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BLACK CAPRICORN "Omega" (Italie)

BLACK CAPRICORN OmegaLe riff Metal est une religion, Tony Iommi en est le fondateur et ses zélateurs sont légion.

Parmi ceux-ci, on peut compter BLACK UNICORN, trio sarde à caractère familial (deux sœurs, plus le mari de l'une d'elles), qui compte dorénavant quatre albums à son actif. Malgré leur diffusion restreinte (nous chroniquons ici le pressage double vinyle, une édition CD verra le jour ultérieurement), il serait profitable aux amateurs de Doom Metal basique et monumental de s'y intéresser, je pense notamment à ceux qui se languissent de SLEEP.

Au centre de chaque morceau, on trouvera donc un riff : simple, rugueux, massif, au son rêche, il se développe pesamment ou se répète sur des périodes étirées, basiquement soutenu par une section rythmique austère. Pour revenir sur le format conséquent des compositions, précisons que cinq d'entre elles s'étagent entre sept et dix minutes, tandis que deux autres atteignent respectivement 14'39 ("Quest For Agartha") et 17'11 ("Antartide") : autant vous dire que, dans ces cas-là, BLACK CAPRICORN prend vraiment le temps de vous rentrer ses riffs dans le crâne !

Si austère soit-elle, la musique de BLACK CAPRICORN n'en comporte pas moins des éléments plus contrastés. Ainsi, par dessus les rythmiques et les riffs lancinants, la guitare se plaît à dessiner des motifs tout aussi épais mais moins raides, plus troubles ; d'où ce qualificatif de psychédélique revendiqué par le trio. Une dimension encore renforcée par des plages nettement plus apaisées et mélodiques, au cours desquelles la guitare acoustique prend le dessus. A la toute fin de "Black Capricorn Seal", on entend même les plaintes graves et profondes de violoncelles, bientôt submergées par un dernier reflux de riffs massifs.

Dans ce paysage instrumental massif et aride (à l'exception de quelques points de verdure), les parties vocales en deviendraient presqu'anecdotiques. Le chant masculin, clair, plutôt grave et déclamatoire, plus ou moins crispé, complète un tableau désolé, sinistre à force de sobriété. Sur certains titres, la dimension vocale s'avère plus travaillée, visant à produire un effet choral et incantatoire sur "Evil Horde Of Lucifer", un rendu fantomatique avec un chant féminin sur "Antartide", une excursion lyrique combinant le masculin et le féminin sur le final de "The Man Who Dared", une aura liturgique en introduction de "Quest For Agartha".

La conjonction d'une économie de moyens et d'un effet produit ample et puissant apparaît logiquement comme contradictoire a priori, mais au sortir de chaque écoute de l'intégralité de l'album, on est saisi par l'évidence et par la cohérence du résultat d'ensemble, qui parvient idéalement à tenir les promesses monolithiques de SLEEP et à faire vibrer les menées rythmiques plus terre à terre de SAINT VITUS et de THE OBSESSED, avec ce supplément d'âme par rapport aux dizaines de formations Doom qui se contentent d’ânonner les basiques du genre. Comme quoi même les paysages les plus rudes peuvent susciter des sentiments et des sensations immenses...

Alain Lavanne



Date de sortie
: 02/11/2017

Label: Stone Stallion Rex

Style: Doom Métal psychédélique

Note: 17/20

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