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HARDENED BASTARDS le 04/05/2007

ImageInterview réalisée par mail, avec Gaël Nourry, le chanteur - guitariste....

 

Il y a de cela un an sortait la démo de ce groupe qui fait dans le bon hard rock old school. Si vous êtes amateurs de sonorités qui vont décoller le papier peint à la sauce Motörhead, alors sortez les bouteilles de Jack et écoutez jusqu ‘au bout de la nuit...

 

 

1. Ceci est notre première interview, présente nous le groupe et ce qui vous a amenés à faire ce style de musique…


Joël est derrière les fûts, Henri à la basse, et moi à la gratte et au chant.
Personnellement, j'ai toujours eu envie de jouer dans un groupe qui brasse des influences allant de Motörhead à Maiden, en passant par Anthrax, The Exploited et AC/DC, en gros. J'aime le speed bourrin, mais en même temps j'adore le Heavy old school avec des rythmes plus lourds, de l'envergure et un chant bien en avant. En presque dix ans d'activités musicales au sein de différents groupes, je n’ai jamais trouvé chaussure à mon pied. En fait, je ne connais aucun groupe français qui fasse vraiment le grand écart entre ces styles. En général, les orientations sont plus fragmentées: Il y a les groupes de speed mélodique qui revendiquent Maiden/Helloween, d'autres bien distincts qui font du thrash, et encore d'autres qui font du Rock n' Roll de biker. Ca part dans des salles de concerts différentes et les labels sont devenus eux aussi très (trop?) spécialisés.
J'trouve ça dommage de ne pas fédérer tout ça, vu qu'au fond, c'est le même public qui va à tous ces concerts. En tout cas moi, je suis client de tout ça. Alors comme tous les zicos, j'ai décidé de fonder le "groupe que je rêve de voir sur scène" :)))
J'imagine que Joël et Henri ont la même démarche puisqu'ils écoutent aussi bien du Death (le groupe), du Slayer, que du Maiden, Alice Cooper, Helloween ou Dream Theater.

 


2. Parles-nous des chansons de « Bellicose sound »…


"Wingless Birds" traite d'un thème commun au Heavy, au Punk, au Thrash et à plein d'autres musiques affiliées au rock : la contre-culture. La position d'alternative, d'indépendance et de résistance face aux phénomènes de mode et autres formes d'asservissement (religion, média, etc.). Avec toute l'obstination que ça implique :)) Musicalement, c'est du thrash n' roll :< D
"Bellicose Mind" est un morceau assez basique, très direct, speed et dans l'esprit rock n' roll. Ca parle d'une vie de l'instant, d'insouciance, d'éclate et du mépris des conséquences :D
"Contamination" parle de maladie comme son titre l'indique. C'est un très long morceau, assez sophistiqué, presque progressif, qui va chercher des influences dans les années soixante-dix aussi bien que dans un Heavy plus récent.
"Betray The Child" aborde la question de la prostitution. C'est un morceau speed, simple, limite punk.
"Black Priest" porte un regard sur la musique elle-même, sous forme d'hommage aux grands groupes de Heavy, comme le suggère le titre. Un long morceau avec des changements de rythmes et une ambiance typique de Maiden, Black Sab' ou Judas Priest. C'est une sorte de voeu d'allégeance, si on veut :))
Au niveau des paroles, c'est dans la continuité des morceaux comme Number of the beast ou Black Sabbath, qui cultivent l'image de la possession, de la tentation ou de la persécution démoniaque pour décrire une musique qu'on adore mais qui fait office de symbole de Mal et de dégénérescence dans la société. Les puritains des années cinquante ont vraiment eu un coup de génie quand ils ont traité le rock n' roll de "satanique". Ils ne pouvaient pas mieux booster la musique qu'ils voulaient censurer :)

 


3. Sur cette production vous étiez un power trio, cette configuration vous convient-elle ou pensez-vous en changez à l’avenir ?


