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DREAD SOVEREIGN "For Doom The Bell Tolls" (Irlande)

DREAD SOVEREIGN For Doom The Bell TollsQuand DREAD SOVEREIGN a publié son premier EP, « Pray To The Devil In Man » (2013), puis son premier album, « All Hell's Martyrs » (2014), on pouvait croire à un simple épisode récréatif de la part de Nemtheanga et de Sol Dubh, respectivement chanteur et batteur de PRIMORDIAL.

La sortie de « For Doom The Bell Tolls » prouve que DREAD SOVEREIGN est un projet en développement, quand bien même sa production discographique s'effectue sur un tempo plutôt lent.

Cela tombe bien car il est notamment question de Doom Metal. Quand bien même Sol Dubh a quitté le projet, Neamtheanga et ses deux complices demeurent fidèles à la volonté de faire revivre le feeling si particulier du Doom Metal initial mais également d'autres genres extrêmes ayant vu le jour au cours des années 80.
Ainsi, Cet album se clôt sur une reprise vibrante et fidèle à l'originale du « Live Like An Angel, Die Like A Devil » de VENOM. Dans ses compositions propres, DREAD SOVEREIGN ménage des moments intenses qui reprennent à leur compte ce sens du chaos en mouvement propre à VENOM.

Mais enfin, pour l'essentiel, il est question de Doom Metal à l'ancienne, se situant à mi-chemin entre le Doom américain classique (SAINT VITUS demeurant la référence incontournable) et le Doom plus théâtral de TROUBLE et des débuts de CANDLEMASS. Mais le trio ne se contente pas de réitérer des formules anciennes, ils les retravaillent à sa manière. Passée une introduction lugubre, DREAD SOVEREIGN impose « Twelve Bells Toll In Salem », monumentale composition de treize minutes dont l'intensité dramatique s'avère proprement bluffante. La simplicité des éléments rythmiques à l’œuvre (riffs massifs, basse grondante, batterie sobre et titanesque) ne doit pas masquer une réelle capacité à agencer des montées en puissance redoutables. Le chant possédé de Neamtheanga, entre colère, tristesse et folie, emporte le substrat instrumental vers des sommets hallucinés. Sachant ménager ses effets, des plages aux ambiances aussi spectrales que solennelles (avec claviers, cloche et autres bruitages) ponctuent ce titre réellement impressionnant.

En comparaison, les deux autres compositions originales ( laissons de côté la plage ambiante « Draped In Sepuchral Fog ») paraissent presque normales. « This World Is Doomed » présente une approche plus frontale, avec un tempo notablement plus rapide et des rythmiques nerveuses, pour un rendu presqu'épique.
Frôlant les huit minutes, le titre « The Spines Of Saturn » offre une introduction majestueuse typiquement Doom , rehaussé de claviers, avant de partir sur un mid-tempo plus léger et mélodique, révélant un penchant pour le Space Rock et le psychédélisme (voix filtrée, arrangements spaciaux). Bien qu'assez inattendu, cette facette de DREAD SOVEREIGN fascine autant que l'aspect purement Doom.

On sent que DREAD SOVEREIGN travaille ses compositions avec précision mais que l'interprétation privilégie la passion et la densité. Dans un contexte global de productions cliniques et d'interprétations chirurgicales, on ne peut que prendre « For Doom The Bell Tolls » pour ce que qu'il est, à savoir un album énorme de conviction. Et cela fait du bien par les temps qui courent !

Alain Lavanne

 

Date de sortie: 03/03/2017

Label: Ván Records

Style: Doom Métal

Note: 18/20

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