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HORNS UP le 10/03/2017

HORNS UPInterview réalisée avec le rédacteur en chef Max par mail. 

Depuis quelque temps on voit le nom du webzine HORNS UP fleurir sur la toile d'internet de tous bords. Nous avons décidé de nous faire expliquer son fonctionnement, ses aspirations et  sa "philosophie". Max répond à toutes nos interrogations de manière débridée.

 

 

1- Salut à toi Max, HORNS UP n'est pas une nouvelle expérience pour vous? Il est l'émanation d'une précédente structure il me semble?

Salut ! Alors en effet, Horns Up est né de la fusion entre la rédaction du webzine U-zine et les vidéastes de 2Guys1TV mais aussi d'autres petites structures (agenda, live). Personnellement, j'ai rejoins l'aventure quelques mois après sa création. Ce projet m'a vraiment plu et il continue de me plaire.

 

 2- Combien de personnes constitue votre équipe? N'est-il pas trop dur de trouver des chroniqueurs motivés?

Nous sommes une trentaine actuellement pour une vingtaine de chroniqueurs. On n'est pas parti de zéro non plus car il y avait déjà de très bons chroniqueurs chez U-zine. Alors, certains sont partis depuis mais tout s'est fait assez naturellement. À cette petite équipe se sont greffé des chroniqueurs talentueux d'autres webzines, ou même des chroniqueurs pour qui c'est la première véritable expérience. Toi-même qui travailles pour un webzine, tu le sais que c'est compliqué. Compliqué car évidemment c'est totalement bénévole. Certains sont aux études, d'autres ont un boulot et la vie d'un webzine peut être chronophage. Ce n'est donc pas toujours facile de concilier les deux mais je suis content de mon équipe et de mes chroniqueurs.

 

3- Est-ce que tu privilégies des styles de métal particuliers?

Non. On essaye de couvrir tous les styles sans opposer tradition et modernité. Ce n'est pas toujours évident car on fait en fonction des goûts des chroniqueurs et des newseurs. Du coup, on peut avoir l'air de se désintéresser de certains styles comme le Hardcore, par exemple, mais pas du tout. Il nous faudrait quelques renforts pour couvrir tous les styles correctement.

 

4- Je vois souvent des logos HORNS UP sur les flyers de concerts. Tu n'as pas envie d'organiser des concerts pour promouvoir ta structure?

Si bien sûr. Nos anniversaires nous ont permis d'engranger un peu plus d'expérience à ce niveau-là même si on subit une certaine malédiction, haha. Pour notre premier anniversaire, on voulait faire venir Iron Thor, le cover band officiel du groupe canadien Thor, à Nantes avec Horacle et Electric Shock. Quelque chose pour vraiment marquer le coup. Malheureusement, le chanteur d'Iron Thor a eu un accident de voiture un mois avant et on a dû revoir nos ambitions à la baisse et refaire une soirée avec un plus petit budget. Bon, c'était une excellente soirée grâce à Hexecutor, Mortal Scepter et Origin'hell et la salle était pleine à craquer mais ça reste un gros regret quand même. Shit happens... Cette année, on devait faire un petit concert local à Toulouse mais à cause d'un conflit entre la salle et la mairie, c'est tombé à l'eau. On s'est contenté d'une bonne soirée arrosée. Pour les trois ans, on va essayer de briser cette malédiction !

Sinon, oui j'aimerais qu'on développe le côté événementiel mais ça ne se fait pas dans la précipitation. On y réfléchit...

 

5- Les sorties de disques sont d'une incroyable densité. Comment fais-tu pour sélectionner ce que tu vas chroniquer ou pas?

Comme les autres chroniqueurs, je ne me sens jamais obligé. Il ne faut pas croire qu'on est là pour faire le service après-vente d'un label ou d'un groupe. Je le dis car c'est tenace chez certains cette image d'un chroniqueur qui reçoit tout à l'avance et qui s'arrange en douce avec le label pour fatalement mettre des bonnes notes. Je n'ai jamais vu ça, pas dans mon webzine en tout cas. On est partenaires avec beaucoup de labels français et étrangers mais aussi des agences promos et ça nous donne un large éventail des sorties à venir. Parfois, il n'y a pas grand-chose à dire sur un très bon album et l'inverse est valable aussi. On fonctionne au coup de coeur. Ou au coup de couteau quand un groupe qu'on adore nous déçoit, haha.

 

6- Ne penses-tu pas que la quantité nuit à la qualité?

Le marché est clairement saturé. Je pense que c'est aussi la mission d'un webzine spécialisé comme le nôtre de trier et dénicher les perles rares. Inciter à la découverte aussi, c'est très important. Que ce soit à travers nos chroniques et nos interviews mais aussi nos news tout simplement. Les labels ne nous dictent pas ce qu'on doit faire, on s'efforce de sélectionner ce qui nous paraît intéressant avec nos sensibilités.

 

7- Les rubriques qui constituent ton webzine, comment ont-elles été choisi?

C'est comme un couteau suisse. Un webzine ne peut pas faire que des chroniques. Il faut proposer des choses différentes et complémentaires aux lecteurs surtout que nous avons la chance d'avoir une WebTV vraiment intéressante et vivante. La partie Podcast devrait s'étoffer également mais nous avons déjà de très bons formats, comme ceux proposés par River of Gold et dernièrement La Lune Blanche.

 

8- As-tu des indications sur la provenance de tes lecteurs (France, étranger)?

