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UTLAGR le 08/04/07

ImageInterview réalisée par mail avec Sébastien le bassiste et Eric le chanteur guitariste...

Le black metal n'est pas l'apanage des formations du Grand Nord de l'Europe. Depuis son avènement, cette musique s'est répandue sur la planète entière. Le Canada n'a pas été épargné et UTLAGR pratique une musique aussi violente que sombre. Sur un concept qui se rapporte à leurs origines Normandes, les Québécois proposent par le biais de cette interview, à leurs cousins que nous sommes, de les découvrir sans plus attendre...   

  

1. Peux-tu rapidement nous présenter ton groupe?

Éric : Utlagr est un groupe québécois de Pagan/Black Metal. Musicalement, nous tentons de créer des pièces agressives et rapides tout en conservant une certaine mélodie, donnant ainsi une touche épique aux compositions. Notre musique peut être qualifiée de « Black Metal » car elle puise ses racines dans cette mouvance d’origine nord européenne. Elle comporte également une fortes influence Speed/Trash Metal des années 80. Pour ce qui est de la philosophie d'Utlagr, nous faisons la promotion du paganisme et exprimons la fierté de nos origines normandes.

 


2. Vous venez du Canada, que se passe t-il au niveau métal (et du black en particulier) dans cette verte et blanche contrée ?

Sébastien : Au niveau du métal en général, le Canada et surtout le Québec, possède un passé très riche. On a qu’à penser à Voïvod, Cryptopsy, Sacrifice, Razor, Exciter, Anvil, Infernal Majesty, Witches Hammer ou Kataklysm. Concernant la scène Black, elle se porte bien. Grâce aux pionniers comme Blasphemy, Conqueror, Eternal, Esker, Veneficium et bien sûr Frozen Shadow (anciennement Tenebrae), la scène actuelle bénéficie d’une certaine portée hors des frontières canadiennes et québécoises. La ville de Québec, Montréal et ses environs possèdent également une panoplie de jeunes groupes prometteurs. Je crois également que cette scène typiquement québécoise commence sérieusement à faire sa place dans l’underground international.

 

3. Ce qui m’a marqué immédiatement en écoutant vos compos c’est la « crudité » de celles-ci. Vous revendiquez de la scène « true black metal » ?

Sébastien : Non, je ne crois pas qu’on puisse se rallier à la scène True Black Metal, plus conservatrice et orthodoxe. C’est un style que j’affectionne énormément mais nos compositions tendent à sortir du cadre préétabli par cette « sous-catégorie » (je n’utilise pas ce terme de manière péjorative) du Black Metal. De plus, la scène « True » est par définition satanique, ce que nous ne sommes pas. Si vous voulez absolument nous comparer à une scène ou une « sous-catégorie », notre style se rapproche un peu plus de ce que Dissection a fait avec les albums The Somberlain et Storm of the Light’s Bane. D’autres ont mentionné que notre musique était un hybride entre le vieux Satyricon, les albums récents d’Immortal ou Dawn de Suède.


4. Même si il n'est peut être pas fini, peux-tu nous parler de votre futur disque ?

Éric : Le prochain album sortira cet été sur un label du Québec. Le format sera un Digipack et comporteras 12 pièces. Les compos sont mieux structurées et plus matures. Vous pouvez aller sur notre MySpace et écouter Rébellion pour vous donnez une idée de comment vas être l'album.


5. Qui fait quoi au niveau des compos dans le groupe ?

Sébastien : Tout le monde apporte sa petite touche personnelle mais le gros du travail musical est fait par Jacques. Il a entièrement composé l’album qui s’en vient. On niveau des paroles, de la basse et des concepts artistiques, c’est moi qui s’en occupe. Eric s’occupe des arrangements vocaux et place mes paroles comme bon lui semble et me donne un coup de main pour le visuel. Guillaume, notre nouveau membre, apporte également quelque fois des éléments additionnels aux compos de Jacques et des  « back-vocals ». François s’occupe des percussions ainsi que les enregistrements.

