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JP Fournier illustrateur de pochettes (Le 20/01/2018)

ImageInterview réalisée par mail avec JP Fournier.

Le monde des dessinateurs qui illustrent les albums s'est démultiplié puisque les sorties sont ultra-pléthoriques. Il n'en reste pas moins que des pionniers du genre sont encore bien présents en 2018. Quoi de mieux que d'aller à la rencontre d'un artiste aussi disert que disponible et talentueux. On s'intéresse donc en ce jour à un Français qui fait autorité en la matière: Mesdames et Messieurs j'ai nommé JP Fournier! 

 

1- Bonjour JP,  peux-tu sans te faire affront te présenter en quelques lignes?

Bonjour à tous et à toutes, je suis donc illustrateur, infographiste/designer et peintre professionnel free-lance depuis plus de 22 ans, je suis plus particulièrement spécialisé dans la création de couvertures, de logos et de designs CD pour des groupes de metal et assimilés nationaux et internationaux, j'ai à mon actif plus de 180 visuels réalisés depuis mes débuts en 1996, ainsi qu'une soixantaine de logos et motifs graphiques divers, je réside en région Grenobloise, dans un endroit particulièrement propice à trouver l'inspiration, je développe une fascination pour le genre musical heavy metal depuis plus de 35 ans, cette passion étant pour le moins indissociable des visuels qui l'accompagnent car, bien avant d'être moi-même illustrateur, je suis depuis toujours un authentique passionné de tout ce qui concerne l'univers iconographique lié à cette musique...

2- Tu as dû certainement répondre à cette question par le passé, mais nos lecteurs aimeraient savoir, quelles sont tes principales influences artistiques ?

En ce qui concerne l'imagerie heavy metal, j'avoue avoir été très rapidement fasciné dès mon plus jeune âge par les travaux de Derek Riggs pour IRON MAIDEN, comme beaucoup je pense, tant ces travaux sont iconiques et inégalés à bien des niveaux, mais aussi par quelques couvertures d'albums isolées dont j'ignorais tout des noms des auteurs à l'époque, illustrations telles que MANILLA ROAD « Open the Gates » et « The Deluge », KICK AXE « Vices », DIAMOND HEAD « Living on borrowed times », OZZY OSBOURNE « The Ultimate Sin », RAINBOW « Rising » ou encore PRETTY MAIDS « Future World », j'ai ensuite fait la rencontre, décisive, avec l’œuvre de Frank Frazetta, puis de Boris Vallejo, Rodney Matthews, Ken Kelly et Michael Whelan durant mon cursus artistique, et qui incluait également beaucoup de dessinateurs de BD et de comics tels que Bernie Wrightson, Vicente Segrelles, Fernando Fernandez ou John Buscema, je suis également encore aujourd'hui assez influencé par la peinture dite baroque des 17èmes et 18ème siècle, avec en point d'orgue une admiration sans limites pour l’œuvre et la vie du peintre vénitien Giambatista Tiepolo qui a produit selon moi une œuvre magistrale et virtuose, caractérisée particulièrement par un style inimitable et une rapidité d'exécution sans équivalent, que je n'ai jamais retrouvé ailleurs dans la peinture dite « classique »... j'ai aussi un faible pour la peinture académique française du 19ème siècle, en particulier Ingres, David, Bouguereau, Cabanel, Gérôme, Doré.. ; bien entendu, comme pour les groupes de metal que j'apprécie, cette liste n'est jamais exhaustive...

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3- Je sais que tes débuts furent à l'ancienne papier/crayons. Maintenant tu bosses en numérique. Racontes-nous un peu cette évolution?

