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Interview réalisée en live....
Trivium a fait parti de la jeune génération il y a peu . Mais en quelques quatre albums les Américains ont rejoint les poids lourds du genre. Un thrash efficace, une notoriété grandissante des deux côtés de l'Atlantique font du gang d'Orlando un incontournable qui gagne des fans de jour en jour. 1. Tout d’abord, je dois te dire que pour moi, le principal accomplissement du dernier disque de Trivium reste le fait qu’à force de persévérance certainement, vous avez imposé le « son » Trivium, et les comparatifs avec certains grands devraient tourner court…qu’en penses-tu ?
Oui, disons que je pense que plus on écrit de chansons, plus on progresse, et nous étions réellement très heureux avec ces chansons, on pensait détenir quelque chose de vraiment bon. Nous n’avions pas vraiment un plan établi sur la manière de sonner, il s’agit juste d’écrire, et voilà ce qui en est ressorti, c'est une progression naturelle, après toutes ces années. Nous avons appris des choses par rapport à ce que nous avons fait dans le passé. 2. Tu veux dire que certaines erreurs du passé devaient être évitées ?
Non, pas nécessairement, mais par exemple, avec « The Crusade », nous étions venus avec quelque chose de nouveau, c’était très différent de ce à quoi les gens s’attendaient probablement, certains ont adoré, certains n’ont pas aimé parce qu’ils étaient fans de notre ancien matériel, les réactions ont été partagées. Et avec ce nouveau disque, nous voulions juste surpasser le précédent, et définir ce que nous sommes réellement. Pour se faire, on a beaucoup jammé, l’atmosphère était très bonne, on s’est beaucoup amusé, on a pris beaucoup de plaisir, et cela nous a amené à écrire de meilleures chansons au final. Je crois que nous avons réussi à définir notre son, et quand tu entends ces chansons, tu sais que c’est Trivium.
3. Les chansons sont-elles finalisées avant de rentrer en studio ?
Mmm..Je dirais à 95%, oui. Car quand tu te retrouves en studio, avec la « clarté » du son enregistré, tu as tendance à retoucher certaines parties, et par accident, on va tomber parfois aussi sur quelque chose de sympa. Mais il s’agit vraiment de petits changements ci et là, il ne s’agit pas de modifier drastiquement les structures, par exemple. Il y a des retouches faites sur des petits détails, des backings, ce genre de chose.
4. Les conditions studios aident donc à se rendre compte de petites choses qu’on n' entendait pas forcément en contexte de répétition.
Oui, voilà, donc au final, il reste une part de créativité, même en studio. On rajoute des « couches » de guitare harmoniques, ce genre de chose. Sur « Shogun », il y a un passage accoustique, sur lequel beaucoup de parties sont superposées.
5. J’avoue n’avoir accroché à votre musique que depuis « The Crusade », et c’est probablement parce que le propos est un espèce de condensé de ce qui se fait aux Etats-Unis avec quelque chose d’européen. Qu’en penses-tu ?
Oui, cela peut s’expliquer par le fait qu’on a tous grandi en écoutant les mêmes choses, des groupes tant américains qu’européens, on a avancé tout en écoutant ces musiques, alors c’est certainement du domaine de l’inconscient. Parce que bon, quand on écrit un riff, on ne se dit pas non plus «tiens, est ce que ça sonne assez européen ? » (rires) ; non, si ça sonne, on garde.
6. Il y a t-il tout de même une « recette » Trivium, une façon d’écrire préétablie, qui va dicter certaines règles ? Comme par exemple ce retour aux parties vocales criées, qui semble relever d’un choix défini ?
Non pas vraiment. Au début, nous avions une poignée de chansons, et certaines parties très agressives étaient envisagées avec du chant clair, et il manquait un petit quelque chose pour que l’agressivité soit bien amenée, et on s’est juste dit, « pourquoi ne pas les crier ? » et il se trouve que ça a fonctionné. Il s’est créé une bonne dynamique en alternant ces deux modes de chant, ça rendait les choses plus intéressantes.
7. Cela dit, beaucoup de monde a été surpris, les gens se sont dit « tiens, pourquoi se remettent-ils à faire du scream ? »
Il s’agissait de faire ce qui était le mieux pour les morceaux, nous ne voulions pas nous limiter. Certains fans nous ont de plus découvert avec ce genre de vocaux, au début. Certains morceaux ont pas mal de parties criées, d’autres chansons n’en ont que très peu, donc il s’agissait juste de faire ce qui était bon au cas pas cas, au lieu de gueuler pour gueuler. Nous ne voulions pas non plus nous remettre à chanter uniquement comme cela, comme nous le faisions auparavant, je pense qu’il y a une bonne balance maintenant.