 

6. Les titres sont particulièrement rapides sur "Tradition Normandes"? Etes-vous aussi "branchés" par des pièces plus épiques un peu à la Bathory?

Sébastien : Oui, bien sûr! La pièce Verden par exemple, sur Traditions Normandes, est plus épique et mélodique. Sur le prochain album, d’autres pièces du même genre vont s’ajouter. Par contre, si on reprend la comparaison avec Bathory, nous n’allons pas exploiter les voix mélodiques à outrance (clean vocals) et les claviers. Ce n’est pas notre intention de créer du Viking Metal typique, à la sauce Scandinave. Nos pièces vont toujours garder une certaine agressivité. Nos influences se trouvent beaucoup plus du côté de la scène Speed/Thrash metal des années 80, de la scène Black du début des années 90 et du Black/Death mélodique suédois.

 


7. Des reprises dans votre répertoire ?

Éric: Nous n'avons pas enregistré de reprise jusqu'à présent. Cependent nous avons repris, lors de quelques concerts, le classique Mother North de Satyricon.

 


8. Une question que je pose à tous les groupes :avec quels groupes rêveriez vous de partager la scène ?

Sébastien : En ce qui me concerne, Darkthrone, Enslaved et Dissection.

Éric : Celtic Frost,Borknagar, Satyricon, Enslaved , Shining.

 

9. Qu’est ce qui a été le plus dur dans la réalisation de « Traditions Normandes" ?

Éric : L'enregistrement avec le peu de moyen dont l'on disposait à l'époque.

 

10. Et le plus plaisant ?

Éric : Pour ma part, l'écriture des pièces.

 

11. Attaches-tu une importance plus grande envers la musique ou les textes ?

Sébastien : À mon avis, les deux sont indissociables. Normalement, Jacques compose la musique et j’y ajoute ensuite les textes. La musique crée les émotions primaires, c’est ce qui frappe en premier lors de l’écoute. Elle prépare le terrain pour les textes qui vont ensuite ajouter une profondeur aux pièces. Les textes servent quelques fois à passer un message, à partager une idée mais aussi à provoquer des émotions chez l’auditeur, à amplifier les images qu’il se fait lors de l’écoute. Je crois qu’il ne faut pas prendre les auditeurs pour des imbéciles. Les paroles doivent avoir une certaine cohérence qui vient appuyer les efforts faits par les musiciens pour engendrer des mélodies et des rythmes qui frappent. Je n’ai rien contre des textes plus simples ou plus directs, tout dépend de la musique qu’ils accompagnent.

 


12. L'Amérique du Nord est loin de l'Europe, je suppose que internet vous faclite la tâche, avez-vous des contacts sur le vieux continent?

Sébastien : Effectivement, Internet facilite beaucoup les choses. Des sites comme MySpace ou les forums aident à nous faire connaître hors des frontières nord-américaines. À propos des contacts en Europe, nous en avons avec Paradigms Recordings en Angleterre, le label qui a réédité Traditions Normandes. Personnellement, j’étais en contact avec Tsjuder de Norvège que j’ai déjà produit en spectacle à Québec. J’avais également des contacts directs avec Noktu de Drakkar Productions car moi et un ami avions la charge de gérer la division nord-américaine de ce label il y a plusieurs années. J’ai également des amis en Allemagne, dans le groupe Halgadom, chez qui j’ai passé quelques jours. Mais en ce qui concerne Utlagr, les contacts avec l’Europe se font progressivement.

 

13. A ce que j'ai compris vous avez des origines Normandes, c'est pour cela que vous avez appelé votre démo ainsi, ressentez-vous au plus profond de vous cette origine? Et comment se manifeste-t-elle?