Tout cela s'est fait de manière assez progressive, expérimentale et autodidacte et avouons-le, plus par contrainte que par choix délibéré de ma part …
J'ai ainsi débuté ma carrière de façon tout à fait traditionnelle, en utilisant des peintures à l'huile ou acryliques appliqués soit au pinceau, soit à l'aérographe, jusqu'à que cette tendance digitale arrive, aux alentours des années 2008/2009 et fasse changer de paradigme tout ce processus créatif, désormais devenu obsolète et démodé, ceci en seulement quelques années... J'ai donc dû intégrer cette composante pour ainsi dire« rester dans la course », tout en conservant toutefois une partie traditionnelle à mon travail, le digital n'intervenant alors que dans un but de retouches, de corrections ou d'améliorations, parfois très salutaires...
Mon travail d'illustration est désormais entièrement numérique depuis 5 ou 6 ans, essentiellement pour des raisons pratiques et de respect de délais, toujours plus courts et coercitifs, ainsi que pour ne pas dénoter trop par rapport à des œuvres de plus en spectaculaires venues du monde entier...
Soyons clair, je ne suis absolument pas un fanatique forcené de l'illustration digitale, même si j'éprouve une fascination certaine pour ces méthodes, je suis surtout un nostalgique de la bonne vieille époque, qui était certainement plus sélective et pour cause... je peins d'ailleurs toujours de façon traditionnelle, mais pour des projets personnels non limités dans le temps et affranchis de toutes contraintes... tout ceci n'est finalement qu'une mode passagère, appelée à être bien vite remplacée par une autre, comme l'art aérographique l'était dans les années 80 par exemple... d'ailleurs, beaucoup seraient étonnés du peu de technique digitale que je possède, je travaille par exemple avec une tablette graphique d'entrée de gamme, amplement suffisante pour mes besoins actuels...
Quoi qu'il en soit et art digital ou non, je tiens avant tout à conserver coûte que coûte cette touche « peinture traditionnelle » dans mes travaux, car le digital est aussi une forme de peinture, simplement dispensée avec des outils différents...

4- Quand as-tu percé et compris que tu ferais carrière en tant qu'artiste graphique ?

Il y a eu des indices assez probants dès ma seconde couverture réalisée pour DIABOLICAL MASQUERADE « The Phantom Lodge » en 1997, qui a reçu un excellent accueil de la part de nombreux médias spécialisés, mais le véritable déclencheur a été sans conteste «  At the Heart of Winter » d'IMMORTAL en 1999, ma première véritable commande d'importance, et qui a reçu un accueil plus qu'enthousiaste de par le monde à son époque, entrainant par là même un véritable « effet boule de neige » puisque cette couverture aura su taper dans l'oeil d'un certain Tobias Sammet qui débutait également sa carrière, m'embauchant par là même pour ses quelques futures couvertures d'EDGUY et d'AVANTASIA, ces références comptant encore aujourd'hui parmi mes collaborations les plus prestigieuses...

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5- Tu es un autodidacte ou as-tu fréquenté une école d'art?

Disons que je suis un autodidacte qui a ensuite eu la chance de pouvoir  intégrer une école d'art pour parfaire au mieux sa technique et épanouir sa passion... aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dessiné de façon autodidacte, mon expérience scolaire ayant été particulièrement propice pour cela car, m'ennuyant tellement, je recouvrais chaque centimètre carré de supports divers pouvant recevoir des traits, j'ai donc pu parfaire ma progression et alimenter ma passion par ce biais, parfois au détriment de mes résultats scolaires, il faut bien l'avouer... j'ai ensuite toujours orienté mes études dans une perspective artistique, avec l'obtention d'un bac en philosophie et histoire de l'art en 1992, suivie de 3 années en école spécialisée d' Illustration traditionnelle, bande dessinée et dessin d'animation sur Lyon.
Je suis en revanche complètement autodidacte pour tout ce qui concerne l'art numérique ou l'apprentissage de logiciels clés tels que Photoshop ou Indesign, n'ayant pu bénéficier d'aucune formation digne de ce nom pendant ma période scolaire, ce que je déplore...

6- Penses-tu que l'accès au métier est plus facile pour ceux qui sortent d'une école d'art, ou est-ce que le plus important est vraiment de montrer de quoi on est capable et de se battre pour se faire repérer par des groupes ?

Dans mon cas précis, fréquenter une école d'art ne m'a pas été d'un grand secours pour accéder rapidement à un emploi professionnel, pas plus que je n'ai reçu une quelconque aide dans ce sens car bien entendu la compétition faisait rage  parmi la multitude d'élèves présents avec la même finalité en tête... avec le recul, comme pour de nombreuses autres professions artistiques, je pense qu'il n'est nullement besoin d'être diplômé d'aucune école pour percer, le plus important étant à mon sens de pouvoir développer un style personnel, immédiatement identifiable et susceptible de perdurer dans le temps, je suis d'ailleurs parvenu à éviter de justesse un « formatage » trop appuyé à certains styles ou techniques tendances dans ces différentes écoles, comme l'utilisation systématique de fonds sombres comme bases de départ, pour finalement développer mon propre univers, issu d'un croisement entre la bande dessinée et l'illustration de fantasy, le tout sur un fond sonore de heavy metal bien sûr...

