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AWACKS le 09/02/2007

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Dans l'exercice on ne peut plus difficile du heavy prog, les Clermontois sont passés maîtres en la matière. Fort de leur troisième album, ils n'attendent plus que la chance leur soit donnée d'exposer leur musique au plus grand nombre. Nul doute qu'ils possèdent avec "The third way" un argument de choc pour enfoncer les portes du succès. Deux musiciens prolixes Nach (claviers) et Stan (basse) ne seront pas de trop pour répondre à nos questions...

1) En préambule faites-nous un topo sur l’historique du groupe ! 

Nach : Seulement si tu dis s'il te plaît ;-) Non, le groupe est né en 89. La passion de la musique a toujours été présente dans le groupe et Steve par exemple a appris son instrument sur le tas. L'ancien bassiste et clavier ont du quitter le groupe juste à la sortie du précédent album "Atmosphere 136" et Stan et moi avons été intégré à ce moment. C'est donc nous qui avons défendu l'album précédent. Nous aurons mis 2 ans et demi avant de sortir un nouvel album le temps que tout se règle. 
 
2) « The third way » possède un son soigné, quel en a été son processus d’enregistrement et son lieu d’élaboration ? 

Nach : Le processus a pris du temps dans le sens où nous avons du faire connaissance. En cela, défendre le précédent album "Atmosphere 136" a été une expérience enrichissante pour Stan et moi. Ca nous a permis de cerner un peu mieux nos univers musicaux et d'arriver à voir sur quels terrains nous nous retrouvions.  Ensuite le processus d'écriture s'est mis en branle et nous avons lorgné vers la date fatidique à laquelle nous aurions assez de moyens financiers pour investir dans la production de  notre album.
Pour le travail de studio en soi, nous avons fait les prises de son en 6 jours et le mix en 5. Heureusement que Sebastien Marc, notre ingé' son était performant. Le tout a été fait à côté de chez nous, au Factory Studio de Beaumont. Cela nous a apporté un confort non négligeable pour faire face à la pression de l'enregistrement. Un petit mastering chez Dyam et la galette était prête à être servie.


Stan W : Je rajoute que le processus d'écriture nous a permis de confronter d'autant plus nos différentes influences, fort variées. Le débriefing de pré-pré-maquettes et de pré-maquettes  nous a aidé à jauger la qualité des compositions, à ajuster et prévoir certains écueils du studio.


 3)  Vous êtes signé chez Brennus, la collaboration avec ce label vous convient-elle pleinement ?


Nach : Oui, Alain est le genre de personne qu'on souhaite rencontrer dans ce milieu: c'est quelqu'un de sain, très transparent dans sa façon de fonctionner. Ca ne veut pas dire qu'on n'aimerait pas avoir les moyens de diffuser notre travail par les canaux d'une plus grosse structure. Mais nous apprécions vraiment notre liberté totale de travail et les rapports proches que nous entretenons. Beaucoup de groupes se sont cassés les dents sur des grosses boîtes dont ils ne sont devenus qu'un fond de catalogue. Alain nous apporte un soutien réel, à la mesure de ce que Brennus peut nous offrir. Mais nous n'avons pas de boule de cristal….  

  

 4) Le nouvel album semble être plus axé sur les ambiances dans chaque titre…

Nach : Merci. Je prends ça comme un compliment car nous accordons beaucoup d'importance à tout ça. C'est une constante chez AWACKS depuis "Panorama", notre premier album. Nous cherchons vraiment à attirer l'auditeur dans ces filets là. Nous les expérimentons pour nous-mêmes, et puis si ça prend sur nous alors nous décidons de le garder.  C'est vrai que dans la musique que nous aimons écouter, les ambiances prennent le temps de se développer. Nous essayons d'abord de voir si nous nous laissons prendre dedans et si c'est le cas, nous considérons que le public pourra aussi s'y retrouver et nous gardons donc notre idée. 

Stan W : Personnellement , mon approche du heavy, du progressif en tant qu'auditeur ou compositeur a toujours nécessité un lien intime entre musique et texte. Un exemple : "To tame a land" d' Iron Maiden possède l'ambiance et l'harmonie adéquate  à  son sujet. Pour revenir à AWACKS, les thèmes abordés dans l'album sont liés, de manière ténue, parfois. Un titre comme "Rêve" transpire le positivisme tout en traitant de la perte de l'innocence et de la nostalgie. "Halfway to infinity" et son intro est l'un des rares morceaux à parler de l'existence à travers l'allégorie d'un spationaute amnésique, seul, perdu dans l'espace à mi-chemin entre quelque part et quelque part ! L'on pourrait continuer sur le diptyque "La haine et la souffrance"-"Time Curve" aux ambiances martiales très marquées (épique pour le premier morceau - froid, cynique, pour le second)... "Everything is Nothing" amène au questionnement sur la valeur d'un souvenir à travers l'histoire mélancolique d'un peintre cherchant à retranscrire à travers ses toiles des bribes d'existence, de visages sans parvenir à ses fins... Chaque titre possède son univers, nous y mettons un point d'honneur.

