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WITHDRAWN le 08/05/2009

WithdrawnInterview réalisée par mail avec Chris, le chanteur.

Entre Black et Death, les Bordelais de Withdrawn vous éclaboussent de leur puissance musicale pendant toute la durée de "Skulls Of The Weak". Behemoth et Vader n'ont qu'à bien se tenir, les Frenchies débarquent à grand renfort de riffs assassins. Voyage dans l'ultra violence...

 

 

 

1. Peux-tu nous dire quand et comment est né Withdrawn?

Mon frère et moi avions monté un premier groupe nommé Dawn Chaos qui a splitté en 2002. De là, nous sommes partis sur un autre projet que nous avons nommé Withdrawn en 2004 avec l’arrivée d’un premier guitariste. Entre 2002 et 2004, face au manque évident de musiciens motivés et sachant un minimum jouer, Julien a laissé de côté le poste de guitariste pour se mettre à la batterie et apprendre à jouer de cet instrument ; les batteurs n’étant pas légion dans la région bordelaise, les batteurs de métal extrême encore moins. Il nous a fallu pas mal d’années et beaucoup de rencontres infructueuses pour arriver à créer un premier trio stable.

2. Pourrais-tu nous présenter "Skulls of the weak"? Quels thèmes abordez-vous dans vos chansons ?

« Skulls of the Weak » est le résultat de plusieurs années de travail mais aussi d’ouverture musicale. Nous avions tous découvert le métal d’une façon différente, à travers des groupes aussi différents que Metallica ou Fear Factory, mais c’est In Flames qui nous avait tous mis sur la même longueur d’onde et qui a influencé nos premières compositions. Après 2 démos où nous cherchions notre son, et après avoir découvert de nombreux autres groupes dans divers styles musicaux, nous avons composé 6 nouveaux titres et réenregistré 2 anciens titres issus de nos démos et qui se mariaient bien avec les inédites. L’album comporte 8 morceaux pour une durée totale avoisinant les 40 minutes et c’est un déluge de blast beats et de breaks accompagnés de riffs et de refrains catchy.
L’unique thème abordé dans les chansons est le « surhomme ». Les 8 morceaux forment un concept évolutif autour de la prise de conscience du surhomme et les moyens mis en œuvre pour arriver à le créer. Il ne s’agit pas de devenir une boule de muscles ou de devenir l’homme le plus riche ou le plus puissant du monde, il s’agit plutôt d’acquérir la volonté nécessaire pour affronter l’adversité et son propre soi afin de réaliser ses rêves.

3. En tout cas, le disque bénéficie d'une belle production…

 Elle est signée Raphael Henry de l’Echoes Studio en ce qui concerne la batterie et David Potvin du Dome Studio pour tout le reste, y compris mix et mastering. Nous sommes satisfaits de nos choix et du résultat final. Nous voulions travailler avec David car en tant que membre de Lyzanxia nous pensions qu’il avait accumulé suffisamment d’expérience en ce qui concerne la musique et la production pour pouvoir nous donner un son moderne. D’autant plus que les prises batterie réalisées par Raphael Henry étaient tout à fait correctes, ce qui a facilité le mix.

4. Quelles sont vos attentes avec ce disque ?

Nous voulons véritablement monter d’un cran au niveau de la renommée nationale. Nous nous rendons compte que le nom de Withdrawn commence à circuler et nos prestations live nous ont permis de nous crédibiliser aux yeux de certains acteurs de la scène, groupes comme associations ou tourneurs. Cet album rend notre travail enfin un peu plus professionnel et nous espérons pouvoir ouvrir des portes grâce à lui, participer à des festivals, jouer en première partie de gros groupes internationaux, faire des tournées, avoir un maximum d’affichage via la presse papier nationale notamment, etc… Nous allons tout faire pour nous hisser petit à petit au niveau des groupes de métal extrême nationaux. Puis internationaux par la suite. La route est encore longue mais ce disque devrait crédibiliser et implanter plus sérieusement le nom de Withdrawn sur la scène nationale.

5. Votre musique s'inscrit dans la tradition du Black Death classique, quelles sont, d'une manière générale, vos influences ?

Je ne trouve pas que notre musique s’inscrive si facilement que ça dans une tradition black death classique. Il est vrai que nos principales influences proviennent de ces deux courants extrêmes mais nous les mélangeons à notre façon en ajoutant une part de mélodie. Certaines personnes qui pensaient que Withdrawn était un groupe à la musique simple ont déchanté quand elles ont essayé de nous prouver qu’elles pouvaient écrire un morceau de Withdrawn. A notre mélange à nous s’ajoute un côté catchy et une façon d’envisager les morceaux comme des « vraies » chansons avec des couplets et des refrains, chose que peu de groupes aujourd’hui essaient de faire. Il ne s’agit pas de faire les titres les plus alambiqués ou les plus techniques possibles mais bien de faire les titres les plus efficaces et les plus accrocheurs possibles, et ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air.

6. Quelques années après, quel regard portez-vous sur vos démos ?

Une production faible mais pour du « home made » dans un home studio minuscule et avec presque aucune connaissance ce n’était pas si mal. Les compositions étaient 100% mélodiques, nous nous auto-censurions sur les riffs trop agressifs mais après les avoir réécoutés dernièrement, il y avait quelques bonnes idées par ci par là. Nous avions déjà osé mettre des blast beats sur des riffs à la suédoise ce qui avait provoqué l’incompréhension chez certaines personnes. Du blast beat sur de la mélodie ? Les blast beats ce n’est pas réservé au black métal normalement ? Quand il y a de la mélodie c’est forcément comme le dernier album de Soilwork npn ? Notre étiquette de death mélodique paraissait facilement identifiable mais elle en avait égaré plus d’un, surtout que nos prestations étaient plus proches d’un groupe comme Behemoth que d’un groupe plus pépère, plus mélodique, sur scène. Les 2 démos « This is not therapy » et « Tear V.2.0. » avaient des bonnes idées mais elles manquaient encore de maturité, ce qui est assez normal pour des premiers essais.

