| Conférence de presse avec SLAYER le 14/09/2009 |
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La conférence de presse de Slayer donnée aujourd’hui, à l’occasion de la sortie prochaine du prochain disque du groupe, « World Painted Blood » (initialement prévue pour Septembre, mais repoussée normalement à fin Octobre) se tient dans un hôtel parisien plutôt guindé, en plein Paris… 18ème.
Votre serviteur, bien que n’ayant pas la primeur d’une interview en tête à tête, a tout de même eu le privilège d’écouter le dit disque dans son intégralité, et accessoirement, de boire une bière au comptoir avec Jeff Hanneman, Kerry King et Dave Lombardo, qui, contrairement à certaines rumeurs, sont apparemment loin de se détester, et m’invitent à leurs conversations délirantes pour une bonne rigolade. On sent bien que les campagnes promos ne sont pas ce qu’ils préfèrent, mais les thrasheurs, seigneurs ( ou saigneurs c’est selon) du genre se prêtent de bon cœur aux réponses aux questions et aux photos que j’ai mendiées !
Arrive l’écoute du disque donc, et…eh bien ma foi, je reviendrai certainement sur cet album au moment de le chroniquer, mais que dire. Du Slayer pur jus. On nous avait de ci de là annoncé une résurgence des mélodies à la Seasons In The Abyss (1990), ce qui n’est ni totalement faux, ni totalement vrai. Nous n’avons pas exactement droit au retour de morceaux mélodiques comme pouvait l’être un «Dead Skin Mask », mais quelques refrains et idées de riffs se veulent catchys, même si dans l’ensemble…ça speede en furie, certains morceaux auraient carrément pu figurer sur un « Reign In Blood II » sans problème. Quelques commentaires sur les titres :
« World Painted Blood » s’ouvre sur le morceau éponyme, avec un riff assez surprenant et « Sabbathien » dans la démarche, mais il ne faut pas longtemps avant que la boucherie punk/metal survienne. Autre chose étonnante, ce morceau, même s’il n’a été écouté qu’une fois et que cela limite le recul, est celui le plus complexe probablement, avec plusieurs parties très différentes juxtaposées. On est pas non plus dans le progressif, mais la succession d’ambiance est bien amenée, et on se dit que l’album commence décidément très bien.
« Unit 731 » remet cependant les pendules à l’heure, et on a affaire à un morceau digne de Reign In Blood, totalement agressif, braillard et dissonant , du pur Slayer traditionnel, entendu et réentendu, mais…franchement, qui s’en lasserai. Pas moi ! Surtout qu’il est déjà clair qu’à ce stade, Greg Fidelman (producteur du disque, ayant mis en boite dernièrement le dernier Metallica et ayant bossé aussi avec Slipknot) a fait de l’excellent job, et propose un son à la fois dépouillé, rond et claquant, qui rend justice à l’esprit crade mais précis de la musique du groupe.
« Snuff » est lui aussi un titre sans dentelle, qui s’ouvre sur une ribambelle de solos totalement déjantés. Un refrain scandé qui semble marteler « Murder is my future, killing is my future » semble donc aborder un thème très romantique, comme d’habitude.
« Beauty Through Order » ralentit le tempo (tout au moins au départ), pour une ambiance lancinante et malsaine. Les premières vraies mélodies de chant apparaissent, mais tout cela finit par se gâter franchement, et le speed s’envole avec du solo comme seul King sait en faire, avec un final en furie et un arrêt brutal, un peu comme la plupart des titres du disque d’ailleurs.
« Hate Worldwide », à l’instar de « Unit 731 », envoie le steack, le fait bien, et c’est à peu près tout. Le morceau a déjà circulé sur le net, et ne surprend pas. Juste un bon morceau de Slayer, mais un morceau de plus. Il en va de même pour « Public Display Of Dismemberment », qui, comme l’indique son titre à nouveau, parle de la faim dans le monde. Meuh non jdéconne.
« Human Strain » est un titre plus aventureux, et le côté « Seasons… » ressort plus clairement, par son mid-tempo et son excellent pont.
« Americon » surprend carrément, avec ce riff, certes acéré, mais délibérément catchy et répété, le morceaux a même un côté « entrainant », enfin…entrainant à la Slayer, hein ! Cela dit, ça reste le morceau le plus « rock » de l’album. Etonnant, mais efficace.
Pour « Psychopathy Red », également écouté par ci par là sur le web et déjà joué sur scène, toujours pas de ballade en vue, ça speede, ça gueule, ça fait du bien.
