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Cela faisait fort longtemps que nous n’avions pas eu le droit à un concert metal d’une ampleur conséquente dans notre chère ville de Saint Etienne. Les plus nostalgiques d’entre vous doivent sûrement se rappeler du terrible Choc Frontal Fest où Benighted, Kronos, Destinity et j’en passe se partageaient déjà les planches du Hall C. Mais excepté quelques concerts à l’ambiance vraiment déjantée dans des petites salles (comme Sublime Cadaveric Decomposition), il n’y a plus eu aucun grand évènement du genre pendant un peu moins de trois ans. Mais c’est cette année que notre formation locale, un certain Benighted, fête ses dix ans de carrière. Un anniversaire de la sorte n’est vraiment pas déplaisant, et l’occasion était donc parfaite pour réunir toute la bande, histoire de s’éclater « comme avant ».
Cette fois-ci, c’est dans la toute récente salle du Fil que la show se déroule, un lieu semblable au célèbre Transbordeur (au niveau des dimensions). Le début des festivités se fait pratiquement avec aucun retard : il n’y a pas de temps à perdre.  Ce sont donc les Lyonnais de Destinity qui entament l’affiche. Dès les premières minutes, l’ambiance commence à prendre quelques degrés et les pogos s’installent dans la fosse. Niveau scénique, on peut dire que Mick, le chanteur, assure carrément son rôle de frontman et s’approprie très rapidement la scène du Fil. Les autres membres sont également à un niveau pro, et on retient au final très peu de fautes de la part de Destinity. Evidemment, ce n’est pas vraiment le style dominant de la soirée, et certaines personnes du public n’accrochent pas à ce thrash/death n’hésitant pas à inclure diverses mélodies de guitares, des voix claires ou encore des samples/claviers.
 Au niveau de la set list, aucun « vieux » titre à l’horizon, les Lyonnais exécutent les morceaux des deux derniers opus, de « My Senseless Theory » à « Enemy Process », en passant par « Ready To Leave » et « Synthetic Existence » (où le jeune Tom de Fatal Agony sera invité par Mick afin de rajouter quelques cris). A noter le traditionnel braveheart Saint Etienne contre Lyon qui déstabilisa violemment les suicidaires personnes en première ligne (dont moi). Quant au niveau du son, celui-ci n’avait pas de défauts en particulier et les samples ne couvraient pas trop les musiciens. Bref, c’est au bout de 40 minutes que l’apéro s’achève.
 Et c’est reparti un quart d’heure plus tard. De faibles lumières éclairent la salle qui se remplit de nouveau, peu à peu. Un angoissant rictus résonne d’une façon diabolique. D’atroces rires glacent le sang des innocentes victimes du public. Christophe rit, il rit pour annoncer l’apocalypse qui va s’abattre sur les quelques centaines de personnes présentes. La destruction peut commencer… Beaucoup de gens étaient venus pour les voir. Avec quasi 20 ans de carrière, Inhumate s’impose comme une des meilleures formations grind de notre pays. Et ce soir là, les strasbourgeois étaient largement à la hauteur de leur très respectable réputation.