 

 5)  Vous êtes relativement bien connu en France, mais quid de l’étranger ? Avez-vous des contacts hors de nos frontières ?


Nach : C'est très difficile d'avoir une idée de sa propre notoriété. Tout reste à faire pour AWACKS à l'étranger comme en France. Nous allons devoir prouver aux personnes qui ont entendu parler de nous que nous avons des choses à leur montrer sur scène et qu'on peut leur faire passer un bon moment de musique et de chaleur humaine. Nous avons eu des contacts de l'étranger, en particulier de musiciens sud américains qui étaient intéressés par jouer avec nous en France et pour nous inviter ensuite en Amérique du Sud. Mais l'aventure est complexe  à mettre en marche tant pour l'organisation de notre déplacement que pour monter un plateau commun qui puisse tourner en France. 

 Stan W : Ta question, en effet, me laisse perplexe car nous n'avons aucune idée de notre impact (minime, j'imagine) sur la scène française.

 

 6) J’ai cru entendre que la cover avait une connotation très particulière ? Pouvez-vous nous dire de quoi il en retourne ?


Nach : Oui la jaquette est symbolique. Elle a été bâtie par Stan W à partir des réflexions du groupe sur là où nous en étions dans nos vies, nos projets. Le type sur la barque c'est nous, en même  temps que le panneau. Nous sommes la question et une réponse en forme de question. C'est très circulaire tout ça et c'est pour ça que la barque tourne en rond. La seule thématique commune de l'album c'est en effet le sentiment d'être perdu et de ce fait d'avoir à inventer soi même une voie qui n'est pas prédéfinie. 

 Stan W : Il est vrai que cette illustration possède une pluralité de sens - elle est bien entendu liée au titre de l'album : "The Third Way". Elle représente la position de l'être humain en société, dans le monde, en politique, dans nos réflexions les plus intimes - elle questionne sur les choix qui définissent toute notre vie - le bien, le mal que l'on fait, les compromis quotidiens. C'est également la recherche de l'échappatoire qui nous conduirait vers des lendemains plus glorieux. De manière plus terre à terre, le titre de l'album fait également référence à notre troisième album et à notre choix artistique.


7)      Avec le recul quelles sont vos impressions sur « The third way » ?


Nach : Je ne suis pas sûr d'avoir du recul puisque nous sommes en plein dedans encore, et que nous continuons à remanier les morceaux pour offrir dans la durée des choses différentes pour que les personnes qui viendront nous voir dans quelques mois aient quelque chose de différent d'aujourd'hui. "The Third Way" est le premier album que je coécris et il m'est donc particulièrement cher. C'est donc très difficile pour moi de te dire autre chose. Nous l'avons réalisé en peu de temps. Le temps dont nous disposons dépend en grande partie du soutien du public.  

Stan W : Je dirais - un accouchement difficile, au forceps : on a payé de notre personne pour finaliser cet  album. Quasiment trois ans de compositions, ce n'est pas rien. Je suis heureux et fier de l'album, heureux d'avoir fini de triturer des riffs en pleine nuit en rentrant me coucher après une répèt' douloureuse, heureux de ne plus douter de la faisabilité financière, l'argent ne tombant pas des arbres - et fier de pouvoir présenter en live (avec les bonus dont parle Nach) le résultat de ces efforts.


 8) L’alternance des chants en Anglais et en Français est un choix délibéré, pensez que cela va vous desservir pour percer ou considérez-vous cela comme un atout. Le moment venu ne faudra-t-il pas faire des choix tranchés ?


Nach : Dans la mesure où nous faisons les choses de façon authentique, nous les faisons pour rencontrer le public. Je crois qu'une rencontre réussie consiste à ce que le plaisir soit partagé. Or notre plaisir réside dans des chansons qui nous tiennent à cœur. Or il est plus facile d'introduire de la poésie ou d'autres sentiments en Français qu'en Anglais pour nous. Alors des choix tranchés… On ne peut pas dire "fontaine je ne boirai pas de ton eau", mais ça paraît difficilement envisageable aujourd'hui. Et puis ça permet à certains critiques de continuer à s'imaginer que nous cherchons à singer Manigance. Alors pourquoi leur enlever ce plaisir ?