7. Withdrawn est surtout un groupe de scène, vous aimez jouer live, ça se sent dans votre musique mais arrivez-vous à trouver des dates en dehors de la France ?

Nous ne nous sommes pas encore trop penchés sur la question. Nous avons regardé plus sérieusement pour jouer en Belgique, en Allemagne et en Pologne mais plusieurs problèmes se posent au niveau de la langue comme au niveau des équivalences des valeurs monétaires. Quand un tourneur t’invite en Pologne en te proposant un paquet de zlotys tu es intéressé pour y aller. Sauf que lorsque tu fais la conversion en euros tu te rends vite compte que la fortune dont il te parle est loin d’être suffisante pour que tu puisses faire 1500 kms sans grosse perte.

8. Avez-vous déjà des retours sur le nouvel opus?

Toutes les chroniques que nous avons eues de cet album sont élogieuses, ou bonnes dans le pire des cas. On peut ne pas aimer mais les gens reconnaissent la qualité de réalisation et d’exécution de l’album. Des tourneurs se sont montrés intéressés pour travailler avec nous après avoir écouté l’album et des groupes plus établis comme Benighted ou Textures apprécient notre musique, surtout en live.

9. Peux-tu nous parler de cette structure qui vous soutient désormais, Another Sphere Records…

Another Sphere est composé de 2 lyonnais : Philippe et Théo. Théo s’occupe plus de la partie commerciale et communication tandis que Philippe est plus dans la recherche de dates, le démarchage. Nous nous entendons bien avec eux et ils se bougent pour le groupe en nous proposant des plans ou en nous soutenant financièrement, ce qui devient très rare dans ce milieu. Ils apprécient notre musique et ont beaucoup d’espoir en nous. Pour l’instant ça se passe bien.

10. Quels sont vos projets maintenant ?

Faire un maximum de dates pour promouvoir l’album mais surtout participer à un maximum de festivals comme le Chaulnes Metal Fest et partir en tournée avec des groupes nationaux réputés. C’est véritablement sur scène que Withdrawn arrive à convaincre les quelques réfractaires sur cd.

11. Quel regard portes-tu sur le monde du Métal aujourd'hui ?

Il y a vraiment de tout et du n’importe quoi. Beaucoup d’assos et de groupes peu sérieux et sans avenir parce qu’ils ne veulent pas d’avenir et des gens qui se bougent et organisent de grands événements. Il y a aussi quelques groupes vraiment sympas et qui voient le tout de façon professionnelle. Je pense notamment, mais ils ne sont pas les seuls, aux mecs de Lyzanxia qui ont une vision des choses très réalistes et qui ont su tirer des leçons de leurs expériences pour proposer quelque chose de carré à tous les niveaux et propulser leur métal plus haut. Sans être un fan de Gojira, je reste admiratif de leur travail effectué et de leur carrière, ils y ont cru et ont réussi à dépasser les frontières, c’est un exemple à suivre. Après il y a beaucoup de groupe qui créent des choses originales mais parfois vraiment « mou du genou ». Le monde du métal de façon générale aurait besoin de se professionnaliser plus pour gagner en crédibilité auprès des médias. Tant que nous revendiquerons un « fuck the mainstream », le mainstream refusera de nous accorder la moindre importance et nous serons vus comme des bêtes de foire. Faisons le premier pas dans la tolérance pour qu’ils puissent être tolérants à leur tour et s’ouvrir au monde métal.

12. Tes derniers skeuds achetés...

« Stories of the seas, stories of the city » de Pj Harvey. “Invaders must die” de Prodigy. Le dernier Birdy Nam Nam, “Saturday Night Wrist” de Deftones, “Dude Ranch” de Blink-182, “Traitors” de Misery Index, “Scream Aim fire” de Bullet for my valentine, “Given to the rising” de Neurosis, “Harnessing Ruins” d’Immolation. Beaucoup de vieux trucs en fait ou sortis il y a plusieurs mois déjà. J’hésite pour le « NoN » de the Amenta.

13. Je profite de t'avoir sous la main pour te demander des nouvelles de Diskarial...

Julien a signé un deal avec le label chinois Funeral Moolignt Productions qui a eu des problèmes à l’impression des albums avec le gouvernement chinois durant les derniers JO. Normalement tout est réglé et il devrait recevoir les exemplaires bientôt. Un deuxième album est déjà presque fini d’enregistrer et il s’agira de quelque chose d’assez différent mais au vu des premières réactions tout le monde s’accorde pour dire qu’il est de loin meilleur que le premier album.

14. Et bien merci de votre accueil et surtout merci d’avoir répondu à mes questions…

Merci pour ton temps et pour tes questions. Nous accorder une interview et une chronique est un véritable soutien qui permet de faire parler de nous. Merci pour tout et bonne continuation. Et à tous les lecteurs de KaosGuards, passez nous voir quand on sera en concert près de chez vous, histoire de prendre un bon métal extrême de plein fouet en plein visage.

Evildead

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