Accueil arrow Chroniques Albums arrow SOLAR TEMPLE "Fertile Descent" (Pays-Bas)

Kaosguards

 

SOLAR TEMPLE "Fertile Descent" (Pays-Bas)

ImageL'avantage d'afficher un âge honorable au compteur est (outre de ressentir concrètement les effets de la dégradation) de pouvoir mettre en perspective certaines productions actuelles qui empruntent à de multiples traditions musicales passées.

Ainsi, le premier album du duo batave SOLAR TEMPLE ne peut se résumer à l'étiquette Black Metal. Certes, SOLAR TEMPLE affiche une âpreté certaine du point de vue sonore : la caisse claire paraît douloureusement sèche, les guitares s'avèrent aussi acides qu'une retombée chimique sur une forêt et, la longueur des deux compositions ramène aisément aux errances extrémistes de certains pionniers.

Pour autant, rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît. « Fertile Descent » ne comprend que deux compositions, forcément longues puisqu'il s'agit d'un album : « Those Who Dwell In The Spiral Dark » (frôlant les seize minutes) et « White Jaw » (presque vingt minutes et trente secondes).
Débutons par le premier titre. D'un point de vue rythmique, les riffs pèlent le cuir à vif mais ils relèvent autant du Black Metal que d'une version rugueuse du Shoegaze, avec cette faculté à développer des motifs simples et récurrents, produisant un effet brumeux et hypnotique. Par ailleurs, à aucun moment la batterie ne se laisse aller que temporairement au blast beat vulgaire ; on demeure sinon dans du binaire souvent languissant, en tout cas fermement martelé. Le chant n'acquiert jamais cette raucité criarde qui fait le charme très spécial du Black Metal, optant pour des vocaux masculins parcimonieux mais articulés sur un ton grave et détaché, perdus dans le mixage. Black Metal, Shoegaze, mais aussi Cold Wave de la toute fin des années 70 et du tout début des années 80 !

« White Jaw » correspond davantage aux critères austères et maximalistes du Black Metal. Certes, son riff initial semble détourné d'un album des STOOGES et plongé dans une production underground minimaliste des années 80. Pour autant, dès que la batterie hystérique s'en mêle, concomitamment à des riffs bruts et délivrés en mode brut, on rejoint un univers mêlant Black Metal et Dark Wave. Vers la quinzième minutes, cet équilibre se rompt et cède le pas à une séquence Dark Ambient à base de voix entêtantes (au début) et bruitages à mi chemin de l'Electro-Noise et de l'Industriel.

En somme, SOLAR TEMPLE emprunte un chemin médian entre le Black Metal orthodoxe et originel, et des emprunts extra-Metal salvateurs. L'essentiel demeure que force reste à la lancinante et à la désolation.

Alain Lavanne




Date de sortie: 28/09/2018

Label: Eisenwald

Style
: Black Métal

Note: 15/20

Ecoutez ici

 

 
< Précédent   Suivant >

Myspace

En ecoute

start Player