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AGRESSOR le 25/02/2007

Véritable monolithe vivant (et bien vivant !) du trash death metal français en compagnie de Loudblast dans les années 90, Agressor répond toujours présent à l’appel. Vingt ans ont passé et Alex Colin-Tocquaine tient bon la barre contre vents et marées. Discussion téléphonique avec l’acerbe leader du groupe…

Agressor                                                                  

1. Comment se présente la tournée promotionnelle de « Deathreat » ?


Nous n’avons pas vraiment fait une tournée à proprement parlé. Nous prenons les dates au fur et à mesure qu’elles viennent. Nous avons commencé par Nice pour chauffer le set, Cannes et Marseille au Poste à Galène où l’ambiance était excellente et le public au rendez-vous. Nous avons également participé à un festival à Carvin (banlieue lilloise) où il y avait de multiples animations (skate, ..etc). Là aussi le public a super bien réagi, à part la sécu qui n’a rien compris à un concert metal et était très violente (soupirs…).

2. Les compos du nouvel album sont beaucoup plus brutales que par le passé. Etait-ce le bon choix ?


Je ne sais pas si c’était le bon choix mais en tout cas, c’est ce que nous avions envie de faire. Nous voulions retourner aux sources du death trash d’Agressor avec cette petite pointe de black. C’est ce son qui colle au mieux à Agressor. Nous nous étions un peu éparpillés sur « Symposium of Rebirth » et « Medieval Rites ». Ce furent de bonnes expériences musicales mais il était vraiment temps de retourner à des choses plus pêchues. De cela nous en sommes sûrs. C’était vraiment ce qu’il fallait faire !

3. As-tu un studio personnel d’enregistrement chez toi ?


Non, je préfère laisser cela à des professionnels. J’ai bien sûr du matériel d’enregistrement chez moi pour travailler mes maquettes, composer …etc. Mais quand il s’agit de passer à l’enregistrement à proprement parlé, je préfère laisser cela à des gens plus compétents que moi. De plus, ton son s’en ressent obligatoirement si tu ne passes pas par un studio. Définitivement je préfère laisser ça à un ingé son capable.

4. Que tires-tu de ton expérience passée dans Bloodthorn (groupe de black metal Norvégien) ?


Je ne connaissais pas la Scandinavie, j’avais juste fait un petit tour en Suède. Par contre, je n’avais quasiment pas mis les pieds en Norvège. Je suis allé retrouver des amis de longue date là-bas comme les Mayhem notamment. J’ai intégré par la suite Bloodthorn, au début nous jouions les titres de leurs albums les plus atmosphériques et tranquilles. Cela me convenait à merveille. Mais par la suite, ils sont passés à un cycle plus brutal avec « Under the reign of terror ». Cela ne me branchait plus des masses car je faisais déjà ce genre de musique dans Agressor. Nous avons quand même fait quelques concerts. Mais il faut avouer en plus qu’au niveau logistique ce n’était pas évident pour moi, il fallait que je fasse d’incessants aller-retour.

5. La différence entre la France et la Norvège au niveau culturel, musical, nourriture…etc ?


En vivant sur place, j’ai pu m’imprégner de leur culture et mesurer l’impact de celle-ci sur la musique jouée. Je me suis rendu compte pourquoi ils pratiquaient ce black metal. J’avais déjà ma petite idée mais je voulais en avoir confirmation. Je pense qu’il n’y a pas mieux pour comprendre un pays que d’y habiter. La Norvège est superbe avec des paysages et des forêts sauvages, des fjords, des contrées peuplées de peu d’habitants, une véritable ode à la nature en quelque sorte. C’est un pays agréable à vivre, c’est sûr ! Bien sûr la bouffe n’est pas terrible pour nous français. Les Norvégiens apprécient la France pour sa gastronomie, ils savent que l’on a de la chance d’y vivre. Ils apprécient aussi notre pays du fait de ces décors naturels différents, chez eux, tous les paysages sont plus ou moins pareils. Par contre, ils ont une culture rock hyper développée. Même le metal passe à la radio, à la télé, aux awards et ça c’est formidable ! Tu comprends mieux pourquoi le metal fonctionne chez eux.

6. Y a-t-il un concept dans « Deathreat » ?


Dans les albums précédents, nous avions  eu des idées conceptuelles. On a déjà traité pas mal de sujets même s’il reste encore des millions mais sur cet album, nous avons essayé d’apporter les meilleurs arrangements possibles. Après cela reste évidemment du old-school death trash metal. Il y a même un chroniqueur qui nous a comparé à Morbid Angel et Vader !

7. N’es tu pas découragé lorsque tu vois que le groupe est plus connu hors de nos frontières ? La spécificité française ne t’agace t’elle pas ?


Non, pas trop car dès le départ, nous avions fait un choix délibéré de viser l’étranger. Je préfère être un groupe qui exporte sa musique dès le départ pour se faire une renommée et ensuite revenir proférer la parole en son pays. C’était un choix voulu à la base. Lorsque nous avons commencé, le metal labellisé français ne s’exportait pas bien du tout donc c’était la seule solution. Cette attitude n’a pas fait que des heureux dans l’industrie musicale française. Ils nous l’ont fait payé en nous zappant des festivals, des tournées…etc. On est passé à la trappe pour pas mal de plans. Cela a été malgré tout bénéfique pour nous et nous a endurci car après vingt ans, nous sommes toujours là, tu vois !

8. Si tu avais un budget conséquent que voudrais tu tourner comme clip ultime pour illustrer à merveille l’univers d’Agressor ?


Ce serait un mélange de gore, de porno, de science-fiction, de fantastique avec une pointe de mangas. On a encore pleins de trucs à dire car il y a énormément de sujets sur lesquels nous aimerions parler. Mais oui définitivement, ce que je viens de te citer refléterait bien l’image d’Agressor.  

9. Comment vois-tu en tant que « vétéran » de la scène son évolution ?


J’ai vu sortir plein de bonnes choses et pas mal  de grosses merdes ! En France, pendant un moment, il y a eu un vide et tout est repart de plus belle. Le niveau des groupes s’est considérablement amélioré rendant plus exportable la musique. Notre longue carrière nous sert de reconnaissance. Lorsque nous avons commencé, il n’y avait quasiment rien. Il a fallu défoncer (à coups de New Rock, ndlr !) toutes les portes pour se faire entendre donc nous assistons maintenant à l’émergement de notre descendance logique. Avoir le statut de référence peut être à double tranchant car tu dois toujours délivrer de la bonne musique !!!

 
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