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THE OLD DEAD TREE + Liturgy Of Decay au Nouveau Casino (Paris) le 20/10/2007

Je précise quelque chose d’emblée : cette soirée a été pour ainsi dire une « expérience » pour moi, dans la mesure où The Old Dead Tree m’est quasi-inconnu. Bon, sachant que je devais venir ce soir les voir, j’ai acheté leur disque (j’ai bien dit acheté) pour savoir de quoi je parlais tout de même. Mais ne vous attendez pas à avoir le point de vue d’un énorme fan, je ne le suis pas encore. Mais pourrais le devenir. Cela dit, il sera certainement intéressant de faire figurer ici l’avis de quelqu’un d’objectif, au final.

Première partie assurée par Lithurgy Of Decay. Le décor est planté : bougeoirs ça et là sur la scène, et musiciens maquillés et vêtus tout de noir. Tout au moins, le temps de deux ou trois morceaux, après lesquels, suivant ce qui semblait « théâtralement » arrangé, les membres (masculins) du groupe tombent le haut et arborent un (faux) tatouage sur leur poitrine. Le show de Lihturgy of Decay a le mérite, s’il en est, d’être un peu conceptuel.

                                            

Pour le reste, on a à faire à un metal gothique assez rectiligne, chaque chanson commençant globalement calmement, pour monter en crescendo dans l’intensité et la souffrance. Je n’en mettrais pas mes mains à couper, mais globalement, le concept fait l’apologie de la souffrance, et donne dans la contestation. Ainsi, Olivier Luthereau, chanteur et guitariste (et à n’en pas douter, seul compositeur de l’ensemble de ce que j’entends, à en juger par l’attitude) fait clairement preuve d’une bonne volonté, vit ses textes, et est indéniablement charismatique. Bon, ensuite, on est dans le trip, ou pas. Certains en rient dans la salle, d’autres écoutent poliment, et bougent même un peu les cheveux. Lithurgy of Decay joue une musique clairement puissante, quoique peut-être répétitive, mais on ne peut pas enlever à ces gars là le sens de la mise en scène, ni leur reprocher de ne pas être « à fond » dans ce qu’ils font.

                                                 

Les attitudes sur scène sont pour certains « possédées », pour Luthereau, c’est une gestuelle violente mais gracieuse, comme si l’intéressé voulait par ses grand gestes repousser les démons qui l’habitent (c’est imagé, mais l’idée est là). Seule ombre au tableau, que j’ai trouvé quelque peu dispensable. En intro d’un (bon) morceau, Olivier s’empare de feuilles de papiers, et se fend d’un discours anti-Sarko anti-Bush anti-guerre à venir, qui dans ce contexte pouvait paraître non – indiqué d’une part, et d’autre part un brin démagogique (je me demande toujours pourquoi des musiciens tapent par exemple sur « l’Etat policier instauré par notre cher président », quand ils ne se sont certainement jamais fait contrôler eux même.) Je ne dis pas que Sarkozy est un ange, loin s’en faut, mais…bref, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les musiciens doivent dire aux autres ce qu’il faut penser. Surtout que la musique de Lithurgy Of Decay n’a pas besoin de cela pour exister. Loin de là.  Un bon moment, donc…espérons leur le meilleur, et peut-être une richesse plus aboutie, dans l’avenir. Une musique qui est certainement là pour véhiculer une image et un état d’esprit, mais qui mériterait d’être elle-même plus fouillée.

                                               

Le public, jusque là poli, s’énerve franchement lorsque Manuel Munoz et ses comparses investissent la scène. Tout le long de la prestation de The Old Dead Tree, le public leur mange dans la main, chante à tue-tête, pogote même un peu, les filles n’en peuvent plus devant le bellâtre Munoz (oui bon, ça va hein…pfff). Et le groupe donne autant en retour.

                                                   


Première date du groupe pour sa tournée, ce dernier ne s’économise pas pour autant, et c’est un show bien rodé auquel on a droit, n’en déplaise à Manuel Munoz, chanteur extrêmement charismatique et talentueux, qui timidement demande à l’audience d’être indulgente, car le groupe doit se « dérouiller ». Une humilité bien louable, qu’on ne voit guère trop chez les frontmans d’aujourd’hui (Munoz ne renâcle d’ailleurs pas à rire franchement des blagues du public, ni à plaisanter lui-même), et le fait de ne pas se prendre au sérieux rend encore plus crédible le travail du concerné, qui, je dois le dire, m’a soufflé. Un chant clair d’une justesse absolue (allez, Manuel, tu l’aimes bien quand même, Mattew Bellamy, mm ?) et des alternances avec des passages « deaths » totalement maîtrisés.

                                                

Prestation très pro. Les musiciens ne sont pas en reste, et messieurs Moinet et Danhier sont manifestement heureux d’être là (bien que Foued le batteur manque à l’appel, remplacé par un gars talentueux dont je n’ai pas le nom….car oui, Munoz nous apprend que Foued, présent sur le dernier disque, a quitté le groupe. Exclu !!! Munoz appelle d’ailleurs le public à « pourrir » gentiment le dissident, qui se trouve dans la salle.)

Musicalement, c’est à la fois varié et encré dans une identité définie. Du rock-metal énergique, avec des mélodies mélancoliques, et des passages plus gras et headbanguants. Qu’on crie à la non -originalité ou pas, ce qui se passe sur scène est bougrement efficace, et Munoz et Cie bénéficie, après les deux premiers morceaux « tests », d’un son à la fois clair et puissant.

 

Bonne soirée donc, au milieu d’un public de toutes les générations, avec une prestation forçant le respect, pour des gens dont le professionnalisme et l’humilité font plaisir. Tiens, je vais aller m’acheter le reste de la discographie, moi.

 

Loki 

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