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Toutes les conditions sont réunies pour passer une bonne soirée. Il fait nuit, la soirée est glaciale, des trombes d’eaux s’abattent sur Lyon depuis la veille et on ne connait pas l’emplacement de la salle. Après avoir errer quelques temps dans le labyrinthe villeurbannais, on voit se profiler à l’horizon ce lieu tant cherché… le CCO ! Enfin nous y voilà.
Après avoir découvert cette salle, bien mieux que le Ninkasi Kao, c’est mon avis, Demians pointe le bout de son nez pour 45 mn de Rock Progressif. L’essentiel du premier album « Building An Empire » sera passé au crible durant l’attente plus ou moins agréable d’Anathema. En effet, la musique n’a rien de déplaisant, bien au contraire, mais elle manque d’accroche et est trop lisse à mon goût. On pourrait écouter les mélodies toute la nuit sans pouvoir s’en souvenir le lendemain. Autre chose, Demians n’a rien de Metal dans sa musique, donc il est compliqué pour un groupe comme celui-ci d’attirer l’oreille des spectateurs. Non pas que ces derniers soient réfractaires au style mais il serait certainement plus à leur aise en première partie de groupe comme Marillion ou Radiohead. Malgré tous ces reproches, la qualité est au rendez vous de ce One-man band français créé par Nicolas Chapel mais ils n’était pas à leur place ce soir. 
Un entracte qui s’éternise alors que tout est prêt, un moyen habile pour faire monter la pression du public, qui commence à réclamer son groupe, car il y a une chose qu’il faut reconnaître c’est la loyauté des fans d’Anthema. Ils sont et seront toujours là pour les soutenir, même si l’on attend désespérément un nouvel album depuis 5 ans et que l’on ne voit rien venir !
Tout d’un coup, l’introduction « Parisienne Moonlight » commence à résonner dans la sono et un standing ovation accompagne l’arrivée progressive des musiciens sur scène. Du plus bel effet. La soirée sera placée sous le signe du partage des émotions, de la joie à la mélancolie, le public est en communion avec le groupe, réagissant au doigt et à l’œil et au moindre fait et geste des frères Cavanagh. Comme ils savent si bien le faire, les spectateurs encouragent leurs idoles et se prennent parfaitement aux jeux de scènes et aux blagues de Vincent et Dani. Côté musique, l’opulence est de mise, les morceaux les plus marquants de leur discographie seront interprétés ce soir. « Alternative 4 » est quasiment joué dans son intégralité, mention spéciale à « Lost Control » avec ses parties de violons jouées à la guitare. Un frisson parcourt le public pendant ces 6 mn de bonheur dépressif. Les autres albums ne sont pas oubliés pour autant, « Eternity » est au rendez vous avec « Hope, Angelica et Far Away », « Judgement » avec « Deep » et un medley « Judgement/Panic » du meilleur effet qui transcende la salle.
A noter également, l’interprétation de 3 nouveaux titres qui passent l’épreuve du live sans accros. On pourrait même s’autoriser à penser, que le prochain cru d’Anathema risque d’être un millésime tant l’impression générale qui se dégage après leurs écoute et surtout la magie qu’ils renvoient est positive. Pour parachever le tout, « Closer » avec Vincent au vocoder, « Are you There » interprété par Dani, seul sur scène, un grand moment très inattendu, «Sleepless » qui fête ses 15 ans et « Tempory Peace » complètent une set list en or massif. « One Last Goodbye », dédié à la maman Cavanagh décédée quelques années auparavant, vient clôturer ce spectacle féerique. Le public ne se trompe pas et il acclame son groupe pendant de longues minutes si bien que les roadies qui commençaient à démonter le plateau, sont priés de se retirer car le concert continue.
Apparemment les gars d’Anathema ressentent la même chose que le public et ne veulent pas que la soirée se termine si tôt. Après une concertation du groupe pendant 30 secondes, « Inner Silence » et « Confortably Numb » des Pink Floyd prolongent ce moment de bonheur dans cette nuit si triste mais qui colle si bien à la peau du groupe. Merci Anathema de nous avoir offert ces 2h15 d’extase. Legion Merci à Véro pour les photos et Base Productions pour l'accreditation.
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