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UNHOLY ALLIANCE III au Zénith (Paris) le 11/11/2008

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Un Zénith rempli aux deux tiers en cette première partie de soirée, certains fans de la tête d’affiche étant probablement peu intéressés par les « nouvelles sensations américaines » Mastodon et Trivium, que certains labels essaient d’imposer manifestement avec beaucoup de mal dans nos frontières depuis quelques années maintenant…je ne sais pas trop. Au final, le Zénith se rempliera au fur et à mesure de la soirée. Dommage, les retardataires auront raté la prestation remarquable de Amon Amarth.

Je l’avais déjà pressenti durant mon interview avec Johann Egg quelques minutes plus tôt, le bougre est communicatif et très enjoué. Sur scène, le viking ne change pas de cap : ce grand gaillard arpente la scène de façon conquérante, pointe du doigt ses gentils fans, les harangue sans relâche, lâche quelques mots en français pour l’ambiance, et headbangue à s’en rompre le dos (qu’il a fort large, je ne m’inquiète pas pour lui). Ses collègues ne dépareillent pas, et jouent avec leurs tripes. Amon Amarth sur scène, ça ne fait pas semblant, c’est honnête, fédérateur, et le public, d’abord poli, lève le poing à l’unisson au rythme de ces hymnes metals taillés pour la scène, indéniablement. Mes voisins de gradin qui, jusque là, disaient « mouarf, les vikings, ils vont bien nous faire marrer, ça fera patienter » disent soudain « euh…il s’appelle comment, leur dernier disque ? ». Le groupe se met le public dans sa poche, et l’on comprend mieux pourquoi les Suédois ont le vent en poupe et naviguent avec leur drakkar sur la vague du succès (c’était trop facile, désolé.) depuis un moment déjà. Ces gens là ont l’« esprit », le talent humble et efficace fait le reste. A noter que Amon Amarth bénéficie d’un son correct sur son set, ce dont tout le monde ne pourra pas se targuer ce soir.

Mastodon monte sur scène, et malgré une bonne volonté plus qu’évidente (Troy Sanders est épileptique comme jamais sur sa basse), le groupe souffre de plusieurs choses ce soir, et d’autres choses dans l’absolu. D’abord, passer après un groupe aussi fédérateur et communicatif que le précédent est une malchance, et Mastodon n’essaie pas pour autant de sympathiser avec son audience, mais enchaine plutôt ses titres les uns derrière les autres, avec un bonsoir au début, un merci à la fin. Ensuite, les titres, justement, efficaces mais complexes et alambiqués, ne se prêtent décidément pas forcément à la scène, en tout cas pas celle du Zénith, qui plus est devant une audience de headbangeurs attendant le messie. Le public est donc studieux, ou s’ennuie, c’est selon le degré de réception. Sur scène cependant, ça joue, mais le groupe souffre également ce soir du manque de son guitariste en second, Bill Kelliher, resté au pays, hospitalisé pour une intoxication alimentaire, ce qui n’arrange pas le son et la présence scénique de Mastodon, qui une fois le travail (bien) fait se retire sans grand enthousiasme. Un groupe de très bons musiciens et compositeurs, mais les conditions n’étaient probablement pas là (son faiblard).

Trivium sont encore considérés dans notre pays comme de petits jeunôts qui veulent jouer au grand, le public réagit ce soir encore en ce sens, sauf peut-être pour les plus jeunes, qui attendent leurs idoles. Question de génération, probablement, mais en même temps, Trivium donne une peu de grain à moudre à ses détracteurs. Ainsi, scéniquement, ya pas à dire, Matt heaffy et ses amis se la donnent. Ça bouge dans tous les sens, ça prend des poses très métal, ça demande au public de « bouger » (en français dans le texte) ou de headbanger, et ça joue très bien. Simplement, l’ensemble manque un peu de naturel, c’est très pro et calculé, à l’image d’un chanteur qui clame soudainement de façon assez cliché « vous êtes incroyables !! le meilleur public d’Europe !! » devant une audience peu crédule, et qui plus est peu remuante…même nous, on y a pas cru. A la décharge de Trivium, le son est exécrable, et la batterie couvre le tout, y compris les superbes parties de guitare dont j’aurais pourtant aimé me délecter. Trivium sur disque commence à être réellement intéressant, surtout depuis ses deux derniers méfaits, mais sur scène, la dimension humaine a du mal à prendre. Un show énergique, mais réglé comme du papier musique, justement.

Beaucoup, comme moi, ont une certaine appréhension, avant la montée de Slayer sur scène. Les vétérans et kings du thrash metal ont pendant très longtemps eu cette manie de resservir la même setlist, en plus de certaines baisses de régime. On se souvient notamment de la précédente affiche du Unholy A1liance, à l’occasion de laquelle Slayer s’était révélé imprécis, Araya était peu en voix et Lombardo à côté de la plaque. Mais ce soir, le grand Slayer était de sortie.
La setlist d’abord : totalement remaniée, à l’exception de certains titres phares (« War Ensemble », « South Of Heaven », « Chemical Warfare »), elle fait la part belle au son old school du groupe et ainsi, « Ghost Of War » surprend tout le monde, ainsi que « Live Undead », tiré du même album (South Of Heaven) ces titres se substituant donc au sempiternel « Mandatory Suicide », très bon mais trop redondant. On continue dans la surprise avec « Dittohead », tiré de l’excellent « Divine Intervention », qui avait été boudé depuis très longtemps. Les musiciens sont en grande forme. Ainsi, et même si Hannemann reste égal à lui-même sous ses cheveux blonds, Araya ce soir gueule comme un damné, et donne une prestation des grands soirs, sans grand discours, mais effrayant d’efficacité. King n’est pas en reste, et Lombardo ce soir reprend son trône, totalement hallucinant de précision à la double grosse caisse, ça fait plaisir. Grosse surprise, un titre tout nouveau tout beau, « Psychopathy Red » nous est offert, et laisse présager du meilleur (un titre classique et efficace, très rapide, sur lequel Araya ne s’économise pas). Mais le plus surprenant reste à venir. Au bout d’un peu moins d’une heure, « Angel Of Death » retentit, et alors que ce titre sonne souvent la fin d’un set de Slayer (on est déjà bien repus à ce stade…), le groupe, sans prévenir, nous aligne la totalité du cultissime « Reign In Blood » !!! Le délire total dans le public. La baffe intégrale, Slayer règne toujours.

Bonne grosse soirée donc, mais le concept du « Unholy Alliance » demeure inégal ; probablement que les organisateurs cherchent à imposer des groupes à la démarche américano-américaine en haute position sur l’affiche, ce qui parfois peut manquer de logique, reste que l’événement demeure suivi, bien organisé et « multistyle ». See you next time ?

 Loki

 

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