Sébastien : Près de 60% des Québécois d’origine française proviennent de la Normandie. Les autres proviennent principalement de l’Île-de-France, de la Picardie et de la Bretagne. Concernant le lien que nous conservons avec nos origines, il y a surtout la langue qui contient énormément d’éléments provenant des langues d’oïl. Pour vous donner un exemple, lorsque j’habitais en Norvège, j’ai rencontré une dame qui a fait ses études universitaires sur la Normandie. Lors d’un séjour là-bas, elle était accompagnée de Québécois. Durant la visite d’un village, des vieux de l’endroit ont sursautés lorsqu’ils ont entendu les Québécois parler entre-eux car, selon eux, ils utilisaient des termes et des intonations que leurs grands-parents utilisaient plusieurs dizaines d’années auparavant. Notre folklore possède également plusieurs éléments de la culture normande. Je crois que de plus en plus, les gens se tournent vers leurs origines pour mieux se connaître. Nous avons besoin d’un sentiment d’appartenance, d’une identité qui nous soit propre. La mondialisation déracine les humains et aliène les gens qui deviennent ainsi des numéros. Cet intérêt pour nos origines profondes s’inscrit dans cette démarche identitaire, cette quête de substance, d’être plus qu’un individu parmi des millions. Bien sûr, nous ne renions pas notre passé nord-américain, l’identité québécoise est également profondément ancrée en nous.

 

14. Utlagr que signifie ce nom?

Sébastien : Ce nom est celui d’un personnage très connu en France. Il s’agit de Rollon le marcheur, fondateur du duché de Normandie, qu’il reçu de Charles le Simple en 911 pour acheter la paix. N’oubliez pas que Rollon était d’origine norvégienne, son vrai nom est Hrolfr Utlagr. Banni de Norvège (d’où le nom de Utlagr qui signifie « hors-la-loi »), il prend la tête d’une armée composée principalement de Danois. C’est avec cette armée qu’il abordera les côtes françaises. Je crois que cette histoire n’est pas nouvelle pour vous, je n’ai donc pas besoin d’en ajouter! C’est en hommage à ce personnage que nous avons choisi ce nom pour le groupe.

 

15. Comment nous ici en France peut-on se procurer vos productions?

Sébastien : Par l’entremise de Paradigms Recordings en Angleterre et les distributeurs avec qui il fait affaire. Sinon, vous pouvez nous contacter directement.

 

16. Un seul mot pour décrire votre musique?

Sébastien : Agressivité!

 

17. Vos voisins Américains s'intéressent-ils à vous? Et quel est la situation du black chez eux (si tu la connaîs bien sûr)?

Sébastien : Oui, nous recevons de très bons commentaires sur notre site et sur notre page MySpace. Par contre, je crois que nous n’avons pas fait suffisamment de diffusion et de distribution aux USA. Cette situation va changer avec le nouvel album. Leur scène Black Metal, à mon avis, va très bien. Il y a depuis 7-8 ans de très bons groupes provenant des USA, je pense ici à Thralldom, Leviathan, Xasthur, Nachtmystium, Black Funeral (des pionniers), Lurkers of Chalice (très bon projet de Wreist du groupe Leviathan), Krieg, etc…Avec la scène Black française et est-européenne, la scène USBM (United States Black Metal) démontre qu’il n’y a pas seulement la Scandinavie qui produit de bons groupes.

 


 18. Des projets de tournée ?

Éric : Pour le moment, aucune tournée n'est prévue pour nous. Nous avons quelques concerts à travers la province. Par exemple, nous allons jouer avec Finntroll le 24 septembre à Québec. C'est toujours un immense plaisir de disserter avec nos lointains cousins, car ici en France nous ressentons cette francophilie qui est un lien inalliénable et profond.

19. J'essaierais de faire découvrir aux lecteurs de KAOSGUARDS votre scène du mieux possible. Mais je te laisse cependant le mot de la fin...

Sébastien : Premièrement, je te remercie de l'intérêt que tu portes pour Utlagr et c'est toujours un immense plaisir pour moi d'échanger avec les gens de la terre de mes ancêtres. Salutations à vous frères païens de France; continuez de supporter les groupes underground de metal extreme.

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