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STILL SQUARE le 31/01/2016

STILL SQUAREInterview réalisée par mail avec le groupe.

 

STILL SQUARE fait parti de ces groupes hexagonaux qui ont une sacrée "bouteille". Depuis 1981, les rockers parisiens n'ont eu de cesse que de faire vivre une musique qui s'affranchit des modes et du temps qui passe. Toujours dopé aux vibrations électriques, le quintet francilien revient avec un album (chronique ici ) qui est dans la droite ligne de leurs amours de toujours. (N.B: on vient d'apprendre que Jérôme Piat (Ex Cristal, Cheriblue, Stef Reb & The Killa) remplace Jean-Pierre Napoletano (membre depuis les débuts du groupe) à la guitare.)

 

 

1 Salut les STILL SQUARE, expliquez-nous votre changement de patronyme puisqu’il faut rappeler que votre premier album est sorti sous le nom de SQUARE.

Thierry : De 1988 à 2000 nous n'avons rien fait, nous n'existions plus, on a même oublié de renouveler l'inscription de la marque "SQUARE" à l'INPI. Lorsque Brennus music nous a proposé de rééditer "Rock Stars" en CD, nous nous sommes aperçus qu'un groupe (électro-rap) avait entretemps déposé la marque. Nous avons fait le choix de contourner la difficulté et de choisir un nom qui rappelle que nous sommes toujours "Square". A l'époque, la reformation n'était pas à l'ordre du jour.

Pascal: Et les fans, comme moi, étaient loin d'imaginer qu'elle finirait par arriver...


2- Pour rappel au milieu des années 80/90 vous signez chez Black Dragon Records un label qui devait vous lancer à l’international. Votre mésaventure avec cette structure vous a-t-elle découragé du monde de la musique et surtout quels enseignements en avez-vous tirés ?

Thierry : Si ça doit nous enseigner quelque chose, c’est qu’il faut faire de la musique pour s’éclater et faire plaisir aux gens et ne rien en attendre d’autre.

Guy: Rien n'est acquis, il ne faut pas baisser les bras.

Pascal: Cette mésaventure du passé m'a donné l'opportunité d'enregistrer "Laissez les rêver" avec Still Square, ce qui n'aurait pas été le cas si l'aventure s'était poursuivie avec Black Dragon ( pour rappel, l'essentiel de « Laissez les rêver » était des titres déjà composés et sur le point d'être enregistrés à l'époque).


3- Vous avez participé au festival de Choisy le Roi en 1985 et ensuite au PMFF en 2008. Quelles sont les choses qui ont selon vous changé entretemps (hormis les rides des participants !!!) dans le métal français ?

Thierry : C’est le monde qui a changé autour de nous, Internet, le numérique, les gens qui n’achètent plus de disques, tous les groupes chantent en anglais espérant s’exporter. On y perd de la proximité avec le public.

Fab : Dans les 80, l'offre était plus restreinte, les groupe avaient peu de moyens. J'ai découvert toute la vague des groupes de la NWOBHM en écoutant Tommy Vance sur BBC 1… puis Francis sur Wango Tango… et les groupes français sur Radio Soleil ou Radio Mouvance… c'étaient les première maquettes de HBOMB, VULCAIN, Blasphème, Square, Sortilège… et du fait de la rareté des diffusions, tous les titres de nos groupes nationaux étaient méticuleusement transposés sur K7… et rendaient la valeurs des groupes inestimables…jusqu'à devenir un peu culte. Aujourd’hui la donne est différente, en 2 clicks on a accès à tout… et à rien, en fait… trop d'offre… Pas facile de tirer son épingle du jeu!

Pascal: La musique aujourd'hui s'est banalisée, je pense qu'on attachait bien plus de valeurs à nos groupes favoris dans les années 80.

4- A vos débuts, vous avez travaillé avec Madrigal Records et maintenant c’est Brennus Music qui s’occupe de vous. Là également, avez-vous vu une amélioration dans la façon de travailler des structures ?

Thierry : Non, ils ne faisaient rien avant, ils persistent dans cette voie avec beaucoup de constance.

Pascal : Pour être plus en verve, il vaudrait mieux parler de tout ce qu'il ne font pas pour les groupes... 

Fab : Les labels ont la vie dure… manque de moyens, manque de personnel, manque d'idées parfois pour lancer ou promouvoir un artiste… là aussi, seuls quelques labels réussissent à tirer leur épingle du jeu.

