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FARSOT "Fail-lure" (Allemagne)

FARSOT Fail-lureA deux reprises déjà, Kaosguards a rendu une appréciation favorable à des œuvres des Allemands de FARSOT, en l'occurrence « IIII » en 2007 (relire ici ) et « Insects » en 2011 (relire ici ).

C'est une fois de plus sans précipitation que FARSOT nous livre son nouvel album, le quatrième seulement en dix-huit ans de carrière. A nouveau, le regard que nous portons sur « Fail-lure » est foncièrement positif, le groupe ayant même franchi un cap, semblant en totale maîtrise de son art noir.

Saluons d'entrée de jeu la qualité et l'adéquation du son, grâce au travail de V. Santura, connu pour œuvrer au sein de TRIPTYKON ; il préserve l'âpreté du son du groupe, notamment dans les riffs et les vocaux (rauques et écorchés), tout en assurant une clarté dans l'exposition de tous les éléments qui, parfois, se chevauchent.
Du point de vue stylistique, FARSOT a décidé de ne pas choisir entre la rugosité et hostilité fondamentales du Black Metal et ses penchants plus nuancés, déjà présents par le passé. Outre le chant hanté et douloureux déjà évoqué, soulignons les passages menés ventre à terre, propulsés par une batterie froidement impitoyable. Tout en restant dans le registre Black Metal, le groupe ménage des passages plus modérés quant aux tempos, gagnant en menace ce qu'il cède alors en agressivité pure. Dans les deux cas de figure, la sensation de malaise demeure entière.
Les guitares se distinguent de la vulgate éculée du Black Metal, à savoir ces sempiternels riffs bourdonnants en trémolo picking. Fréquemment, on note des riffs très nettement dessinés et assénés avec assurance. Surtout, elles évoluent plus souvent qu'à leur tour en mode clair, ce qui apporte classiquement de la mélodie certes, mais aussi ce qui crée des contrastes dynamiques avec la face purement Black Metal.
Autre précision quant à l'instrumentation, la basse est audible et délivre des lignes tendues et épaisses qui concourent à l'intensification générale.

FARSOT manie avec maestria et précision cette cohabitation entre le nihilisme du Black Metal et le clair obscur. La longueur relative de la majorité des compositions – quatre sur six durent entre huit et neuf minutes – permet de négocier amplement les alternances, les fusions, voire de se permettre quelques saillies épiques. La richesse des alternances apporte un petit côté progressif dans les structures, ce qui contraste avec l'austérité fondamentale des riffs.

En fait, ce qui impressionne le plus sur cet album, c'est sûrement cette capacité à introduire d'authentiques nuances sans jamais renoncer à une once d'intransigeance. FARSOT doit se contrefoutre de révolutionner le Black Metal ; par contre, « Fail-lure » en propose une mouture personnelle absolument fascinante.

Alain Lavanne

 

Date de sortie: 21/04/2017

Label: Lupus Lounge

Style: Black Métal

Note: 18/20

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