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7- Comment décrirais-tu ton univers créatif qui est souvent chatoyant au niveau des couleurs à l'inverse de certains illustrateurs qui s'orientent plus vers des dessins plus sombres?

Cela est en étroit rapport avec mon évolution philosophique personnelle et mes choix de vie actuelle, et qui consistent à me tenir désormais le plus possible éloigné de tout ce qui peut générer de la négativité, du pessimisme, de l'agitation, de l'ego et, par voie de conséquence, de la dégradation de la dignité humaine, je ne pense, bien entendu, à aucun groupes ou visuels de metal extrême en disant cela... je tends ainsi, a l'inverse, à favoriser, selon un principe alchimique, tout ce qui peut réunir, rassembler, coaguler, afin de retrouver une certaine unité perdue et reconquérir cette harmonie qui nous a été dérobée il y a bien longtemps... Entendons-nous bien, je ne dénigre ni regrette aucune illustration de black ou death metal que j'ai pu réaliser par le passé, tant tout cela relève de la quête initiatique ou de l'étape première nommée « œuvre au noir », nécessaire sur le chemin de la Lumière, mais en aucun cas je ne pourrai à nouveau  m'épanouir davantage là-dedans aujourd'hui... symboliquement, j'utilisais d'ailleurs beaucoup de supports complètement apprêtés de noir opaque pour débuter mes tableaux à l'époque, en montant des gradations du plus foncé au plus clair... Je continue cependant encore à créer certains visuels assez sombres, pessimistes et dystopiques comme ceux récemment réalisés pour ASSACRENTIS, SUE'S IDOL, NECRYTIS, GARDEN OF SINNERS ou SACRED GATE, mais ce n'est en aucun cas pour glorifier le mal comme dans le passé, mais au contraire en dénoncer toutes les formes de manipulations malveillantes qui sont malheureusement de plus en plus efficacement à l’œuvre dans notre monde-prison actuel.
Il y a donc ces principes dépeints en filigrane dans mes travaux, avec le secret espoir de pouvoir un jour être considéré comme un artiste « visionnaire », ce qui serait pour moi un immense compliment, au vu de ce que j'essaie de communiquer visuellement dans mes travaux.
Il y a également un parallèle intéressant à faire entre mon évolution artistique et celle de Giambatista Tiepolo, qui a débuté par une phase assez ténébreuse en ayant été l'élève d'un maître vénitien adepte du clair-obscur, puis a su se défaire de cette influence et éclaircir progressivement ses palettes, pour aboutir à l’œuvre éminemment lumineuse que l'on connaît aujourd'hui...

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8- Quelle est la part du groupe dans la conception de la pochette?

Elle est en général assez importante puisque les idées directrices sont insufflées par le groupe à l'artiste dès le début du processus créatif, il s'agit la plupart du temps d'idées assez vagues et générales,  avec une thématique d'ensemble toutefois assez marquée dans bien des cas, que j'implémente éventuellement avec d'autres idées issues de mon univers et de mes références, en prenant toujours soin de ne jamais trop s'écarter ni du style, ni de l'identité du groupe en question, ce qui malheureusement, inclut parfois certains recours à certains stéréotypes classiques de l'imagerie metal, dont il est toujours difficile de se défaire...
Parfois, le groupe n'a aucune idée précise pour son visuel de couverture, il m'appartient alors de lui faire des propositions en tenant compte du titre de l'album, certaines idées contenues dans les textes de chansons, ou parfois des éléments simplement basés sur les influences musicales du groupe...
J'élabore ensuite un croquis détaillé en noir et blanc de mes idées que je soumets au groupe, si celui-ci est accepté, j'attaque alors l'illustration finale en couleurs proprement dite, l'image finale est ensuite délivrée en haute définition pour son exploitation future.

9- Tu travailles pour groupes de différents styles. Suivant les styles l'inspiration vient-elle plus facilement pour un groupe de heavy, de pagan, de death, de thrash, de black...?