5- J’ai remarqué que votre disque sonne comme les productions à l’ancienne est-ce une volonté de votre part surtout quand on sait que les studios en 2016 peuvent faire des miracles.

Thierry : On assume à 100% notre côté « Vintage ». Notre rock à l’ancienne s’accommode bien d’une production à l’ancienne. Quand on écoute un vieux AC/DC, ce qu’on aime c’est entendre les lampes du Marshall et le crissement des cordes de la SG, on n’attend pas des miracles technologiques, tout le monde s’en fout.

Guy: On a toujours fait une musique un peu 'brut de fonderie'. Ce qui nous permet de rejouer nos morceaux sur scène comme ils sont sur l'album. Pas trop d'effets, juste l'énergie, le plaisir et vogue la galère!

Pascal: Il sonne à l'ancienne et a été réalisé à l'ancienne, c'est ce que l'on voulait.... Ce n'était pas notre souhait de sonner comme tout le monde.

Fab : Voila, le mot est juste : « Vintage », Square ne prétend rien… ni révolutionner la musique ou le hard Rock, c'est juste 5 mecs qui s'éclatent en jouant la musique qu'ils aiment en espérant partager avec les fans…

La pochette et l'artwork sont le reflet de cette attitude naturelle, visages marqués, cover usée…
L'album a été conçu et réalisé dans le même état d'esprit. Analogique à mort, vieilles caisses claires…


6-Je travaille pour un webzine de métal mais il me semble que votre musique dépasse largement cette connotation, non ?

Thierry : Absolument, nous sommes un groupe de rock hard et non un groupe de heavy metal, même si parfois, certains morceaux peuvent s’y apparenter.

Guy: On n'a jamais caché nos influences. On fait du hard des années 80. On ne cherche pas à faire ce qu'on ne sait pas faire car on le ferait mal.

Pascal: Still Square n'est pas un groupe que l'on peut qualifier de "Métal" et c'est tant mieux, parce que ce serait une erreur. On fait juste du Hard Rock.

Fab : On fait du rock, du hard rock, du hard rock'n'roll… le métal, les triggers, le growl, les guitares détunées, ce n'est pas nous… on ne va pas tricher… Les jeunes musiciens sont plus en phase avec ce genre… question de génération !

7- Quels ont été les critères de choix quand il s’est agi de choisir un studio pour mettre en boîte « Hard Rock’n’Roll » ?

Thierry : Les personnes qui sont aux manettes, leurs réalisations précédentes, la situation géographique, le prix…

Pascal: Nous avons fait appel à de vieilles connaissances, en qui nous avions confiance.

Fab : Le choix du studio s'est fait naturellement. Son prix, son cadre spacieux, le staff du Studio Lagrange 45 qui nous a accueilli… Le fait de prendre son temps aussi. Les batteries ont été faites en 3 jours… 1 pour le son, 2 pour les prises… aujourd'hui c'est du luxe. Le mastering a été réalisé à part par JP et Thomas Veyron, ils ont fait un gros boulot.

8- Vous chantez en Français, c’est dans ces vocables que vous êtes le plus à l’aise?

Thierry : Je trouve très dommage que tout le monde se mette à chanter en anglais sous prétexte que c’est la langue internationale. On est écrasé par l’anglicisation à tout prix. La culture des peuples y perd des plumes. Comme l’empire romain imposait le latin, les USA imposent leur langue et leur culture. Il faut résister à ça, sans esprit de clocher mais en ne tournant pas le dos à nos racines.

Guy: J'ai toujours chanté en Français, parce que d'une part, c'est ma langue maternelle, et d'autre part je suis plus à l'aise avec l'écriture dans la langue de Molière, j'arrive mieux à retransmettre le feeling, mon ressenti, les images-mots qui me viennent à l'esprit. Et bien que parlant la langue de Shakespeare, il m'est difficile de faire la même chose dans ce langage. Ça n'a jamais sonné comme je voulais lorsque je me suis essayé à écrire en anglais.


Pascal: J'ai de nombreux retours de personnes toutes surprises de comprendre et d'apprécier la qualité des textes de Guy, paradoxalement c'est un plus.

Fab : Le chant en français est un choix qui fait parti de l'adn de Square. Guy a toujours eu un engagement dans ses textes. Ici pas de Satan et dragon… juste des moments de vie… un peu comme les songwriters…
Non, Guy c'est en français ou rien.

9- Les thèmes de vos chansons sont extrêmement variés, vous n’avez pas envie comme beaucoup d’autres de faire un jour un album concept avec une trame qui relierait tous les titres ?