8. Une question peut-être plus pour les guitaristes…La première fois que j’ai entendu tes solos, je t’ai tout de suite détesté ! Ces parties sont assez impressionnantes ; as-tu des méthodes particulières d’apprentissage, qui te sont propres, au delà du fait qu’il s’agit de pratiquer constamment ?
Ma foi, j’ai commencé à travailler lentement, et j’ai accéléré avec le temps, mais il n’a jamais vraiment s’agit de mettre des sweepings et du shred à tout va ; quand j’écoute d’autres groupes, j’apprends surtout à construire un solo, et ensuite, c’est surtout en jammant en groupe qu’on devient plus mature à ce niveau là, car cela devient plus instinctif, et une fois en studio, il suffit de connaître la clef dans laquelle une chanson est jouée, et de là, on crée, on improvise…De disque en disque, on progresse également. Et je pense que ce que j’ai joué sur le dernier est meilleur que ce que j’ai pu faire avant, donc, l’expérience avec le temps, on devient meilleur. On peut également écouter ce que font d’autres guitaristes, apprendre certains plans et se les approprier à sa façon. On apprend beaucoup aussi en jouant avec des gens meilleurs que soi, on s’inspire des idées qu’on entend autour de soi. Il y a quelque chose que je faisais avec mon professeur de guitare : il me jouait un plan, et j’étais sensé le reproduire, sans avoir vu où il jouait cela, et même si je ne restituait pas exactement à la note, cela me faisait travailler l’oreille, cela permet d’apprendre à restituer un feeling, un rythme, et au final, on peut en tirer une création propre à soi.
9. Comme gérez-vous l’épuisement sur des tournées intenses comme celle-ci ? Tu as l’air de bien te porter, hier était une journée de repos ?
Non, nous avons joué hier, mais c’est vrai que nous avons déjà eu un train plus intense que celui-ci en tournée. On joue 5/6 shows et on a une journée off, pendant laquelle on s’ennuie ! Au final, ça n’est pas trop exténuant. Sur les journées de repos, ce que je vais faire dépend de là où nous sommes…si je suis au milieu de nulle part, je vais avoir tendance à rester à l’hôtel, tranquille…Bien sûr, quand je tourne aux Etats-Unis, l’environnement m’est plus familier, alors en Europe, je ne sais pas trop quoi faire la plupart du temps. Et puis, ça dépend aussi de ce qui s’est passé la veille ; si nous faisons la fête toute la nuit qui précède, on dort toute la journée !
10. La dernière fois que je vous ai vu jouer, c’était à nouveau en première partie, mais cette fois en ouverture de Machine Head. Te souviens-tu de cette soirée ?
Oh, oui, oui.
11. Cela semblait être une bonne soirée pour vous. Le public avait l’air très réceptif, et…
(m’interrompant) Personnellement, j’ai horreur de cette salle. Il n’y avait pas de dressing-room, il faisait chaud, c’était un peu crade…Je suis en revanche agréablement surpris par cet endroit. En fait, la dernière fois, nous devions jouer ici, mais je crois que l’autre salle était déjà bookée, alors bon…
12. Il y a t-il des questions auxquelles tu aimerais ne plus avoir à répondre en interview ?
Ehehehe…eh bien, des questions génériques, du genre, quelle est la signification du nom du groupe, notre histoire…enfin, des trucs qu’on peut trouver sur des « dictionnaires » sur Internet sans problème.
13. Ah…ok. Et sinon, quelle est la signification du nom du groupe ?
Grrrr….Dictionnary !! (rires)
14. Question un peu étrange, pour finir…Si demain, Trivium s’arrête, pour une raison ou une autre, as-tu prévu un plan de secours ?
(surpris mais pensif)…ah…euh, non, pas vraiment ! (rires) Eh bien, j’imagine que j’essaierai de monter un autre groupe, pour continuer, ou même être roadie, je connais du monde ! Voire travailler pour un label, essayer de rester « en tournée »…Enfin, il faudrait que ça touche à la musique, de toute façon.
15. Donc, même si tes parents te demandent de trouver un vrai travail, c’est hors de question ?
Oui, je suis suffisamment égoïste pour ne pas les écouter ! Je pourrais aussi donner des cours de guitare, ou travailler pour Guitar World… Comme ça je pourrais dire, « Betcha can’t play this, motherfucker !! » (NDR : Il s’agit d’une revue guitaristique américaine, dans laquelle certaines vedettes de la six-cordes écrivent des articles, notamment le fameux « Betcha can’t play this », où un shredder joue un truc impossible à refaire, avant d’en expliquer le principe). Non, vraiment, il faudrait vraiment que ça touche à la musique, parce que je ne me vois pas vraiment me lever le matin pour aller au travail, poser mon cul sur une chaise, ce genre de truc. Mais je ne pense pas que nous soyons en danger pour l’instant !
Loki
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