 Stan W : Je rebondis sur cette dernière phrase en me sentant obligé de préciser que - non - nous n'écoutons pas Manigance plus que cela. Il se trouve que les timbres de nos chanteurs respectifs peuvent parfois se rapprocher et que l'utilisation de la langue de Molière pousse à la comparaison. Je reste persuadé que si nous n'utilisions que l'anglais, jamais telle comparaison n'eut été formulée... Anecdote amusante, dans une récente chronique, la ligne de chant du titre "Vivre sans Lumière" a été qualifiée de "forte ressemblance avec Manigance" - étonnant car c'est une des rares ligne de chant que j'ai composée je suis le bassiste) et je n'ai... aucun album de Manigance. Quant au futur choix à faire, l'avenir nous le dira !


 9)  Une question que je pose à tous les groupes, avec quelles formations Françaises ou étrangères rêveriez-vous de partager la scène ?


Nach : En groupes étrangers, personnellement je te répondrais Symphony X, Vanden Plas, Dream Theater, Andromeda, Scar Symmetry mais ça ne serait qu'une partie des groupes que nous aimons, y compris des miens, et c'est l'objet d'une réflexion particulière de ma part.  Dans la réalité les choses sont différentes (ah … je sens que je t'apprends quelque chose ;-) ) Il y a beaucoup de groupes aux côtés desquels nous aimerions jouer ne serait-ce que pour réaliser des rêves de gosses. Mais nous avons aussi envie de partager des moments de musique avec d'autres formations y compris françaises, comme Heavenly (que nous avons contacté pour tenter une date  au moins ensemble) dans un souci de faire péter les watts et de proposer une affiche intéressante au public. Une affiche avec Venturia ou Adagio serait un autre vrai plaisir.  

 Stan W : Sans hésiter : Faith No More (oui, je sais.........split), Devin Townsend, Annihilator et bien sur Maiden (je rêve dans tous ces cas de figure et ceci reste personnel)


10) Quel est votre regard sur la scène métal Française ?

Nach : C'est une scène composée de gens vaillants, animés par la conviction qu'on ne peut évoluer que dans le terrain que le mainstream nous laisse dans notre pays. C'est un rassemblement de joyeux drilles et ou dépressifs en tous genre toujours prêts à se rassembler avec globalement une belle ouverture d'esprit. Les groupes qui la composent sont le reflet de ça. On n'empêchera jamais les groupes qui débutent de vouloir se donner des airs de rock stars, mais je pense que dans tous les styles c'est vrai, et sans doute moins  dans le metal que dans d'autres.
La scène metal est essentiellement écoutée lors de manifestations orientées extrême. Mais je compte sur l'ouverture d'esprit des amateurs du genre pour que ça change, qu'il y ait davantage d'ouverture sur tous les styles. Là où nous habitons, il est rare de voir des gens typés hard-core qui se pointent à des concerts d'autres styles de metal, alors que l'inverse est vrai. C'est vraiment dommage. J'espère que ça changera vite!  J'ai en tous cas été impressionné cette année par Adagio, et Venturia si c'est ta question. 

Stan W : Idem Nach. J'ai bien aimé Venturia auquel je rajoute la claque Ufych Sormeer, Syren's Call qui négocie bien sa barre à tribord! Quelques pétards un peu mouillés tout de même, Phazm en tête...


11) Des plans concerts à l’horizon pour promouvoir votre disque ?


Nach : On y travaille d'arrache pieds. C'est beaucoup de travail car nous n'avons pas de manager pour le moment. Des dates prévues sur Lyon, (on devrait revenir là bas après le 17 février si tout se passe bien), Montpellier, Macon, etc… On va tourner en effet partout où nous serons bien accueillis! 


12)  L’interview touche à sa fin, aimeriez-vous rajouter quelque chose?

Nach : Je crois que tu m'a permis de tout dire. J'ajouterai seulement: n'oubliez pas de débrancher le P2P de temps à autres et d'acheter des albums qui vous plaisent! Merci de votre soutien à tous, lecteur et équipe. Merci Phil de faire de la borne pour découvrir des groupes! Continuez à ouvrir vos volets sur le monde et à suivre toutes les voies qui s'offrent à vous!

 
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