Non, on va rester en trio. Ca aussi c'est assez rare chez les groupes français. Nos compositions n'exigent vraiment pas de deuxième gratte. Par ailleurs, être peu nombreux dans un groupe, ça simplifie grandement les choses pour des questions matérielles de disponibilité, de répètes, de concerts, etc. C'est tout bête mais c'est important. Et puis, perso, j'adore entendre un gros son de basse saturé, bien en avant, héhé ! C'est sûrement aussi une question d'affiliation musicale, en l'occurrence, Motörhead pour ne citer qu'eux.

 


4. Va-t-on attendre longtemps pour une prochaine production ?


Ah ça, je préfère ne pas faire de promesse... Sortir un premier album, pour un groupe français, a fortiori de Heavy Metal, c'est forcément synonyme d'autoproduction, donc d'autofinancement. Forcément ça prend du temps.

 


5. Mis à part çà, la scène française est très active, même si peu de groupes semblent réussir à percer internationalement comme les groupes nordiques le font par exemple. Quel est ton avis là-dessus ? Des groupes à suivre en France ?


Y a simplement pas d'industrie du disque en France. Y a juste des chaînes de télé, des mômes qui veulent passer à la télé, et entre les deux, des entreprises qui se disent "maisons de disque" mais qui ne font que l'intermédiaire. En dehors de ce système, il n'y a la place pour rien. Donc quand un style de musique n'est pas médiatisé (ou n'est pas fait pour être médiatisé), il a juste le droit d'aller se faire foutre.
C'est aussi un problème culturel. Ici, on ne valorise que les phénomènes de mode. Forcément, ça ne fait jamais bon ménage avec le rock...
Dans d'autres pays c'est effectivement différent : En Allemagne, en Angleterre, en Scandinavie, en Turquie, en Grèce, en Espagne, au Japon et dans toute l'Amérique du Sud et du Nord, les gens sont plus réceptifs au rock. C'est lié, à mon avis, au fait que la notion de folklore est très respectée dans ces pays. Le folklore, les traditions, les fêtes locales avec toutes les beuveries qui vont avec, tout ça fait déjà office de "contre-culture" d'une certaine manière : Ca s'oppose aux phénomènes de mode. C'est un univers complètement indépendant des médias, mais qui est tout de même revendiquable. C'est ce qui fait la fierté de ces peuples, tout en leur donnant l'occasion de s'éclater. Donc ils ont le réflexe culturel d'aller vers des alternatives, par opposition aux daubes que la radio sert à longueur de journée. C'est une bonne prédisposition pour que les musiques Hard aient du succès.
Malheureusement c'est pas le cas en France (On peut pas dire que les "foires au vin" locales soient très revendiquables, ici... :< D Les gens préfèrent s'afficher en discothèque. C'est bien dommage. ).
Le folklore et le rock n' roll ont des tas de similitudes : l'alcool bien sûr :)), la fidélité, les références à des valeurs, à des affiliations, le partage, une certaine marginalisation volontaire aussi, la volonté de "transmettre" aux générations suivantes plutôt que de "convertir" des gens extérieurs, le délire, la fête, l'esthétique "viking", etc. A mon avis il y a un vrai parallèle entre les deux. C'est pas un hasard si le Metal cartonne autant dans les pays du Nord et en Allemagne.

Maintenant en ce qui concerne la scène française, elle est bien vivante et mériterait d'être plus soutenue. Il y a des tas de groupes que j'adore : Lonewolf, Overstep, Revenge, Aesthesia, Blackness, Nedra, High School Motherfucker, j'en passe... Voilà de la musique qui botte le cul, avec des zicos qui assurent vraiment dans leurs domaines. On a d'ailleurs joué avec certains d'entre eux. Ce sont ces groupes-là qui devraient bénéficer de productions et de promotions réelles, à la place des mievreries à la con du genre de Pleymo... Je ne comprends pas que certains de ces groupes ne soient toujours pas signés... C'est vraiment la honte, ce pays :)
Et puis, à titre d'influences, il y a aussi tous les anciens dont je ne me lasse pas : ADX, Killers, Vulcain, Sortilège, les tout premiers Trust, Panama, Shaking Street et plein d'autres ;)

 

6. Tous les membres du groupe sont-ils impliqués dans d’autres projets musicaux et si oui, ces projets sont-ils aussi à connotation métal ?


