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LELAHELL le 03/03/2016

LELAHELLInterview réalisée par mail avec Redouane Aouameur (guitare/chant). 

Vous conviendrez qu'il n'est pas facile de faire du métal quand on est originaire d'Algérie. Ce pays qui a connu une terrible période qu'on a appelé "les années de plomb"  (massacres perpétrés par le F.I.S, répression terrible du pouvoir en place, climat de quasi guerre civile) n'a jamais fait de sa priorité la promotion du rock et encore moins du métal. Cette contrée voit encore cet art comme "la musique du diable" et c'est donc contre tous ces préjugés que se bat tous les jours Redouane Aouameur. Cet activiste ne ménage pas ses efforts pour faire triompher une cause qui pour notre part nous paraît naturel. C'est pourquoi nous avons décidés de mettre en lumière ce véritable chevalier du métal.  

 

 1-    Salut Redouane, je sais que tu es un « homme à tout faire » dans le métal algérien. Peux-tu expliquer à nos lecteurs quels sont (et étés) tes multiples casquettes ?

Salut et merci pour cette interview !
On va dire que j’ai touché un peu à tout, j’ai été bassiste avec Neanderthalia de 94 à 96, bassiste vocaliste avec Litham de 96 à 2008, bassiste second vocaliste avec Carnavage de 2004 à 2007, organisé cinq éditions du Lelahel festival de 2002 à 2006, Lelahel’zine deux numéros 2003 et 2004, une compil lelahel metal vol.1 en 2004, un webzine de 2002 à 2006 (lelahelmetal.com), enregistrement de plusieurs démos et albums de 2006 à 2010 (je vais reprendre cette activité prochainement). Vocaliste de Devast de 2008 à 2010. Et de 2010 à nos jours  Guitariste et vocaliste du groupe Lelahell.

2-    Justement dans toutes ces activités quelles sont celles dans lesquelles tu as trouvé le plus de plaisir, de regrets, d’espoirs… ?

Comme on le dit si bien chasse le naturel  il revient au galop ! J’ai commencé en tant que musicien et après avoir fait le tour je me retrouve là où j’étais c’est-à-dire toujours musicien, en changeant d’instruments (guitare). Et pour être franc c’est là où l’on trouve le plus de plaisir car on donne autant que  l’on reçoit, pas comme d’autres activités qui sont souvent très ingrates comme l’organisation, l’enregistrement, le journalisme….
J’ai beaucoup de regrets avec Litham, car on y croyait vraiment on avait tout misé dessus et l’on avait tout pour réussir, mais hélas beaucoup de malchance et aussi un manque de motivation de la part des autres membres à fait que ce groupe tombe à l’eau !
Mais avec Lelahell j’y crois vraiment et je  pense que ça ne vas pas se passer de la même manière ! Le rêve continue !  

3-    Le fait de pratiquer du métal en Algérie est-il radicalement différent de la situation que l’on peut connaître dans le monde occidental ?

Je pense qu’il est nettement plus difficile de jouer du métal en Algérie qu’en occident, en premier lieu à cause du matériel qui est vraiment inaccessible et très cher surtout pour un jeune musicien qui veut débuter, et en second lieu  le manque de salles et d’infrastructures qui  ne permettent pas aux groupes de jouer donc de s’affirmer et de s’améliorer .  Pour Lelahell on fait maintenant beaucoup plus de concerts à l’étranger que chez nous !

4-    Penses-tu que le métal en Algérie à un avenir radieux ?

Il faudra beaucoup de travail de la part de tout le monde, et il faudra aussi que les groupes sortent un peu pour justement s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et comme ça ils pourront s’exporter

5-    Tu sais que des pays de cultures orientales (comme par exemple Dubaï) accueillent des énormes festivals de métal. Penses-tu que cela soit possible un jour chez toi ?

Tu sais ce n’est pas sorcier, un grand festival n’est que possible qu’avec de l’argent.  Dans des pays comme Dubaï il y a beaucoup de sponsors qui jouent le jeu, et sans oublier un soutien de l’état pour promouvoir l’image de leur pays.  On croise les doigts !

6-    As-tu des soucis de censure dans ton pays ?

Pour l’instant ça reste de la censure indirecte, genre un refus pour une demande de salle pour un concert de métal, mais sans plus.


7-    As-tu été tenté un jour par l’expatriation lassé par ta situation contractuelle ?

Peut-être au début, on pensait qu’en Europe c’était l’Eldorado. Mais plus maintenant, car au fond l’on sait tous que c’est la galéré pour  tout le monde. Et si c’était aussi facile, peut être que j’aurai laissé tomber il y a longtemps !

8-    Tu avais organisé un festival qui après quelques éditions s’est arrêté. Penses-tu jour te relancer dans l’aventure ?

Pour l’instant je me consacre entièrement à Lelahell, mais ça ne veut pas dire que cela est impossible. L’avenir nous le dira !


9-    On va désormais parler de Lelahell, le titre de l’album de 2014 est assez énigmatique. Peux-tu nous le « décoder » ?

Au fait le titre est décomposé en deux parties, la première ‘Al insane’ qui est un jeu de mot car al insane veut dire l’être humain en arabe, et insane c’est ‘fou’ en Anglais. Sinon la seconde partie ‘The rebirth of Abderrahmane’ est au fait un message à double sens le premier avec qui on espère que cet album contribuera à la renaissance de la scène métal Algérienne, le second sens c’est la suite de l’histoire du personnage ‘Abderrahmane’ qui après son suicide sur le premier EP ‘Al Intihar’ (qui veut dire suicide en arabe) vient de renaitre. Abderrahmane c’est aussi le nom de mon père (décédé en 2003) et le nom de mon fils histoire de leur rendre hommage aussi.

10-    Comment un groupe Algérien en vient-il à bosser avec Horror Pain Gore Death Productions ?

Je connaissais Mike Juliano le proprio du  label bien avant en 2012, on devait sortir notre premier EP avec lui mais on avait choisi Goressimo Records pour ça, et deux ans après on a optés pour Horror Pain Gore Death Productions !

11-    Vous êtes en mode power trio, est- ce un choix ou une obligation ?

Pour l’instant ça reste un choix, mais peut être à l’avenir on pourra ajouter un second guitariste pour me permettre de me concentrer sur mes parties vocales et aussi le jeu de scène

12-    Vois-tu Lelahell comme une tête de pont qui pourrait révéler votre scène au monde du métal ?

Je pense qu’il faudrait que les groupes locaux se mettent sérieusement au travail, il ne faudrait pas faire comme  beaucoup de scènes qui comptent un ou deux groupes seulement en tête et le reste qui traine.

13-    Quels sont tes aspirations pour les années à venir et que t’inspires tes années d’activiste passées ?

Là je suis à fond dans Lelahell, et j’espère que ça apportera ses fruits. Même si ce n’est pas le cas au moins je n’aurai pas de regrets car j’ai tout donné comme je l’ai toujours fait auparavant !

14-    Je tiens à te tirer mon chapeau car je pense qu’en occident on ne se rend pas compte tous les jours de la chance que l’on a d’écouter du métal sans contraintes. Et je laisse donc ces dernières lignes à ta conclusion…

Je tiens à te remercier pour ton grand soutien et ton aide.
On prépare une campagne de crowdfunding  qui sera lancée dans les jours qui viennent pour le financement du  prochain album ! Restez connectés sur notre page ici

Retrouvez la chronique de l'album de LELAHELL

 

 
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