Rester dans la fosse est totalement insupportable et ingérable tant les mouvements et coups humains sont nombreux. Les membres du public sont comme entraînés dans une mer tempêtueuse où la difficulté pour s’en sortir est sans précédent. Ah, et la musique ? Celle-ci, comparable à un monstre féroce, est indomptable et dévaste tout sur son passage, comme un cyclone. Le hurleur Christophe, au micro, est dans un véritable état de transe et dirige son orchestre d’une bien étrange manière, n’hésitant pas à bousculer ses musiciens et à attaquer son public très nombreux sur la scène, à ses côtés. Les titres se jouent avec hargne, les plus courts d’une durée de quelques secondes seulement. Des riffs aiguisés soutenus par des blasts dévastateurs, et couverts par des cris anarchiques, c’est la formule typiquement Napalm Death et grind qu’Inhumate applique pour donner au résultat un carnage garanti. Les auditeurs les plus assoiffés de défoulement sont servis comme des rois par de chaotiques pyramides humaines sur scène et autres jeux auxquels les metalleux s’amusent beaucoup. Par contre, veuillez m’épargner l’évocation du son ou encore de la prestation des musiciens. Plus le show sera effectué de façon anarchique, plus on sera heureux. Une fois les dernières gouttes de sang frontal écoulées, provoquées par d’agressifs coups de micros, l’apocalypse prend ses congés pour quelques minutes de trèves.  C’est après un très court quart d’heure que Kronos prend le relais. Après un début de concert pas totalement réussi, les Vosgiens se reprennent rapidement pour le plaisir de tous. Les fans du groupe sont également très nombreux ce soir, et ont de quoi être largement satisfaits, Kronos effectuant une set list très variée allant de « Supreme Nordik Reign » (Titan’s Awakening, 2001) à des titres tirés de « Colossal Titan Strife ». Les morceaux « cultes » du dernier opus, « The Hellenic Terror », sont évidemment joués pour le plus grand bonheurs des auditeurs. « The Road Of Salvation » et « Bringers Of Disoders » provoquent une sauvage hystérie autant dans la fosse que sur scène, et certains restent vraiment bouchée bée devant une telle prestation jouée par d’excellents musiciens , assurant autant sur le plan technique qu’au niveau scénique. Les morceaux s’enchaînant à un rythme rapide et la fin du concert arrive vite à sa fin.
 Une fois bien échauffés, les zikos de Benighted déboulent sur les planches, sous les joyeux hurlements d’une gigantesque horde de metalleux. Nos chers stéphanois, sans doute écrasés par une forte pression provoquée par trois autres formations de qualité, débutent le concert avec quelques passages de l’album « Identisick ». Fort heureusement pour les Benighted, le public est toujours en pleine forme malgré les 120 minutes de musique qui se sont écoulées avec violence. Comme Kronos, Benighted livre une set list pour faire plaisir aux fans retraçant leur discographie. Nous avons donc le droit à des titres limites black tels que « Carmina/Paranoia » ou encore « Banished », datant de 2001 sorti sur « Psychose ».

Comme d’habitude, les blasts de Kikou martèlent de façon semblable à une machine de guerre, soutenus par de bonnes grosses guitares aux riffs deathcore, comme par exemple le « tube » Nemesis provocateur de violents circles-pit. La brutalité de ce soir est à son comble et les spectateurs s’en prennent plein la tronche. Les titres « Saw It All » , « Slut », « Fœtus » et « Insane Cephalic Production » sont plus que jouissifs.  Alors que certains pensaient que la fête étaient déjà finie, Julien Truchand annonce qu’il reste encore 50 minutes de sauvage barbarie. Les groupes se mélangent donc afin de donner des line-up originaux. Les reprises ont de quoi combler tout le monde : « I Will Be Hard » satisfait les plus coreux d’entre nous, alors que « Pursuit Of Vikings » contente davantage les fans de death black. Les classiques sont évidemment joués, tels que « Strenght Beyond Stenght » de Pantera, néanmoins effectué d’une façon un peu plus extrême par Christophe de Kronos. N’oublions pas également « Chaos AD » de Sepultura, au refrain culte que le public reprend en cœur avec enthousiasme. « Forsaken » de … Benighted est également reprise. Mais comme l’avaient annoncé les Benighted, ces prestations ne sont pas parfaites étant donné que c’était la première fois qu’elles étaient jouées par les musiciens. Le concert s’achève sur la célèbre « Suffer The Children » de Napalm Death, où l’ancien batteur de Benighted vient taper du fût. Malheureusement, le morceau est quelque peu saccadé, mais cela est couvert par l’ambiance totalement furieuse de ces derniers instants partagés entre le public et le groupe.
 C’est totalement extenué que nous sortons du Fil, s’étant pris plus de 3 heures extrêmement brutales dans la face. Le bilan est donc au final, vous l’avez bien compris, plus que positif, grâce une organisation de béton (Another Sphere Records mené de main de maître par Philippe et Théo), quatre groupes qui ont tous cartonné, sans oublier une ambiance qui a tourné au véritable carnage, dans le bon sens du terme évidemment. L’agréable et grande salle du Fil, le son très correct ainsi que les excellents jeux de lumières ont également été favorables à la soirée. On ne peut qu’espérer de prochains « shows » de cette ampleur sur Saint Etienne !
Fetus
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