| GOJIRA + Trepalium + Sybreed au Transbordeur (Lyon) le 01/02/2009 |
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Il faisait froid, il faisait nuit, une file d’attente d’une bonne centaine de mètres longeait le parking du Transbordeur en ce dimanche 1er Février. La population métal locale et des environs de Lyon s’était donnée rendez vous pour ce concert phare, comme il en existe seulement quelques uns par an. Mais la question principale demeurait en suspens, à quelle sauce allait-ont être mangé par Godzilla, euh pardon, Gojira ? Nous le saurons plus tard car Sybreed et surtout Trepalium accompagnent les Bayonnais dans leur périple français d’une vingtaine de dates à travers l’hexagone afin de prêcher la bonne parole partout où ils passent. Sybreed, invité surprise, ouvre les festivités de ce concert francophone. Leur dernier passage en France en 2007 aux côtés de Samael à Paris, n’avait pas totalement convaincu l’auditoire. Ce soir le constat va être légèrement révisé à la hausse car il y a du mieux mais on n’est pas encore face à un groupe qui sache vous guider par le bout du doigt. Comme à leur habitude, le clone Genevois de Fear Factory, balance la sauce en concert par le biais de gros samples techno appuyés par des murs de grattes derrière. Le chanteur essaie de communiquer avec le public mais ce dernier n’est que peu réceptif à la musique et aux encouragements des petits Suisses. En effet, l’auditoire clairsemé et le groupe gardent la même attitude, rester stoïque et s’observer en attendant que l’autre bougera le premier afin de suivre le mouvement. Bien évidement, personne ne se donnera la peine d’entraîner l’autre, ce qui aura pour effet d’être très calme excepté peut être les deux dernières chansons ou les remerciements à Gojira de les avoir invité pour la soirée. On ne retiendra pas grand chose de ce concert, à revoir à l’occasion en première partie. J’avais été surpris par l’album de Trepalium, un mélange de gros Death et d’influences plus jazzy qui s’accommodaient dans le meilleur des mondes et rendait l’ensemble plutôt intéressant. J’attendais de voir ce groupe avec impatience à vrai dire, mais j’étais loin de deviner le spectacle qu’ils allaient nous offrir ce soir.
On commence par la musique si vous le voulez bien. En live, les morceaux ont tendance à se ressembler et les compos deviennent au fil du concert quelques peu ennuyantes, tant il ne se dégage rien de ce groupe qui manque totalement d’âme. Ce n’est pas tout d’aligner les riffs, il faut les vivre et malheureusement ce n’est pas le cas ce soir. L’attitude générale est assez personnelle. Chacun joue son truc dans son coin, malgré leur présence à quatre sur le front de scène, cela ne crée pas une unité visuelle capable de motiver le public de rester plutôt que d’aller vaquer à ses occupations ou à ses discutions autour d’une bière au bar. Autre point très négatif, le chanteur. Une prestation scénique calamiteuse, non pas avec son instrument, car de ce côté-là rien à redire mais de son attitude scénique révoltante. N’ayons pas peur des mots, on se demande ce qu’il fait dans une salle de concert. Son phrasé et ses encouragements sont à mettre dans un bêtisier tellement ils sont ridicules. Un exemple parmi tant d’autres « Merci à Gojira de nous avoir laissé traîner avec eux » un discours digne d’un traveller. C’est à se demander, si pour manger, ils ne font pas la manche, avec leurs chiens, dans le tour bus de Gojira.
Après un moment de détente et le passage de deux groupes « fantômes », les bayonnais de Gojira vont investir les lieux dans la pénombre du Transbordeur. On voit de suite la différence entre le toc et l’or 18 carat. Ce soir, il aura fallu quelques secondes à tous pour être pris dans la tourmente Gojira. Le groupe impressionne par son professionnalisme et en impose par sa musique technique et envoûtante. Comment un groupe composé de quatre personnes aussi « normales » peut créer une telle ambiance. Une telle maturité se dégage de cet ensemble qu’il est difficile d’en croire ses yeux. Quatre-vingt minutes de BONHEUR en barre passent sans que l’on se rende compte de quelque chose. C’est assez bluffant. Jamais un groupe français de Metal ne m’avait autant secoué intérieurement et encore le mot est faible. Les mille personnes présentes ce soir seront certainement du même avis que moi. On est à des années lumières des deux premières parties.
Côté musique et interprétation, on frise l’excellence. Gojira est une machine de guerre. On voit le bénéfice de faire deux cents dates par an. L’ensemble est ultra carré, c’est un sans faute. Ces petits Français ont de l’avenir devant eux.
La seule chose que l’on pourrait regretter est l’absence de titre de leur deuxième album « The Link » mais on répondra aux mécontents qu’il fallait venir les voir sur les tournées précédentes. En effet, la set list fait la part belle au dernier album, ce qui est plus que compréhensif étant donné sa qualité, et à « From Mars To Sirius ». A cela vient s’ajouter « Love » et « Terra Incognita » de l’album éponyme. Il faut saluer par la même occasion Mario pour son petit solo de batterie de cinq minutes totalement époustouflant. Chose qui est rare car souvent, on nous montre de la vitesse et de la technique mais peu de feeling en réalité.
Les mots me manquent pour retranscrire l’émotion et surtout le côté hypnotisant de ce concert qui restera un excellent souvenir pour avoir touché les extrêmes en si peu de temps. Legion
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