Pour tout ce qui concerne mes préoccupations actuelles, je n'ai absolument aucune difficulté à être réactif et  inspiré concernant des sujets précis tels que la menace du nouvel ordre mondial, le transhumanisme, le contrôle mental, la science-fiction dystopique, l'astrothéologie, le post-apocalyptisme ou  le savoir et les vérités dissimulées, le tout lié ou non par une trame commune...
Je ne suis plus forcément attiré à tout prix par l'héroic fantasy comme par le passé, et je refuse même de traiter certaines thématiques usées jusqu'à la corde comme les dragons, les elfes, les personnages ailés positifs ou négatifs, les sujets trop inspirés par la culture du jeu vidéo et des séries TV, tout comme je suis désormais de plus en plus enclin à refuser certaines commandes dès lors qu'elles ne correspondent pas à mes velléités et aspirations du moment... le heavy metal classique reste par conséquent le style dans lequel je me sens le plus à mon aise, j'aimerais pouvoir traiter plus de thématiques pagan et Vikings, sans avoir trop d'opportunités pour ce faire, quant au black et au death metal, ceux-ci s'enfonçant de plus en plus et de façon irrémédiable dans des thématiques sataniques et nihilistes éculées voire puériles, et à de très rares exceptions comme par exemple ASSACRENTIS récemment, il est exclu que je puisse un jour retravailler dans ces catégories, tant tout cela ne me concerne absolument plus...

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10- Sur ton Facebook j'ai découvert la "polémique" Odin's Court. Même si cela n'est pas très agréable , peux-tu remettre l'église au milieu du village et nous expliquer?

Bien volontiers, si tant est que cette triste affaire soit assez emblématique et instructive de certaines problématiques récurrentes que les artistes indépendants rencontrent parfois avec certaines formations dénuées de scrupules...

Pour résumer les faits, j'ai signifié a ce groupe ma volonté de ne plus collaborer avec lui en 2015, juste après l'album « Turtles all the way down part 1 », car bien trop exigeant, pour un tarif de ma part plus que généreux s'agissant d'une telle prestation (réalisation conjointe de jaquette intérieure, jaquette arrière, rond CD imprimé, livret de 12 pages, couverture de livret panoramique continue).
Certaines parties d'illustrations ont même été réutilisées pour concevoir des décors de scène géants, ainsi que certains motifs du livret et des jaquettes pour agrémenter leur site web, une courtoisie supplémentaire de ma part que je regrette amèrement aujourd'hui...
L'illustration de couverture pour cet album consistait alors en un motif panoramique unique et continu, qui comprenait le recto du livret comme pochette principale et, se continuant, le verso du livret figurant une sorte d'ange suicidaire sur dominante colorée bleue, l'ensemble formant un tout cohérent et non séparable, ayant tout du moins été conçu comme tel par mes soins en 2015...
Le temps passe et, en novembre 2017, le groupe annonce sur son Facebook, photos à l'appui, la sortie d'un album intitulé « Turtles all the Way Down part 2 » avec comme illustration de couverture principale, le verso du livret de « TATWD  part1 », séparée de sa suite, inversé horizontalement dans photoshop pour donner l'illusion d'une couverture  inédite, et pourvu d'un « layout » illisible et inapproprié (qui aurait dû être, contractuellement, supervisé par mes soins), tout cela naturellement dépourvu de ma signature...

S'agissant d'une œuvre musicale différente de « part1 », éditée de surcroît sur un label différent , le groupe ne m'a jamais informé de ses intentions, ni bien sûr rémunéré pour ce faire, et a ainsi rompu plusieurs termes du contrat dûment signé par nos 2 parties en 2015.
Comme exigé  contractuellement, aucun élément de merchandising portant mes créations ne m'avaient non plus été envoyé ni signalé depuis 2 ans, ce groupe ayant bien entendu depuis puiser allègrement dans mon travail sans me prévenir ni me rémunérer davantage, allant même jusqu'à utiliser des motifs des plus anecdotiques de mes illustrations (un symbole de tortue en noir et blanc imprimé sur un dé à jouer...) pour y produire des motifs de T-shirts... absolument sidérant...

Le groupe a depuis changé d'illustration pour ce CD et tout cela n'aura bien évidemment jamais existé ailleurs que sur les réseaux sociaux, sans qu'aucune preuve concrète de la destruction de ces 300 Cds, un nombre qu'il reste toutefois à vérifier, ne m'ait été apportée, ni davantage de pièces contractuelles ou comptables relatives aux bénéfices perçus de l'exploitation illégale de mon travail, malgré mes multiples injonctions...

Je soupçonne fortement que d'autres éléments graphiques issus de « TATWD part1 » aient étés également indûment réutilisés pour ce « TATWD part 2 » (jaquette intérieure, rond CD imprimé, motifs divers...), me heurtant à un silence semblable sur ce point précis...

