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SHYLMAGOGHNAR le 21/12/209

SHYLMAGOGHNARInterview réalisé par mail avec Nimblkorg (guitares, basse, batterie, claviers, vocaux).

 

Depuis Summoning nombre de formations se sont mises au métal atmosphérique. Corsant le ton le duo Néerlandais (encore un point commun avec Summoning!) a poussé encore plus loin le concept en y ajoutant une dose de death mélodique. Un long entretien avec une paire qui a sorti un album de pure classe était nécessaire pour mieux faire connaissance avec ce projet.

 

1- En France ton groupe n’est pas très connu. Peux-tu nous présenter SHYLMAGOGHNAR ?

Nimblkorg: Bien sûr – Shylmagoghnar est un projet studio en duo venant des Pays-Bas, qui se concentre sur la création d’un metal mettant fortement l’accent sur l’atmosphère. Chaque album est pensé comme un voyage (à la fois en lui-même, et par rapport aux albums précédents), et les expressions musicales utilisées tout au long d’un album vont toutes dans ce sens. Au tout début du groupe (vers 2004) nous étions un projet de black metal atmosphérique, mais dans les années qui ont suivi la musique a pris une forme et une vie qui lui est propre, ce qui fait que nous ne pensons plus vraiment au genre quand nous travaillons dessus. Mais à des fins de présentation, on peut dire que nous sommes grosso modo un mélange de death mélodique et de black atmosphérique.

2- J’aimerais avoir ton opinion sur des sujets plus idéologiques et personnels. As-tu une ligne de conduite, une philosophie personnelle ?

Nimblkorg: Je crois en l’auto-détermination. On doit tous jouer avec les cartes qu’on nous a données, mais je pense que la volonté est plus forte que le destin. Si tu veux quelque chose, la seule personne qui pourra te l’obtenir c’est toi-même, et si tu abandonnes, c’est fini.
En pratique c’est plus facile à dire qu’à faire, et je te mentirais si je te disais que je vis ma vie tous les jours conformément à cette philosophie. Mais c’est la petite voix dans ma tête qui m’empêche de jeter l’éponge dès que les choses ne vont pas dans le sens que j’aurais espéré pendant un certain temps. Cela m’a aidé à poursuivre des objectifs à long terme quand ils semblaient hors de portée.

Pour ce qui est de ma vision du monde, je me décrirais comme un “nihiliste optimiste”. Je pense que rien n’a de valeur intrinsèque tant qu’on ne leur en prête pas. Je sais ce qui a de la valeur pour moi, et j’aligne mes priorités sur ces choses, en ignorant presque tout le reste. C’est pourquoi je tends à vivre comme un reclus et à garder mes distances par rapport aux autres, car souvent je sens que leurs objectifs et leurs désires ne sont pas compatibles avec les miens. Cela ne signifie pas que je n’aime pas les gens – c’est juste que le contact social est très stressant pour moi.


3- Y a-t-il un message ou une émotion en particulier que tu souhaiterais communiquer avec ce dernier album ?

Nimblkorg: l’idée derrière Transience était de se concentrer sur l’extrême fragilité de tout ce qui nous entoure (y compris nous-mêmes). Tout est relatif et finira par disparaître en un clin d’oeil.
Pour moi cela remet les choses en perspective. D’un côté cela signifie qu’il est inutile de trop s’inquiéter de quoi que ce soit, parce que sur le long terme ça n’a simplement aucune importance. D’un autre côté, cela me permet aussi de voir de la beauté dans les plus petites choses, parce qu’elles sont toutes si uniques et si éphémère que c’est un honneur pour moi d’en avoir été le témoin.
J’aimerais que plus de gens se rendent compte que leurs conflits et leurs soucis ne sont que temporaires, et qu’ils se lèvent et voient la beauté, la terreur et l’absurdité quasi-impossible de l’existence. C’est ce pourquoi cet album a été créé.

4- Musicalement, de quels groupes te sens-tu le plus proche ? Qui sont tes influences et tes « amours musicaux » ?

Nimblkorg: Même si aujourd’hui la plupart des choses que nous composons sont la prolongation de ce que nous avons commencé avec les deux premiers albums, il y a eu quelques musiciens dans le passé qui nous ont inspirés d’une façon ou d’une autre et qui méritent d’être mentionnés.
 
Pour moi le plus évident est Chuck Schuldiner. Je pense qu’il est inutile de le présenter. Un musicien des plus brillants et des plus inspirants, et de ce que je sais il avait aussi une personnalité très agréable. Sa vision, associée à la très grande maîtrise technique du reste du groupe sur les albums de Death, ont tout simplement changé ma vie.

