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LÂMINA "Lilith" (Portugal)

LÂMINA LilithBasé sur un riff simplissime et répétitif, lui-même sous-tendu par des lignes de basse sévères et énormes, le titre introductif de ce premier album des Lisboètes de LÂMINA, « Cold Blood », présente a priori un visage aride et peu aimable.

Et puis, progressivement, sans qu'on s'en rende vraiment compte, plusieurs éléments viennent animer positivement ce paysage désolé : un chant clair et nasal, un peu fragile mais agréablement déconnecté, des bidouillages électroniques en arrière-plan et une accélération mesurée du tempo. Le groupe sait donc faire brut et efficace, ce qui se confirme sur des compositions burnées comme « Big Black Angel », « Education For Death » et « Evil Rising » qui combinent toutes des rythmiques plombées, un groove méchant et des senteurs troubles et psychédéliques.

Sur deux autres titres, « Psychodevil » et le long « In The Warmth Of Lilith » présente un visage toujours aussi puissant mais plus varié. Pour le premier, cela relève davantage du Heavy Rock 70's, avec son orgue Hammond et son refrain immédiat, et son long break avec chant bourré d''écho et guitare bluesy pleine de distorsions psychédéliques. Pour le second, on navigue dans un psychédélisme lourd, tel que BLACK SABBATH l'a plusieurs fois pratiqué mais aussi DANZIG plus tardivement. Dans les deux cas, le résultat est particulièrement probant, avec une mention spéciale pour l'expressivité de la guitare.

Reste à évoquer le cas très particulier du monolithe « Maze », littéralement planté en plein milieu de l'album, le dominant du haut de ses vingt minutes. Qui plus est, les composantes musicales s'avèrent à la fois plus radicales et plus variées. C'est ainsi que le morceau débute longuement (plus de trois minutes) par des notes de guitare, claires, douces, précautionneusement détachées, avant qu'une première éruption rythmique ne vienne très ponctuellement troubler ce faux calme. Au bout de cinq minutes, une rythmique de Doom minéral et massif se met en branle, alternant avec des passages aux ambiances exhalant un psychédélisme poisseux : chant lointain et nasillard, guitare digne des meilleurs performances de Tony IOMMI (prenez pour références « Megalomania » ou « Sign Of The Southern Cross »). Quand le cap des onze minutes se profile, le groupe accélère et emporte tout sur son passage, avec à la clé un excellent solo de guitare. Et un long final en forme de jam instrumentale intense au possible.

Dans tous ses aspects, « Lilith » révèle un groupe plein d'assurance et d'audace, fortement influencé par le Heavy Metal de la décennie 70 et par le Rock psychédélique, mais jamais avare d'un sens inné de la puissance tellurique qui sied si bien à l'époque actuelle. Voilà typiquement le genre de voyages que je suis incapable de refuser !

Alain Lavanne



Date de sortie: 02/06/2017

Label: Raging Planet

Style: Stoner Métal psychédélique

Note
: 17/20

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