(Rires) Si tu prends le temps de lire les textes du second album, la trame commune aux morceaux c'est la Mort !!!....

Pascal: On ne prend plus le temps de découvrir et parcourir ce que les artistes proposent à l'intérieur du livret, parce que l'on n'achète plus de cd tout simplement. Alors je remercie sincèrement ceux qui ont pris le temps de le faire. Je n'ai pas vraiment répondu à ta question mais elle m'a permis de passer ce message.

Fab : Le groupe vieillit, on voit des copains qui disparaissent, on voit un monde qui devient violent… La mort reste un sujet vaste que Guy réussit à aborder sous des angles différents, la maladie, les exécutions, les meurtres…
Mais on a aussi des titres optimistes comme "je suis ma route"… ça redonne de la vie… non ?


10- Vous avez actuellement gardé des bonnes relations avec les groupes français que vous avez toujours connus et si oui avec lesquels ?

Thierry : Toute la famille ADX-Der Kaïser, Océan, Blasphème, Shannon, Gang, Killers, Vulcain, Satan Jokers, Hurlements… on se voit régulièrement dans les festivals, c’est toujours un plaisir.

Pascal:  Et moi ça me permet de faire leur connaissance, c'est le pied.

Guy: AC/DC, Iron Maiden, Deep Purple,....hein ?...seulement les français ?!...ok ok ok ...(Rires)...idem Thierry.

Fab : Les groupes survivants de l'époque se respectent mutuellement, et s'apprécient… Il n'y a pas plus de concurrence… Quand j'étais jeune, je kiffais Blasphème, Vulcain, Square, Satan Jokers, Attentat Rock, Hbomb… et aujourd'hui je fais partie de cette famille… même si ça a l'air ringard et désuet… j'assume à mort…

11- Comment jugez-vous « l’industrie du disque en 2016 ?

Thierry : Autour de moi, j’ai des jeunes qui ne savent même pas ce qu’est un disque. Ils écoutent de la musique en ligne, ils n’ont ni lecteur de cd, ni de mp3. Quand j’essaie de leur vendre « Hard Rock’n’Roll », ils me regardent comme si je sortais du Moyen-âge. Le « disque » ne va pas tarder à entrer au musée des arts et techniques, à côté du silex taillé et du propulseur de flèches.

Guy: Ce qui est drôle, c'est qu'à Vouziers, plein de gens nous ont demandé si on avait "Hard Rock'n'Roll" en vinyle !!!....comme quoi...(Rires)

Pascal: Tenir en main la nouvelle oeuvre d'un artiste que l'on apprécie est et restera pour moi une évidence.

Fab : L'industrie se transforme… on revient des grosses productions à des artistes qui vivent comme des artisans… on pourrait presque faire les marchés…Les distributeurs ne jouent pas forcement le jeu… si les gens ne trouvent pas les disques, il ne les achètent pas et le marché s'écroule…   Les majors avaient pris leurs aises… aujourd'hui c'est différent.

12- Une question de tragique actualité, Lemmy nous a quittés en fin d’année 2015. Qu’est ce que cela vous inspire ?

Thierry : Faut y aller cool sur le Jack !
Guy: Faut arrêter de vieillir, parce que si on le fait pas et ben un jour on en meurt !!! Moi j'ai décidé d'être immortel...Pour le moment ça va !..(rires)
Pascal: Lemmy a toujours fait ce qu'il aimait faire et il l'a fait jusqu'au bout, il n'a jamais cessé de monter sur scène, avec son pote Ronnie entre autres, ce sont des exemples.


13- C’est désormais à vous de conclure cette interview…


Thierry : Achetez des disques, évitez de trop copier, venez aux concerts, soutenez les groupes, on existe que grâce à vous.

Pascal: les temps ont bien changé, mais nous sommes confrontés aux mêmes obstacles...

Guy: Achetez NOTRE disque, évitez de copier NOTRE disque, venez à NOS concerts, soutenez LE groupe, on existe ENCORE grâce à vous !...(rires)

Fab: En conclusion je dirai que STILL SQUARE comme pas mal d'autres groupes, c'est une aventure humaine si modeste soit elle, que le plaisir qui se dégage quand on joue ensemble est un moteur et un sentiment aussi précieux que l'album HARD ROCK N ROLL que le monde entier devrait réclamer…  Bref on est STILL ALIVE  STILL ROCKNROLL… STILL SQUARE…

 

 

 

 
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