Un autre groupe que je tiens en haute estime est Immortal (en particulier leur période “At the Heart of Winter”). Les guitares et la batterie leur donnent une rythmique très reconnaissable, tout en restant atmosphérique/sincère d’une certaine façon. C’est ça que je recherche dans le metal, et je pense que certains éléments de leur musique ont déteint sur notre style.

J’aime également beaucoup la version démo de l’album “Dark Oceans we Cry” que Draconian a sorti au début de leur carrière. Je ne sais pas si c’était intentionnel ou non, mais le son légèrement voilé sur cet album lui donne un côté très nostalgique pour moi. Avec juste quelques notes, la guitare omniprésente parvient à raconter sa propre histoire, et j’adore ça.

Puis il y a eu les deux premiers albums de Dimmu Borgir. Ils ont ce côté fait maison, et quelque chose dans cette imperfection me semble juste idéal. Cela me rappelle cette « phase démo » unique que connaît chaque groupe, où le son n’est pas encore développé, mais où tout le monde a plein d’idées.


5- Tu es chez Napalm Records depuis ton dernier album. Qu’est-ce qui t’a poussé à signer chez eux ?

Nimblkorg: Avec le premier album “Emergence”, c’était notre but principal de tout faire nous-mêmes du début à la fin. L’idée derrière ça était qu’il est impossible de savoir dans quels domaines tu es plus ou moins bon avant d’avoir au moins essayé. On était très enthousiastes de la façon dont les choses ont tourné avec le premier album, mais on a tous les deux découvert très rapidement que les trucs comme le marketing, la distribution, la publicité, etc étaient des choses pour lesquelles on ne voulait vraiment pas consacrer notre énergie. Mais ces choses sont plus ou moins nécessaires si tu veux que ton projet reste à flots et ne disparaisse pas sans laisser de traces dans la tempête que sont les médias modernes. Nous sentions qu’il valait mieux laisser ces tâches à quelqu’un d’autre, pour pouvoir se concentrer sur la création et la production de la musique.

On avait des critères très stricts sur le type de label avec lequel on souhaiterait travailler, si l’opportunité se présentait. Ils devaient avoir un rayonnement respectable, sinon autant tout faire nous-mêmes. Ils devaient aussi avoir un long historique de respect de la valeur artistique des groupes signés, on ne voulait pas d’un label qui mette la pression pour sortir album bâclé sur album bâclé. Napalm Records correspond pour nous à ces critères, donc quand ils nous ont contactés en 2016, nous avons discuté d’une collaboration avec plaisir.

6- SHYLMAGOGHNAR est connu non seulement pour être un duo qui parvient à composer de la très bonne musique, mais aussi pour votre refus catégorique de jouer en live. Comment en êtes-vous arrivés à cet état de chose et pourquoi vous en tenir depuis toutes ces années, alors que certains de vos contemporains ont fini par prendre des musiciens de scène ou de session ?

Nimblkorg: Shylmagoghnar est le résultat d’une longue amitié durable entre nous deux, et si on a accueilli de temps à autres des membres supplémentaires, le coeur du groupe a toujours été nous deux.
On a mis des années à réaliser ce projet d’un album autoproduit qui avait le son qu’on avait imaginé, et pendant toutes ces années des imprévus sont arrivés.
L’un de ces imprévus a été la maladie chronique que j’ai développée au point de devoir abandonner mon travail dans le médical. Cela devenait de plus en plus difficile de côtoyer les gens. La communication, le langage corporel, les bruits et les lumières aléatoires, tout ça devenait presque insoutenable. C’est allé au point d’avoir des épisodes psychotiques et des crises de panique constantes pendant de longues durées, juste parce que j’étais sorti pendant deux heures.
Alors je me suis enfermé à la maison et je me suis concentré sur la seule chose qui me restait : Shylmagoghnar. Avec mon ami Skirge, on a mis toutes nos joies et nos peines dedans, et ça a fini par devenir mon nouveau but dans la vie.
Aujourd’hui je suis beaucoup plus stable qu’à l’époque, mais j’ai toujours mon hypersensibilité aux stimuli externes. Alors jouer en live est non seulement quelque chose que je ne peux pas faire, mais aussi quelque chose que je ne veux vraiment pas faire. Le groupe en l’état actuel nous procure exactement ce que nous recherchions, donc je ne veux pas tout gâcher.