« Playing With Dolls » et « Not Of This God » sont certainement très bons, mais votre serviteur dévoué préparait déjà ses questions pour l’arrivée des musiciens, donc, je n’ai pas vraiment de descriptif ! ahahah…
Les musiciens font alors leur arrivée dans la salle, et le jeu des questions sera court (20mn/30mn à tout casser), au cours duquel je me paie la part du lion, en monopolisant le micro (je suis farceur), désinhibé par ma conversation avec les musiciens plus tôt au bar. Sachez que cette conférence de presse (désertée par Tom Araya et de laquelle Hannemman s’est barré pour aller se chercher un autre cocktail au bout de 3 minutes) est visible dans son intégralité sur les liens suivants, filmée par un confrère dont je n’ai pas du tout le nom :
http://www.youtube.com/watch?v=fhyzvKLou0E (partie 1)
http://www.youtube.com/watch?v=RwlNnyBZosI&feature=related (partie 2)
http://www.youtube.com/watch?v=Jfa7oDwIl44&feature=related (partie 3)
La seconde question a été pour moi, mais il semblerait que la première ait été squeezée au montage, vous m’entendrez donc demander à Slayer ce qui suit, ainsi que d’autres questions, que je vous laisserai le soin d’écouter ! retranscription néanmoins de la première intervention, ma question ayant suscité une bataille d’argument assez longue entre King et Lombardo !
Loki : « Vous aviez pour habitude de travailler avec Rick Rubin, qui est connu pour son approche assez « spécifique » ! Est-ce que cela a changé drastiquement les choses de travailler avec quelqu’un juste à côté de vous, musicalement ou humainement ? »
Kerry King : « Cela a pu être source d’inspiration, mais au final, il s’agit de ce avec quoi nous arrivons, et de la façon dont nous aimons procéder en tant que groupe, ; ce qui était bien avec Greg, c’est qu’il était là avant n’importe qui d’entre nous chaque jours et repartait après tout le monde. Il est probablement celui qui a été le plus proche d’être le cinquième membre de Slayer depuis Andy Wallace dans les années 80. Il a apporté des suggestions, des choses auxquelles nous n’aurions probablement jamais pensées, il a même fait une suggestion pour une chanson, que j’ai conservée. J’ai besoin de respecter un producteur pour lui donner cette opportunité, donc c’était très bien, et même si l’on ne sait jamais de quoi le futur est fait, je souhaiterai retravailler avec lui sur tous les prochains disques que nous ferons. »
Dave Lombardo : « Je peux rajouter quelque chose ? Ce qu’il a fait pour moi en tant que batteur, c’est que par exemple, j’avais un rythme pour un riff ou une chanson, et Greg m’incitait à penser à d’autres rythmes, au final j’avais parfois 4 ou 5 rythmes, il m’apportait des suggestions, me faisait essayer d’autres idées, c’est ce dont j’avais besoin, car j’avais tellement de rythmes en tête qu’il m’était compliqué de faire un « filtrage » pour en arriver à celui qui était parfait. Donc, le fait d’avoir un producteur qui se souciait de ce qui se passait, et sur qui l’on pouvait compter, m’a vraiment aidé à choisir ce qu’il fallait. J’étais très satisfait de son implication, cela m’a aidé à être un meilleur batteur. »
King : « Je peux rajouter quelque chose ? (rires) Par exemple, ce qui était appréciable, c’est que Greg faisait jouer une partie à Dave disons 6 fois, et lorsque nous revenions dans la « salle de contrôle » avec lui, il était capable de dire ce qui différenciait chacune des six prises par rapport aux autres, et il déterminait celle qui était la meilleure, ou la seconde, si nous en aimions une plus que lui, et disait même à Dave ce qu’il avait fait, des fois que Dave ait oublié, vu qu’il jouait énormément de trucs différents ! Donc, c’était vraiment appréciable d’avoir quelqu’un d’impliqué à ce niveau, cela a rendu le disque meilleur. »
Dave Lombardo : « Puis je ajouter quelque chose ? (mouarf) Ce type (Greg) avait de très nombreux morceaux de papiers disséminés partout, il y avait bien sur sa grande table de contrôle, mais elle était recouverte de papiers, de documents, de notes, et parfois je rentrais, voyait cela, et me disait « ce type est un vrai producteur ». Il n’essaie pas d’être comme quelqu’un d’autre, par exemple, ce n’était pas le genre à venir cinq minutes et repartir, il était là pour travailler avec nous. »
King : « en fait, il s’agissait pour lui de sa première fois en tant que producteur à proprement dit, il était plus l’ingénieur auparavant. Donc il voulait que la première se passe le mieux possible. » Sortie de la salle, avec une ou deux dernières photos. Très bon souvenir que cette journée, avec des musiciens certes conscients de leur statut, mais pas hautains pour un sou. Préparez vous à l’assaut de « World Painted Blood », dont nous vous reparlerons bien entendu très prochainement. Loki
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