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Légère appréhension, alors que je pénètre dans l’enceinte étroite de la Scène Bastille…Mon esprit de fan (souvent peu objectif, j’en conviens) se disait il y a encore quelque temps « quoi ? Death Angel, groupe légendaire…à la Scène Bastille ??? ». Mais bon, au final, qui suis-je pour dire que tout le monde devrait se procurer leurs disques, et leur donner la chance de jouer dans des salles plus confortables ? Surtout que la soirée de ce soir va me faire réaliser que l’ambiance « club » est parfois préférable.
Après ma (courte) interview avec un Mark Osegueda (Cf. rubrique Interviews) en pleine forme et d’une gentillesse rare, me voilà revenu dans la salle, où les p’tits gars d’Ashura envoient déjà leur gros death qui tache, devant un parterre encore quelque peu limité…D’ailleurs l’affluence ne sera totale que lorsque Death Angel sera sur scène, et je ne peux m’empêcher de me dire que le public français devrait soutenir un peu plus sa scène, surtout qu’avec Ashura et No Return, le plateau était tout de même bien garni…soit. Cela n’empêche pas Ashura de se démener comme des damnés, ça headbangue sévère, et David Masson (chant) a beaucoup de charisme et de hargne. Les titres du dernier album (que j’avais chroniqué dans ces mêmes pages et que je vous conseille fortement, dans le genre) passent forcément bien, le style étant axé sur un death très direct. Très heureux donc d’avoir vu Ashura en live, même dans des conditions qui auraient pu être meilleures…avec un public plus présent, par exemple.  Suivent No Return, qu’on pourrait presque qualifier de vétérans, et pourtant…j’ai senti un manque de conviction. Cela n’engage que moi, cela dit, mais voilà : musicalement, on sait à quoi s’attendre. No Return ne révolutionne pas le genre, c’est bien joué, ça envoie, les nouveaux morceaux promettent le meilleur, tout va bien. Mais l’attitude générale sent le « professionnalisme » sans grand feeling, et Moreno aux vocaux a du mal à interagir avec un public se trouvant juste en face de son nez, et une seule vocifération à peine compréhensible d’un type dans la salle suffit à le mettre mal à l’aise…peut-être suis-je un peu pointilleux, mais il n’en demeure pas moins que j’ai eu le sentiment d’avoir assisté à une prestation certes efficace, mais « froide ». J’attends tout de même le prochain LP, prévu pour septembre, selon ce qu’on m’a dit en backstage.
 A la fin du set de No Return, le reste du public qui fumait sa clope dehors (grrrrrrr !!) finit par rejoindre la salle pour Death Angel, et l’heure et demie qui suivra sera un grand défouloir, tant pour les gens sur scène que pour ceux leur faisant face. Comme me le disait Mark en début de soirée, Death Angel, c’est de l’énergie humaine, pas de fioriture, le groupe n’essaie pas de faire croire qu’ils sont les plus méchants, et le résultat a été une belle communion dans une ambiance bien rock’n roll à souhait. « Lord Of Hate » et son intro acoustique ouvre le bal, et visiblement, le groupe est content d’être là, et les traditionnels compliments du chanteur à son public ont l’air sincères, pour le coup. Chaque chanson a sa subtilité, mais ce sont les titres du dernier disque qui remportent la mise, notamment auprès de la frange la plus jeune (nombreuse, ce soir), signe que Death Angel est un groupe qui avance, conquiert et a une marge de manœuvre plus large que le public old-school fanatique.
Nous avons même droit à la ballade « A Room With A View » de l’album Act III, qui offre une bonne prise d’air entre deux douces violences. Rob Cavestany est particulièrement à la fête ce soir, et se démène comme un diable, exhibant non sans talent ses belles guitares Jackson. Tout le monde transpire, grimace, sourit, ne s’économise pas, va au contact du public, et on se dit au final que le secret d’un groupe qui dure est là, devant nos yeux. Des gens qui ne se prennent pas la tête (qui pourraient, pourtant) et qui donnent tout ce qu’ils ont, juste très sincèrement. Mark demande même à tout le monde à la fin du concert si quelqu’un pourrait l’héberger, pour rester encore une nuit à Paris… « promis, je ne coûte rien » insiste t-il !! Bien bonne soirée pour une belle affiche, avec toutefois ce regret de se dire que le public français, bien présent lorsqu’il s’agit de se plaindre, ferait mieux d’y mettre aussi du sien, et tout irait pour le mieux dans le monde fermé du Metal.
Loki
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