7- Votre album dure 73 minutes. Pourquoi avoir choisi de composer un album aussi long ? Est-ce volontaire ?

Nimblkorg: Oui et non. Transience était un album avec des morceaux plus longs que le premier album, surtout parce que les thèmes abordés étaient généralement plus vastes et plus complexes. Donc ce n’était pas un accident, mais nous ne sommes pas non plus dit : “faisons un album plus long que le précédent”.
En fait, il y a eu des moments où la longueur gênait la fluidité. Entre l’annonce de l’album et sa sortie, il y a eu beaucoup de réécriture/réarrangement et le plus souvent on a enlevé, et non ajouté, des parties si on sentait que ça rendait l’ensemble de l’album pesant. Donc même si cet album est presque à la limite de ce qui peut tenir sur un CD, la devise générale était toujours “moins, c’est plus”, et nous pensons que chaque riff et chaque ligne de texte qui restent sont essentiels à l’expérience totale.

8- Que voulez-vous que l’auditeur remarque en premier dans votre musique ?

Nimblkorg: Pas vraiment des détails, mais plutôt le feeling derrière. On a un processus qui consiste à décider quel morceau “est Shylmagoghnar ou pas”. Comme le genre peut varier quelque peu d’un morceau à l’autre, ça n’a pas grand-chose à voir avec les instruments ou le style employé. Un morceau doux au piano peut être Shylmagoghnar tout autant qu’un mur de guitares. C’est ce feeling qui est le facteur décisif, et nous souhaitons que les gens le voient. Si je devais le décrire, pour moi c’est comme quelque chose qui me prend au cœur. Une certaine langueur, une nostalgie, une mélancolie, mais aussi quelque chose qui semble hors de ce monde.

9- Que penses-tu d’Internet et des logiciels permettant de télécharger des albums entiers en mp3 ? Penses-tu que c’est un danger pour la musique ou une opportunité d’atteindre plus de personnes ?

Nimblkorg: C’est évidemment à double tranchant. Je pense que la musique est faite pour être écoutée, et tout ce qui va dans ce sens peut être bénéfique – surtout pour les jeunes groupes.
Quand on a sorti notre premier album en 2014, on savait qu’il serait très facile de le pirater et qu’on ne pourrait rien y faire. Notre solution a été de tout simplement mettre l’album entier à disposition sur Youtube gratuitement, et de donner aux gens le CHOIX de le soutenir s’ils voulaient en entendre plus à l’avenir et s’ils pouvaient se le permettre, ou au moins de pouvoir le partager légalement avec leurs amis. C’est une question de confiance.
J’espère que d’autres formes de médias envisageront d’adopter un modèle similaire, au lieu de s’accrocher de plus en plus à l’exclusivité et de criminaliser leurs propres fans. Je crois que ça ne fait que repousser les gens.

10- Connais-tu d’autres groupes qui font dans le même style que vous ?

Nimblkorg: Il y en a probablement quelques uns, mais nous ne les connaissons pas particulièrement. Comme je l’ai dit plus tôt, nous nous inspirons d’autres musiciens, mais je pense que ces inspirations sont trop indirectes pour être immédiatement évidentes.
Nous sommes souvent comparés à certains groupes, mais aucun de nous deux ne voit la moindre ressemblance. Par exemple, on nous compare souvent à Wintersun, Windir, In Flames et Amon Amarth. Ce sont d’excellents groupes bien sûr, mais nous ne voyons tout simplement pas le lien. Je ne connaissais même pas l’existence de la plupart d’entre eux quand on a posé les bases de notre groupe.

11- Connais-tu des groupes français ?

Nimblkorg: Le premier qui me vient à l’esprit est Deathspell Omega. Le premier album d’eux que j’ai entendu était Paracletus. J’ai trouvé que c’était une expérience assez unique et intrigante.

12- As-tu déjà des idées pour l’avenir ?

Nimblkorg: Oui, quand on a créé ce projet, on a toujours eu l’idée de faire une trilogie d’albums, donc c’est ça le programme à l’heure actuelle. On est toujours dans une phase très conceptuelle, donc on a rien à annoncer officiellement encore, à part que ça reprendra là où Transience s’est arrêté.

13- Je te laisse le mot de la fin... Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps.

Nimblkorg: Tout le plaisir était pour moi, un grand merci de m’avoir reçu ! Salut à tous les lecteurs !


ImageEnglish version


1- In France your band is not very well known. Can you present SHYLMAGOGHNAR?