Je suis encore aujourd'hui complètement estomaqué de l'audace, de la désinvolture et du mépris de ce groupe à mon encontre, et du « pillage en règle » dont j'ai été victime de leur part,  il m'a également été reproché d'avoir rendu toute cette affaire publique sur Facebook sans consultation préalable du groupe, ainsi que d'avoir manqué de professionnalisme, de tact et de courtoisie dans mes différentes démarches... comprenne qui pourra...

Pour en venir au véritable cœur du problème, celui-ci est qu'aucune protection n'existe véritablement au niveau international pour prévenir ou empêcher de telles situations, la loi de la jungle prédomine ainsi nettement, sans qu'aucun contrat signé ou document officiel ne puisse protéger qui que ce soit, ou que ce soit...
Mais tout finira bien par se payer un jour car, comme le dit le dicton, « bien mal acquis ne profite jamais ».
Ce groupe, comme tant d'autres, parfaitement anecdotique à bien des niveaux, restera bien longtemps au niveau qui est le sien, avec ou sans ma participation tacite...

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11- Un groupe de rap te sollicite. Tu travailles pour lui?

Grands dieux, non, au grand jamais, pas plus que je ne retravaillerais un jour pour les groupes ODIN'S COURT, NIGHTMARE, MAGICA ou KALEDON pour n'en citer que les plus emblématiques...
Il faut bien sûr de tout pour faire un monde et cela passe aussi malheureusement par l'acceptation que puisse coexister dans notre monde des abominations et supercheries telles que le rap, l'art contemporain, le Vatican, le néo-metal ou le féminisme, en opposition à la beauté, à l'harmonie et à tout ce qui est sain(t) et naturel... Mais il est dit en alchimie que « la lumière doit savoir pardonner aux ténèbres » ainsi que « l'ignorance est le meilleur des mépris »... je m'en réfère donc à ces principes afin de ne pas perdre mon temps avec ces futilités, que je ne pourrai de toutes façon ni changer ni abolir d'une quelconque façon, en essayant au mieux que tout cela n'impacte mon existence d'aucune manière...
Je ne suis véritablement attiré que par la seule virtuosité, que cela soit en musique ou dans les arts visuels, et il bien évident qu'un style « musical » comme le rap ou le néo-metal se situe aux antipodes de ces valeurs, tant il est vrai que les « mélodies » de ces groupes ne sont pour la plupart composées que de samples ou d'éléments composites non originaux... et je ne parle pas de la prétendue « poésie » que certains évoquent parfois, tant on est encore une fois bien éloignés de Lamartine, Verlaine, Jacques Prévert ou même Jean Gabin...
Il s'agit également d'une sous-culture dans laquelle je ne me reconnais absolument pas, tant la flatterie de l'ego, du matérialisme outrancier ou de la vulgarité civilisationnelle y sont omniprésents et cultualisés au-delà du raisonnable...
Certains groupes de metal, manipulés, semblent aussi malheureusement suivre un chemin similaire, ce que je regrette...

12- Merci beaucoup du temps que tu nous as accordé et de tes réponses très intéressantes et instructives pour nos lecteurs !

Merci beaucoup à vous pour cette opportunité donnée de pouvoir m'exprimer sur tous ces sujets et pour la pertinence des questions, cela faisait assez longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de m'exprimer dans ma langue natale d'ailleurs...

13- Veux-tu donner le mot de la fin ?

Oui, je voudrais vite fait rétablir une vérité sur la situation du marché du disque metal actuel et affirmer que les téléchargements dits « illégaux » ne sont absolument pas à mettre en cause dans le cas présent, ceux-ci ont toujours existé et existeront sans doute toujours, mais je voudrais plutôt porter l'accent sur la politique criminelle et suicidaire de la quasi-totalité des labels importants d'aujourd'hui, et qui consiste à inonder à tout prix les rayons de produits standardisés, insipides et formatés, au détriment d'une quelconque recherche qualitative, ce qui aboutit inévitablement à une certaine banalisation et vulgarisation de la notion même de musique et du support audio, de sorte qu'aucun groupe ou projet de qualité ne pourra plus désormais sortir du lot, ou à grande peine... l'obsolescence programmée peut ainsi être également appliquée au monde de la musique, et selon moi, ces grosses compagnies en sont tout à fait responsables.
En ce sens, je ne suis pas mécontent non plus de m'être affranchi de la plupart d'entre elles car ce qui est vrai pour la musique l'est aussi pour les arts visuels...


 
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