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IMPERIOUS "Tales Of Woe - The Journey Of Odysseus, Part I : From Ilion To Hades" (Allemagne)

IMPERIOUSLe bassiste, vocaliste principal et orchestrateur portant le nom de scène de Sertorius ne manque décidément d'ambition.

Tout d'abord, il a formé IMPERIOUS en 2009 comme un projet solo. Banal, me direz-vous. Publié à 400 exemplaires en 2011, le premier album de ce projet, Varus, était un album conceptuel consacré à l'anéantissement, en l'an 9, de trois légions romaines par les Germains. Désormais épaulés par deux acolytes, Sertorius s'attaque à un monument de la littérature occidentale, ni plus ni moins que l'Odyssée de l'aède Homère ! Pour rendre compte de l'ampleur de cette œuvre immense, IMPERIOUS livre simultanément pas moins de deux albums, pour une durée totale de deux heures. Réunies sous le titre commun "Tales Of Woe - The Journey Of Odysseus", les premières et secondes parties s'intitulent respectivement "From Ilion To Hades" et "From Hades To Ithaca".

Débutons donc par la premier album, retraçant le périple d'Ulysse et de ses compagnons depuis Troie (Ilion) jusqu'aux Enfers. Pour ce qui est de la trame narrative, je ne saurai trop vous conseiller de vous plonger dans la lecture, parfois ardue, du récit par Homère. Musicalement, on se trouve confronté à une masse de travail impressionnante mais, surtout, convaincante. Le substrat musical s'ancre sans contestation possible dans un Black Metal complexe, épique et orchestral. A priori, la formule peut succomber à deux tentations fatales : copier les précurseurs du Black Metal symphonique et ceux du Black Metal épique d'une part, verser dans un fouillis prétentieux où la pédanterie et la démonstration remplaceraient l'efficacité et la lisibilité. Rien de tout ceci chez IMPERIOUS, où les éléments nombreux et variés sont domptés et dosés afin de servir le propos général.
Les éléments purement Black Metal s'avèrent relativement classiques : chant écorché, douloureux et haineux, riffs bourdonnants, blast beats... tout l'attirail s'avance en ligne mais il n'en est pas fait un usage exclusif, loin s'en faut. Ainsi, si les vocaux sont extrêmes, ils demeurent très articulés et non exclusifs puisque des parties en chant clair se fraient aussi un chemin (et même une voix narrative féminine). Les guitares savent également assumer leurs influences typiquement Heavy Metal, avec de nombreuses parties mélodiques, ciselées et limpides de toute beauté. De même, les riffs savent se faire tranchants, très clairement dessinés. Sur le plan rythmique, la batterie n'est pas condamnée à la trépidation constante puisqu'elle doit assumer une grande diversité de tempos et de nombreuses cassures ; de même qu'elle doit faire cause commune avec des lignes de basse qui ne sont pas de simples prétextes et qui sont parfaitement audibles dans le mixage.

Reste à traiter le rendu épique et les orchestrations. Contrairement à certaines formations de Black Metal épique, IMPERIOUS ne se contente pas de se lancer dans d'amples cavalcades vaguement rehaussées de faibles mélodies mais crée une trame complexe d'orchestrations à base de synthétiseurs, de percussions, d'instruments à vent et à cordes, sans jamais verser dans la surenchère, sans singer les partitions cinématographiques rebattues. Cela dénote une véritable qualité d'écriture, un authentique talent d'arrangement.

La capacité à varier les ambiances, les tempos, les rythmes se retrouvent dans les formats contrastés des compositions. Si l'introduction et les interludes - la plupart instrumentaux, tout au plus enrichis de narrations - demeurent entre une et moins de trois minutes, les durées des autres compositions s'avèrent conséquentes, voire imposantes si l'on songe aux 12'45 de "Where Cimmerian Darkness Dwells" ainsi qu'au presque quart d'heure de "Insidious Winds". Même au cours de ces plages étendues, IMPERIOUS ne se perd jamais en route, maintient le suspense et crée suffisamment de points de repères rythmiques et mélodiques pour l'auditeur.

On peut affirmer que cette première partie de l'Odyssée musicale est largement plus plaisante à vivre pour l'auditeur qu'elle ne l'est pour Ulysse dans l’œuvre homérique. Une belle réussite. rendez-vous pour la seconde partie...

Alain Lavanne

 

Date de sortie: 17/11/2017

Label: Massacre Records

Style: Black Métal épique

Note: 18/20

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