Nimblkorg: Of course – Shylmagoghnar is a 2-man studio project from the Netherlands, in which we focus on the creation of metal with a strong emphasis on atmosphere. Every album is intended to be a journey (both in itself, and also in relation to previous albums), and the musical expressions used throughout an album all serve that purpose. In the earliest beginnings of the band (roughly 2004) we started out as an atmospheric black metal project, but in the years since the music has taken on a form and life of its own, so genre is never really on our mind anymore when working on it.  For introduction's sakes though, you could say we are mostly a blend between melodic death and atmospheric black.

2- I would have liked to have your opinion on other more ideological and personal topics. Do you have a life line of conduct, a personal philosophy?

Nimblkorg: I believe in self-determination. Everyone has to play with the cards they have been dealt, but I think that willpower is stronger than fate. If you want something, the only one who can get it for you is you and as soon as you give up, it's over.
In practice this is easier said than done, and I would be lying if I said that I live every day of my life according to this philosophy. However, it's the little voice in the back of my mind that stops me from throwing in the towel whenever things don't go the way I had hoped for extended periods of time. It has helped me to keep striving for long-term goals when they seemed impossible to reach.

As for my world view, I'd describe myself as an “optimistic nihilist”. I think that things have no intrinsic value until you give them one yourself. I know what is valuable to me, and my priorities are alligned with those things, while ignoring almost everything else. As a result, I tend to live a withdrawn life and keep my distance from others, as I oftentimes feel their goals and desires are not compatible with mine. That doesn't mean I don't like other people – I just find it very stressful to deal with contact.


3- Is there any particular message or emotion that you would like to pass on with this latest album?

Nimblkorg: the idea behind Transience was to focus on the extreme fragility of everything around us (ourselves included). Everything is relative and will eventually come and go in the blink of an eye.
To me this puts things into perspective. On the one hand it means that we don't have to worry too much about anything, because it simply doesn't matter at all in the long run. On the other hand, it also makes that I'm able to find beauty in the smallest of things, because they are all so unique and short-lived that I consider it an honor to have been there to witness them.
I wish for more people to realize that their struggles and worries are only temporary, and for them to stand still and consider the beauty, terror and nigh-impossible absurdity of existence. This album was meant to help achieve that goal.

4- Musically, which bands do you feel close to? Who are your influences and your "musical loves"?

Nimblkorg: While nowadays most things we write are a continuation on what we've started on the first two albums, there have been certain musicians in the past which have inspired us in some form or another and deserve mention.
 
The most obvious one to me is Chuck Schuldiner. I doubt I need to tell anyone reading this who that was. A brilliant and inspiring musician if there ever was one, and from what I can tell his personality was very pleasant too. His vision, combined with the high levels of musicianship from his fellow band members on Death albums, have been nothing short of life-changing to me.

Another band I feel strongly about is Immortal (especially around the “At the Heart of Winter” era). The guitars and drums give them a very distinct rhythmic drive, while still sounding atmospheric/sincere in a way. That's what I look for in metal, and I think some elements of it rubbed off on our style as well.

I'm also particularly fond of the demo version of the “Dark Oceans we Cry” album Draconian released early in their career. I don't know if it was intentional or not, but the slightly veiled sound on that album makes it feel very nostalgic to me. With few notes, the ever-present lead guitar manages to tell its own story, and I love it.

Then there were the first two albums by Dimmu Borgir. They have that homemade vibe to them, and something about this imperfection just feels so right to me. It reminds me of that unique demo phase every band goes through, where the sound isn't developed yet, but everyone is full of ideas.



5- You’ve been signed to label Napalm Records since your last album. What prompted you to sign with them?

Nimblkorg: With the debut album “Emergence”, it was a principle goal of ours to do everything from start to finish ourselves. The idea behind this was that it's impossible to tell which things you are good at or struggle with until you at least try them. While we were very excited with how things worked out for the debut, we both discovered very quickly that stuff like marketing, distribution, advertising, etc is definitely not something we wish to invest our energy into. Yet to some degree these things are a necessity if you want your project to stay afloat and not disappear unheard in the storm that is modern media. We felt that these tasks would be better left to someone else, so that we could focus on the creation and production of more music.

We did have a very strict demand of what kind of label we would be interested in working with, if the opportunity arose though. They would have to have a respectable reach, or else we might as well do it ourselves. They would also need to have a longstanding track record of retaining the artistic values of signed bands and not be known to push rushed release after rushed release. Napalm Records in our opinion clearly checks off these marks, so when they contacted us in 2016, we were happy to discuss a collaboration.

