, il ne s’agissait pas de la rejouer comme à l’époque. Donc pour moi, il était excitant de retravailler là-dessus, cela a été un peu comme revenir dans le temps, et se retrouver face à ce petit gars de 17 ans. Et entre temps, il s’est passé tellement de choses, aujourd’hui je suis une personne différente, avec un esprit qui a évolué. Donc, la question a été de se dire « comment pourrais-je raconter à nouveau cette histoire dans mon état d’esprit d’aujourd’hui ? »  C’est pour tout cela que j’ai écris de nouvelles parties musicales pour la chanson, tout en gardant un peu l’esprit naïf d’époque. Cela a du coup été la chanson pour laquelle il y a eu le plus de travail à fournir, parce que, pour les autres morceaux, il s’agissait d’écrire du nouveau matériel, et la chose est, disons, plus « naturelle », tandis que pour cette chanson, c’était une plus grande «responsabilité ». Roy lui-même m’a dit, « cela va être la chanson la plus importante de ton disque. »

 

17) Quelle place occupe la musique classique dans ce disque, car je sais que tu as un « background » édifiant en la matière…

Je pense que, depuis mes tout débuts, depuis Viper, j’étais déjà dans la musique classique, et j’ai toujours voulu promouvoir ce mariage des genres, classique – Métal. Parce que je crois que l’un a beaucoup de choses en commun avec l’autre, dans les structures, et dans l’énergie. Si Mozart vivait encore aujourd’hui, il serait dans un groupe de Métal ! Et Bach ferait du Death ! (rires). D’ailleurs, je pense qu’aujourd’hui, j’en suis arrivé à un bon stade, où je mixe toujours les deux genres, mais pas d’une façon « évidente ». La façon dont j’ai envisagé les morceaux fait que maintenant, le rapprochement est tel que l’on ne peut dire ce qui est Métal, et ce qui relève de la musique classique. Le fait de mettre des thèmes de musique classique sur du métal n’est pas très complexe. Parfois, cela sonne trop évident. Et donc, si tu composes les deux en même temps, les genres ne sont plus dissociables. Et je pense qu’avec ce disque, on s’est vraiment rapproché de cet esprit. Le disque a une intro classique, que j’ai écrite moi-même, d’ailleurs, cela fait partie de mes frustrations, parce que, j’ai toujours voulu être un compositeur de classique, mais je n’ai pas pu jusqu’ici !

 

18) Je crois même que tu avais quitté Viper pour t’y consacrer, non ?

Oui, effectivement, j’avais quitté Viper pour me concentrer sur l’étude du classique, et puis, j’ai fondé Angra…

 

19) …tu es revenu au heavy metal au final ! Pourquoi ce revirement ?

Euh…ça me manquait trop. (rires) c’était trop dur ! Et puis l’environnement du classique est froid. La musique est « réelle », mais les gens… Cela dit, j’ai récemment été impliqué dans l’Opéra rock des Who, « Tommy », dans lequel je tenais le rôle principal.  Et c’est probablement l’une des meilleures expériences à laquelle j’ai pu participer. En plus, je devais aussi faire l’acteur, j’ai du apprendre à faire cela. Et c’est le genre d’expérience que je voudrais voir se répéter. Cela m’a aussi donné l’idée de, peut-être un jour, composer quelque chose à moi. Je ne parle pas d’un opéra métal, mais plutôt d’un vrai opéra, avec un groupe de rock sur le fond, mais principalement basé sur l’orchestre.

L’interview se finit, avec un échange d’adresses e-mail, au terme d’un échange très sympathique. Dédé est un garçon très ouvert, et on lui souhaite le meilleur avec son excellent dernier opus.

Merci à Loki pour son interview....

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
:angry::0:confused::cheer:B):evil::silly::dry::lol::kiss::D:pinch:
:(:shock::X:side::):P:unsure::woohoo::huh::whistle:;):s
:!::?::idea::arrow:

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."

 
< Précédent   Suivant >

Myspace

En ecoute

start Player