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MONOLITHE "Nebula Septum" (France)

MONOLITHE Nebula SeptumSous la houlette de Sylvain Bégot, MONOLITHE s'est tout d'abord imposé par le biais d'une tétralogie parue en l'espace d'une décennie (2003-2013).

Fort logiquement numérotés de I à IV, chaque album composant ce cycle comportait un seul et unique morceau d'une durée dépassant les cinquante minutes. Monolithique non ? Dans ses albums suivants, la formule a été abandonnée : "Epsilon Aurigae" (2015) et "Zeta Reticuli" (2016) comportant respectivement trois titres d'un quart d'heure. On demeure dans un registre titanesque, quoique plus raisonnable.

Pour "Nebula Septem", septième opus, MONOLITHE propose une nouvelle formule, différente mais répondant toujours à des soucis de symétrie et de symbolique : sept compositions d'une durée de sept minutes. Pendant quelques instants, les riffs lâchés en rafales serrées et nerveuses en ouverture du titre inaugural, "Anechoic Aberration", laissent même penser que l'évolution porte également sur le style pratiqué. La suite du morceau dément cette piste, même si l'animation rythmique s'avère intense. Cependant, on retrouve cette faculté à proposer un Doom Death Metal sombre, aux structures passablement tortueuses (on peut même parler de logique progressive), riche en contrastes. Ainsi, les riffs sont sévères et âpres, tandis que les vocaux sont rauques, caverneux, articulés afin de mieux véhiculer menace et animosité. Mais les guitares solo apportent leur comptant de mélodies mélancoliques. Surtout, les arrangements de claviers tissent systématiquement une trame au rendu tour à tour spatial et grandiose.

MONOLITHE pousse l'audace bienvenue jusqu'à laisser libre cours à son versant synthétique, que ce soit partiellement (l'ouverture de "Engineering The Rip", la première partie de "Fathom The Deep") ou plus frontalement sur le dernier titre, l'instrumental "Gravity Flood", qui me rappelle les travaux de TANGERINE DREAM et Klaus SCHULZE à la toute fin des années 70 et au début des années 80 (écoutez les albums "Tangram"et "exit" des premiers et "Dig It" et "Trancefer" du second).

Il ne faut pas se leurrer, l'écoute de "Nebula Septem" n'est pas plus aisée et ni confortable que celle des œuvres précédentes de MONOLITHE. Mais cela vaut vraiment la peine de se plonger dans cette musique beaucoup plus riche et intense que ne le laisserait penser l'étiquette Doom Death, devenue un brin réductrice.

Alain Lavanne

 

Date de sortie: 26/0/2018

Label: Les acteurs de l'Ombre

Style: Doom Death

Note: 16/20

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