6- SHYLMAGOGHNAR is known for just being the two of you in the band and managing to not only compose great music but also your refusal to ever play live. How did this state of affairs come to be and why have you stuck to it over the years, whereas some of your contemporaries have ended up bringing in live or session members?

Nimblkorg: Shylmagoghnar was founded between the two of us as a result of our long lasting friendship, and while we had some extra band members come and go, the two of us always remained at its core.
It took us years to come close to the realization of a self-produced album which sounded the way we had imagined it, and during those years some unforeseen things happened.
One of those was me becoming chronically ill to the point where I had to give up my work in healthcare. It became increasingly hard to be among people. Communication, body language, random noises and lights all became almost unbearable. It was so bad that I would have psychotic episodes and constant panic attacks for extensive periods, just because I left the house for a couple of hours.
So I locked myself up in my home and focused on the one thing that was left: Shylmagoghnar. Together with my friend Skirge, we poured all of our joys and sorrows into it, and it ended up becoming my new goal in life.
Nowadays I'm much more stable than I was back then, but my oversensitivity to outside impulses remains. Therefor playing live is not only something I cannot do, but I also just really do not want to. The band in its current form gives us exactly what we wanted from it, so I don't want to mess with it.

7- Your album lasts 73 minutes. Why did you choose to compose an album that long? It's voluntary?

Nimblkorg: Yes and no. Transience was an album with longer tracks than the debut, mostly because the themes explored on it were generally more complex and on a larger scale. So it wasn't an accident, but at the same time we also didn't sit down to say: “let's make this album longer than the previous one”.
If anything, there were moments where the length of it all got in the way of the flow. In the time between the announcement of the album and its release, a lot of rewriting/rearrangement took place and more often than not parts were cut, not added, if we felt that they made the experience of the entire album feel like a drag. So despite this album being nearly as long as can be fit on a single CD, the overall motto was still “less is more”, and we feel that every riff and vocal line that remains is essential to the experience.

8- What do you want the listener to notice first in your music?

Nimblkorg: Not so much any of the details, but the feeling behind it. We have a process of deciding whether a new song “is Shylmagoghnar or not”. Since genre can vary quite a bit from song to song, it has barely anything to do with the instruments or style used. A soft piano song can be Shylmagoghnar just as well as a wall of guitars can be. It's that feeling which is the deciding factor, and we wish for people to notice it. If I'd have to describe it, to me it feels like something is pulling at my heart. A certain longing, nostalgia, melancholy, but also something which feels like it's not of this world.

9- What do you think of the net and software to download full albums in mp3? Do you think it's a danger to music or a chance to reach more people?

Nimblkorg: It's a double-edged sword for sure. In my opinion music is made to be heard, and anything that helps with that can be beneficial – especially for new bands.
When we released our debut in 2014, we knew it would be extremely easy to pirate and there would be nothing we could do to stop that. Our solution to this was to simply make the whole album available for free on Youtube, and give people the CHOICE to support it if they wanted to hear more in the future and could afford it, or otherwise at least be able to share it with friends legally. It's a matter of trust.
I hope that more forms of media will consider embracing similar models, instead of clinging more and more to exclusivity and criminalizing their own fans. I think that just pushes people away.

10- Do you know of other bands that officiate in the same style as you?

Nimblkorg: There are probably some, but we aren't specifically aware of them. Like mentioned before, we have our inspirations in other musicians, but I think those inspirations are too indirect to be immediately obvious.
We do often get compared to some bands, but neither of us think we sound anything like them. For example, some bands that are often thrown into the comparison are Wintersun, Windir, In Flames and Amon Amarth. They are awesome bands for sure, but we simply don't agree there is a connection there. I wasn't even aware of most of them existing when the foundational works for our band were created.

11- Do you know French bands?

Nimblkorg: One that jumps to mind is Deathspell Omega. The first album I heard by them was Paracletus. It was an experience quite unlike anything else I've heard before and I found it intriguing.

12- For the future, do you already have ideas?

Nimblkorg: Yes, when we dreamt up this project, we always had this idea of creating a trilogy of albums, so that's what is on the program right now. It's still in a very conceptual stage, so we don't have anything to officially anounce about it yet, except for that it picks up right where Transience left off.

13- I leave you the last word ... Thank you for having devoted a little of your time.

Nimblkorg: My pleasure of course, thank you kindly for having me! Hail to the readers!

 

 
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