Le sin cession de l’an passé ne m’avait déjà pas grandement convaincu, ayant ce côté formaté beaucoup trop éloigné de l’esprit authentique du metal. Quelle était ma déception en apprenant que les heureux gagnants étaient Blazing War Machine, ce groupe jouant une musique d’une manière professionnelle, mais si superficielle ! Cette année, les choses ne semblent pas avoir véritablement changées, et je dois bien avouer qu’il m’a suffi de regarder l’affiche pour déjà établir les scores, silencieusement…
C’est aux alentours de 19h30 que Stoneburst attaque, mais j’arrive malheureusement après la fin de leur prestation. J’avais assisté à un de leurs concerts il y a fort longtemps, j’ignore donc leur évolution depuis tout ce temps. Ce sont donc aux Stéphanois de Mithridatic d’enchaîner, et on peut dire que la montée sur scène de l’hurleur Guitou commence déjà à faire grimper la tension, dans les deux sens du terme (on ne développera pas sur le sujet…). Armé, celui-ci donne le rythme avec quelques coups de revolver tirés en l’air, après quelques riffs de guitares angoissants.
Le set débute d’une manière ultra violente, mais le public du sin cession n’ose apparemment pas trop se lancer dans de blessants pogos. S’en suit un titre assez récent, d’une extrême lourdeur qui a de quoi faire réagir même les plus coreux d’entre nous. Le chanteur Guitou peine pour communiquer avec son public, lui incitant à retourner la salle. Malgré cela, la très mélodique « Terrorist Of Poisonned Blood » s’enchaîne et réveille un peu plus les esprits, puis le coup final de « Guillotine Supremacy » vient achever le set dans un brutal death hystérique et technique, joué par des musiciens énervés et crié par un chanteur aux tendances autodestructrices. Sous de puissants larsens, Rémolo s’élance dans la fosse et frappe littéralement la scène à grands coups de sa basse projetant des bouts de bois un peu partout. Evidemment, cela ne laisse pas indifférent les personnes présentes, bien au contraire, et pas seulement les simples personnes du public… Mithridatic, en tant que formation la plus extrême de la soirée, dérange certainement quelques personnes et ne laisse pas le public de marbre. Malgré cela, c’est un excellent set qu’ils livrent, supérieur à celui donné le mois précédent aux côtés de Fatal Agony et Svart Crown.
Les planches sont quelques temps après investies par un groupe qui m’était totalement inconnu, Crossingate. Ces Bisontins livrent un metal assez moderne dans l’ensemble, teinté de divers samples aux sons électroniques. A la première écoute, avec un chant à la Anselmo et des passages rapides assez thrash, Crossingate n’a rien de véritablement très offensant, et à leur avantage le son est d’une rare propreté. Mais voilà, des refrains accrocheurs dignes d’Avril Lavigne viennent se glisser entre les couplets et l’on se demande si l’on a bien à faire à du metal. Et je dois bien avouer que j’imagine assez mal un groupe pareil sous le chapiteau du Hellfest. Mais malgré cela, Crossingate conquis sans problème une partie du public qui n’a pas l’air très difficile niveau musique, étant bêtement charmée par le professionnalisme et les jolis jeux de lumière accompagnant les musiciens.
Actif depuis dix ans, Troïdes Priamus Hecuba est un groupe dont j’ai beaucoup entendu parler dans la région. Leur réputation n’est pas faussée, une grande partie de l’assistance étant venue pour les voir. Troïdes, on aime où on n’aime pas. Personnellement, je suis un peu entre les deux, car il faut bien reconnaître que le groupe -qui s’est très vite approprié la salle -possède une certaine présence scénique. Le jeu de scène est très bon, mais la musique laisse davantage à désirer, le mélange de chants ragga et de metal ne donnant pas les meilleures saveurs. Certains titres sont vraiment limites, dans un esprit trop pop/punk à mon goût, tandis que d’autres envoient vraiment le pâté comme la terrible « Message de Paix ». Ce metal hybride conquis à 100% certaines personnes de l’audience, mais d’autres restent partagées, remettant en cause la présence du groupe dans ce genre d’évènement.
Deathawaits se retrouve donc à la place la moins confortable de tout tremplin, celle de jouer en dernier, surtout après Troïdes. Malgré le registre plus extrême de ces Lyonnais, il est très dur de relever le niveau de la formation précédente. C’est avec beaucoup de mal que j’accroche à ce thrash/death hardcore aux structures lassantes et aux titres beaucoup trop répétitifs. Seul le chanteur au flow intéressant ainsi que le soliste assez déjanté viennent sauver le tout, de justesse.
Chaque formation n’ayant jouée qu’une demi-heure, la soirée se conclue assez rapidement. L’équipe du Sin Cession annonce les scores. D’une façon assez surprenante, Mithridatic se retrouve à la troisième et dernière place, ce qui provoque un certain étonnement. Les « débordements »de leur set en serait-il pour quelque chose ? A leur côté se trouvent les Deathawaits. Crossingate est placé en second. Bon… Comme prévu, les vainqueurs sont Troïdes Priamus Hecuba. Il serait bête de nier leur talent scénique, mais rappelons nous que ceux-ci ont quand même dix ans d’experience…
J’imagine que vous aurez compris mon ironie face à un tremplin qui a le don de m’agacer, comme l’année précédente. Le Sin Cession, c’est le genre d’évènement qui aurait pu vraiment être sympa mais qui reste au final juste une opération commerciale et formatée, privilégiant des groupes de pseudos metal sans réelle personnalité. L’ambiance de cette soirée reste globalement superficielle, et le professionnalisme acharné qui s’en dégageait ainsi que la majorité de l’audience avaient vraiment quelque chose de risible. Ne pas se prendre la tête, rigoler, s’amuser et foutre le bordel, telles sont les véritables valeurs du metal que certains semblent avoir oublié !
Fetus