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COMMON EIDER, KING EIDER "Shrines for the Unwanted, Respite for the Cast Aside" (Etats-Unis)

COMMON EIDER, KING EIDER Shrines for the Unwanted, Respite for the Cast AsideAnalyser, apprécier et juger les œuvres de COMMON EIDER, KING EIDER selon le prisme habituel propre à l'univers du Metal, ou plus largement aux musiques extrêmes, me paraît être une erreur fondamentale.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en dépit d'une imagerie païenne et ésotérique, en noir et blanc, mettant en scène la nature, ce collectif de quatre musiciens de la côte ouest des États-Unis ne pratique pas ce type de musiques dans lesquelles, même dans les sous-genres les plus extrêmes et aventureux, il est toujours nécessaire d'évoluer dans des structures rythmiques prégnantes et d'avoir recours à une instrumentation classique.

Or, le propos musical de COMMON EIDER, KING EIDER est fondamentalement différent, quand bien même le résultat final peut amplement rencontrer l'agrément des amateurs de musiques extrêmes (la formation figure régulièrement sur des affiches de ce type). Sur cette édition cassette proposée par le label Sentient Ruin Laboratories, vous trouvez cinq compositions. Hormis le titre « Antler Tongue » (6'40), on constate que le groupe n'aime rien tant que les formats longs (« Cast Aside for the Wolves to Devour, They Were Instead Embraced » à 9'35 et « The Dark Winter (Sing Out Into the Night Sky!) » à 11'32), voire très longs (« Litha » à 25'37 et le bonus « Live In Vienna » à 32'15!!!). Voilà pour le cadre formel, passons à la matière même.

Puisque COMMON EIDER, KING EIDER s'immerge dans les problématiques liées à la Nature, prenons une analogie. Avec des structures plus ou moins évidentes et son souci du rythme et de la mélodie, les musiques populaires (de la Pop au Metal) s'apparentent presque toutes à un jardin à la française. Dans le cas qui nous intéresse, il faut renoncer à ces repères trop évidents et plutôt s'imaginer un paysage montagneux du grand Nord : un relief accentué, une forêt très dense et ancienne et surtout des bancs de brume qui ne permette pas de fixer une image nette et définitive. Les compositions de COMMON EIDER, KING EIDER procèdent par adjonctions progressives de nappes instrumentales (ou plus rarement vocales). Selon le principe de la musique Drone, ces nappes créent un effet de bourdons juxtaposés, voire superposés. Sur ce canevas viennent s'insérer des arrangements de percussions qui apportent subtilement des nuances et des colorations complémentaires. Seuls quelques vocaux caverneux, inquiétants et colériques, renforts d'un membre de SUTEKH HEXEN, viennent hanter en arrière-plan certains passages de « Litha », rompant abruptement ainsi le flux environnant.

Chaque élément entre progressivement en scène, jusqu'à former un ensemble extrêmement intense : vous n'observez plus les bancs de brume, vous êtes engloutis par eux. Il faut renoncer à son propre contrôle pour se laisser porter et pénétrer, comme lors d'un rituel. On parle bel et bien d'une écoute  s'apparentant à une expérience intime et transcendentale.

Alain Lavanne

 

Date de sortie: 07/04/2017

Label: Sentient Ruin Laboratories

Style: Ambient Drone

Note: 19/20

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