C'est principalement la France et la francophonie, bien sûr. Étant Belge, j'aimerais beaucoup développer Horns Up ici aussi mais les meilleures choses se font avec de la patience parfois.. Après deux ans, nous n'avons vraiment pas à rougir de notre progression qui est vraiment constante. On essaye d'utiliser les réseaux sociaux le plus intelligemment possible sans vendre nos fesses pour notre promotion. Je veux dire par là que Facebook (qui est notre principale vitrine) te pousse à payer pour avoir plus de visibilité mais nous ne préférons pas tomber là-dedans.

 

9- Pour les interviews, tu te cantonnes à la musique ou aimes-tu avec les groupes aborder les sujets "sociétaux"?

Il y a toujours un moment où forcément ça dérive. La musique et ses transformations sont souvent le miroir de la société. De mon point de vue, c'est dans les temps les plus troubles que la contre-culture est la plus excitante, la plus expressive. Donc oui ça peut être intéressant bien que mélanger politique et musique ça puisse aussi donner un cocktail explosif. Nous ne sommes pas partisans de la censure ce qui est parfois mal compris malheureusement. Je ne vais pas parler d'apolitisme car c'est déjà un raisonnement politique mais nous ne faisons l'apologie d'aucune idéologie. Il suffit de regarder la diversité des groupes dont on parle et à qui nous donnons la parole pour s'en rendre compte.

 

10- Je sais que vous êtes en partenariat spécial avec certains groupes et événements (PWOA, ...). Comment tout cela se met en place?

C'est une relation de confiance qui se met en place avec le temps. On soutient le Pyrenean Warriors Open Air depuis la première édition. C'est des gens géniaux et véritablement passionnés. On parle le même langage. C'est pareil pour le Ragnard Rock Fest et d'autres festivals. C'est aussi travailler en bonne intelligence. J'ai eu la mauvaise expérience d'un festival dont les organisateurs attendaient que je fasse tout le boulot à leur place. Forcément, ça ne marche pas comme ça. Il faut que chacun soit à sa place et que la confiance règne. C'est impossible de bâtir quelque chose de durable sans ça. Sinon, oui je suis très fier des festivals que nous soutenons.

 

11- Les groupes underground ont-ils leur placé comme les plus gros dans tes colonnes?

On ne les oppose pas surtout. On ne fait pas de rubrique "Underground" en les mettant dans un coin, par exemple. Non, tu vas trouver chez nous une news sur un clip de Metallica (... ou Babymetal) à côté de l'annonce du premier album d'un obscur groupe hollandais. C'est puéril de vouloir opposer "mainstream" et "underground". Pour certains, on ne parlera jamais assez de ci ou trop de ça mais on essaye vraiment d'être diversifié et cohérent dans cette démarche.

 

12- Tu es un vecteur du métal sur la toile. Penses-tu être un "fossoyeur" de la presse écrite comme Metallian et consorts?

Non du tout, il faut une presse écrite spécialisée. Il y a juste que le marché musical change et devient de plus en plus dématérialisé. Les jeunes générations s'y habituent et n'ont pas le réflexe d'acheter forcément un magazine comme Rock Hard ou Metallian en kiosque. Il y a cette tyrannie de l'immédiateté aussi. Aujourd'hui, un extrait inédit va se retrouver en priorité sur le Net plutôt que sur le sampler d'un magazine. 

À côté de ça, il y a des fanzines artisanaux qui fonctionnent bien avec des passionnés derrière. Je pense à Forever Ripping Fast ou L'Antre Des Damnés. Donc voilà, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde et que plus il y aura de médias (peu importe la forme) animés par des passionnés, mieux ce sera. 

 

13- Malgré de timides reportages sur le Hellfest à la télévision française le métal est globalement absent à l'inverse de nombreux pays du Nord de l'Europe. Quelle en est la raison selon toi?

Il y aura toujours une partie visible avec, en France, des groupes comme Gojira qui sont invités par les grands médias. Ou comme tu le dis des grands rassemblements comme le Hellfest. Je pense qu'il y a un peu un fantasme sur les pays nordiques. Le Metal en général est peut-être mieux vu mais ils ont les mêmes obstacles qu'ici, il ne faut pas rêver. Je ne sais pas si cela m'intéresse de savoir les raisons mise à part que le Metal a toujours cette odeur de souffre, et tant mieux. Après si c'est pour reservir toujours les mêmes clichés, faut-il déplorer le manque d'intérêt des grands médias ?

Ado, je me souviens d'un reportage diffusé très tard sur France 2 : "Danse avec le diable". On voyait Glen Benton de Deicide qui parlait de possession diabolique, mais aussi le procès de Judas Priest suite au suicide d'un jeune fan. Un fan de Black Sabbath aussi, défiguré après avoir essayé de se suicider. Enfin bref, tout pour te faire comprendre "le Metal, c'est dangereux". Ça m'avait beaucoup impressionné plus jeune mais au final, c'est à toi de faire ton cheminement et d'être curieux. 

 

14- La multiplication des festivals métal en France est elle selon toi un bon signe pour l'évolution de cette musique dans notre pays?

Oui bien sûr ! Je vois de très bonnes initiatives un peu partout et avec Horns Up on s'efforce de les soutenir. Que ce soit le Metal extrême qui s'invite dans des lieux historiques (le In Theatrum Denonium ou le The Nameless Opera) ou des festivals plus traditionnels comme le Anthems of Steel ou le Pyrenean Warriors Open Air. C'est un signe de bonne santé même si on ne peut pas nier que la santé financière de certains de ces festivals soit fragile. Tout peut s'écrouler assez vite mais tant qu'il y aura des gens assez passionnés pour reconstruire, tout est possible.

 

15- Les derniers mots sont pour toi...

Merci à toi pour cet entretien et continuons de transmettre la flamme !


 
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