Henri joue dans Snake Eye, et a enregistré les parties de basse sur l'album d'Alannah (sorti chez Brennus)
Joël a joué dans Lucretia (deux albums également chez Brennus), et joue actuellement dans des groupes parallèles de Ska, Punk et Death Metal.

 


7. Et au niveau des retombées médiatiques, comment ça se passe pour le moment ? Les retours que vous avez eus par rapport à l’album?


C'est pas un album. C'est juste une demo cinq titres, mais on l'a pressée à plus de mille exemplaires et on la distribue gratuitement. Les gens ont été très réceptifs, ce qui est encourageant. Les chroniques ont toutes été très, très flatteuses jusqu'à maintenant dans les webzines français et étrangers (on a des chros sur des sites allemands, argentin, italien, serbe, croate, grecque, américain, etc.) et même dans un magazine allemand, Heavy (anciennement Heavy oder Was?), où on a eu droit à une excellente note et à un pur article!
Maintenant, les gens ne se déplacent pas encore par centaines dans nos salles (:< D ), et coté labels, c'est le silence radio le plus total...

 


8. Comptez vous faire parler la poudre en « live » avec Hardened Bastards dans les prochains mois ?
J'espère bien ! Pour l'instant j'ai aucune date à annoncer (organiser des concerts est toujours très dur en France) mais ça ne saurait tarder. Consultez le site officiel régulièrement ;)

 


9. Comment vous percevez la scène française, enfin comment vous avez l’impression que Hardened Bastards est perçu dans l’hexagone ?


Pour l'instant, on n'a pas fait encore assez de concerts pour avoir une vraie réputation nationale :) De temps en temps, des gens viennent taper la discute dans les salles parisiennes pour nous dire qu'ils nous ont vu à Marlenheim, à Dijon, à Nanterre ou à St-Germain. C'est cool, ça montre qu'on a marqué les esprits mais ça reste assez anecdotique.
C'est un peu le même problème pour tous les groupes français que j'apprécie : ils ont  des fans, des vrais fidèles qui les suivent, mais aucune vraie reconnaissance au niveau professionnel. Quand un groupe de rap utilise des guitares, il est propulsé sur tous les médias, idem pour de la varièt' chiante avec des guitares, et Ouï FM appelle tout ça du "rock"... Pendant ce temps les vrais groupes de rock galèrent et, pire, n'ont aucune perspective de réussite. Je sais pas quel est le problème de ce pays mais il y en a incontestablement un.

 


10. Quelle est votre démarche artistique ? Avez-vous un message autre que faire passer des émotions ?


Non, je préfère porter l'accent sur la musique plutôt que sur des "messages". Je trouve ça dommage de se cantonner dans des discours sociaux, des chansons à boire ou des univers d'héroïc fantaisy comme c'est parfois le cas des groupes actuels. On joue une musique qui peut aussi bien être violente, festive et profonde, donc autant en profiter pour aborder des thèmes différents. Le seul point commun à tout ça, c'est l'énergie.

 


11. Comment allez-vous faire évoluer votre projet dans les mois/années à venir ?


On a des tas d'autres morceaux sous le bras donc on les fera découvrir au public sur scène. On espère avoir un peu plus l'occasion de faire des premières parties de "gros" groupes. Et puis on finira bien par sortir un premier album, un de ces quatre.

 


12. Un dernier message à faire passer ?


Mort aux bigots, aux DJs et aux coiffeurs !!! 

 

13. Voilà. Ce sera tout pour cette fois-ci. Merci, en attendant de vous voir prochainement sur scène, je te laisse la place pour conclure.


Venez nombreux sur nos prochaines dates et surtout n'hésitez pas à nous contacter si vous voulez vous procurez notre demo "Bellicose Sound" (gratuite)

 
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